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Santé animale : l’initiative de l’Omsa pour favoriser la vaccination

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Réunie en session générale du 18 au 22 mai, l’Organisation mondiale de la santé animale a lancé un forum public-privé afin de lever les freins à la vaccination des animaux d’élevage.

À l’occasion de sa 93e session générale, du 18 au 22 mai à Paris, l’Organisation mondiale de la santé animale (Omsa, ex-OIE) a lancé le Forum Prevent, une « plateforme publique-privée de cinq ans destinée à renforcer la prévention contre les maladies animales, principalement à travers des stratégies de vaccination renforcées ». Selon un communiqué du 19 mai, le Forum regroupera des « gouvernements, fabricants de vaccins, régulateurs, groupes de producteurs, vétérinaires professionnels, donateurs et organisation intergouvernementales ». Il se réunira à un rythme annuel, et sa première « session technique mondiale » se tiendra en octobre. Après cette première réunion, les partenaires plancheront sur une déclaration établissant « une vision globale pour dépasser les barrières à la vaccination animale ».

Dans le détail, les travaux du Forum Prevent s’articuleront autour de sept axes : planification, procédures réglementaires, impact économique, accès aux vaccins, équité, stratégies nationales et commerce. Comme le relève l’Omsa dans son communiqué, malgré la multiplication des maladies animales, qui provoquent des pertes de plus de 300 Md$ par an, « les taux de vaccination pour les maladies animales les plus notables restent bien en dessous de 20 % ».

Sous-investissement en santé animale

Quelques jours plus tôt, l’organisation onusienne publiait son rapport sur l’état de la santé animale dans le monde, dans lequel elle déplore que « la santé animale ne reçoit que 0,6 % des dépenses mondiales de santé ». Le marché mondial de la santé animale (élevage et animaux de compagnie) représente 64,45 Md$, contre 11 trillions de dollars pour la santé humaine, y lit-on. Idem pour les financements publics : l’aide au développement consacrée à la santé a fortement reculé ces dernières années, et la santé animale n’en capte que 2,5 % (soit 977 M$). L’institution onusienne appelle à investir dans les différents volets de la santé animale (recherche, vaccination, surveillance, vétérinaires, etc.). À titre d’exemple, 2,3 Md$ par an suffiraient pour « porter les services vétérinaires de chaque pays au niveau des normes internationales ». Alors que trois quarts des maladies émergentes touchant l’homme sont d’origine animale, investir dans la santé animale représente « notre première ligne de défense contre les futures pandémies », a martelé la directrice générale de l’Omsa, Emmanuelle Soubeyran, en conférence de presse. Sur le plan sanitaire, l’année 2025 a été notamment marquée par 2 000 foyers d’influenza aviaire et le retour en Europe de la fièvre aphteuse et de la dermatose nodulaire contagieuse.

YG

75 % des maladies émergentes touchant l’homme sont d’origine animale