La vaccination contre les maladies animales est devenue « inévitable », estime le président de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) Yohann Barbe, et son syndicat va la « promouvoir » cet hiver. Au Sénat, une PPL socialiste porte plusieurs mesures favorisant la vaccination.
La FNPL (producteurs de lait, FNSEA) « va s’engager pour défendre et promouvoir la vaccination » contre les maladies animales, a annoncé son président Yohann Barbe le 7 octobre au Sommet de l’élevage. Le sujet « va nous animer tout l’hiver », a-t-il indiqué, précisant que son syndicat « passera dans tous les départements pour rappeler l’intérêt de la vaccination ». Selon M. Barbe, le vaccin n’était plus considéré comme « fondamental » par nombre d’éleveurs dans les dernières décennies. Mais la récente accélération des maladies animales l’a finalement rendue « inévitable », selon lui.
Concernant la fièvre catarrhale ovine (FCO) – pour laquelle la vaccination n’est pas obligatoire –, « c’est à nous, éleveurs, de prendre nos responsabilités et vacciner nos animaux au printemps » afin de les protéger avant le pic d’activité vectorielle à l’été. Jusqu’à la fin de l’année, le ministère de l’Agriculture prend en charge les vaccins contre le sérotype 8 de la FCO pour les ovins dans toute la France, ainsi que contre le sérotype 1 dans une large bande le long de la frontière espagnole. En revanche, le sérotype 3 n’est plus pris en charge, alors qu’il était au contraire le seul financé l’année dernière (car encore considéré comme exotique). Une stratégie qui a pu manquer de lisibilité aux yeux de certains éleveurs.
« Prendre nos responsabilités » contre la FCO
Cet été, la flambée épizootique de FCO dans l’Ouest a été marquée par une certaine confusion sur le terrain, les appels officiels à vacciner ayant été parasités par un manque de doses et par des messages contradictoires sur l’opportunité de vacciner les animaux malades. Autre frein à la vaccination contre la FCO : la multiplicité des sérotypes, chacun ciblé par un seul vaccin, lequel nécessite souvent deux injections. Des contraintes générant de nombreuses opérations de contention, synonymes de surcharge de travail et de risque d’accident. Les éleveurs attendent avec l’impatience le développement de vaccins multivalents, protégeant contre plusieurs sérotypes en même temps.
Pour d’autres maladies, comme la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), d’origine exotique, la vaccination est obligatoire. Dans ce cas, « nous demandons à la ministre de mettre en place une astreinte financière pour les éleveurs qui refusent de vacciner », a lancé Yohann Barbe. Le souvenir est encore vif du deuxième foyer de DNC apparu début septembre dans l’Ain, dans un lot d’animaux non vaccinés. La vaccination est obligatoire dans les zones réglementées. Par ricochet, il sera nécessaire de « vacciner les animaux entrant en zone réglementée » dans le cadre du repeuplement qui se profile dans les Savoies et dans l’Ain, rappelle le président de la FNPL. Par ailleurs, selon lui, les éleveurs des zones touchées demanderont probablement une vaccination préventive contre la DNC l’année prochaine.
Hasard du calendrier, le sénateur socialiste de Dordogne Serge Mérillou a déposé le 29 septembre une proposition de loi (PPL) « visant à renforcer la santé animale ». Alors que les Assises du sanitaire sont à l’arrêt faute de gouvernement, son texte porte en grande partie sur la question de la vaccination. L’élu propose d’élargir les missions du FMSE : aujourd’hui limité à l’indemnisation des pertes économiques – en complément des pouvoirs publics –, ce fonds professionnel pourrait dès lors « financer des actions de veille et de prévention des risques sanitaires » (maillage vétérinaire, « achat et administration » de vaccins, audits de biosécurité).
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Dans le sillon d’un récent rapport du CGAAER, le texte vise aussi à poser les jalons d’une banque européenne d’antigènes et de vaccins, en demandant au gouvernement de remettre un rapport sur le sujet au Parlement dans les six mois. Autre mesure au niveau européen : « L’État veille à la coordination et à la mutualisation de la recherche vaccinale avec les autres États membres de l’Union européenne ».
Vaccin influenza et 5e école vétérinaire
Par ailleurs, le texte consacre deux articles à l’influenza aviaire. Alors que le gouvernement s’est récemment désengagé du financement de la vaccination, le sénateur de Dordogne, bassin d’élevage de canards, veut contraindre l’État à financer 70 % de la vaccination comme précédemment. Il propose aussi de vacciner « les oiseaux captifs dans les parcs zoologiques ».
Plus largement, la PPL socialiste prévoit de défiscaliser les indemnisations sanitaires touchées par les éleveurs. Une demande de la FNSEA par ailleurs relayée par une récente PPL macroniste. Le texte de Serge Mérillou plaide aussi pour « des mesures de régulation et de contrôle renforcés de la faune sauvage », afin de lutter notamment contre la tuberculose bovine. Enfin, le sénateur socialiste veut inscrire dans le Code rural le projet d’ouverture d’une cinquième école vétérinaire en France, qui a fait l’objet d’un rapport du CGAAER en décembre 2024.
YG