Abonné

Sécurité alimentaire : des moteurs « multiples » et « complexes », avertit Bruxelles

- - 3 min

Sans être directement menacée par les crises actuelles, la sécurité alimentaire au sein de l’UE reste un enjeu majeur surtout à la lumière des objectifs fixés dans le cadre du Green deal. Dans une étude, la Commission européenne met en avant la complexité des liens entre les différents moteurs de cette sécurité alimentaire, et de leur impact sur la durée. Son analyse valide les orientations prises dans le cadre de la stratégie De la ferme à la table.

Alors que les crises successives (Covid-19, guerre en Ukraine, changement climatique) fragilisent la sécurité alimentaire, la Commission européenne présentera lors de la conférence annuelle sur les perspectives agricoles prévue du 8 au 9 décembre, un projet de rapport analysant les impacts à court et long terme des différents moteurs de la sécurité alimentaire dans l’UE. Sur la base d’une version préliminaire consultée par Agra Europe, l’exécutif européen assure d’emblée que « le Green deal, notamment à travers les stratégies de la ferme à la table et biodiversité, est la meilleure politique pour garantir des systèmes alimentaires durables, inclusifs et résilients ». Toutefois, il prévient que pour atteindre ce résultat, il est nécessaire de comprendre la complexité des liens entre les différents moteurs de la sécurité alimentaire dans l’UE, surtout si « les effets indirects et les interrelations sont pris en compte ».

Des impacts sur la durée

La Commission européenne explique que les chocs à court terme peuvent notamment avoir des conséquences à long terme. Par exemple, la flambée des prix alimentaires est souvent le résultat de chocs soudains dans l’approvisionnement alimentaire. Les perturbations de la production agricole peuvent résulter de facteurs tels que des conflits, des catastrophes naturelles ou des augmentations soudaines des prix de l’énergie ou des engrais, poursuit-elle. Avant d’ajouter que des changements brusques dans les politiques commerciales, tels que la mise en œuvre d’interdictions d’exportation, affectent également l’approvisionnement en denrées alimentaires à court terme. À long terme, les investissements en R & D, les différents facteurs biophysiques et environnementaux (changement climatique, pollution environnementale, santé des sols, biodiversité) ainsi que la disponibilité et la qualité des terres pour l’agriculture jouent un rôle particulièrement important dans la détermination de la capacité de production alimentaire, souligne Bruxelles. Et de préciser que l’évolution de la demande alimentaire à long terme est ensuite à nouveau déterminée par les tendances démographiques et la croissance du revenu des ménages.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

production agricole
Suivi
Suivre

Approche systémique

Alors que la sécurité alimentaire dans l’UE n’est pas menacée, les conclusions du rapport indiquent que « la combinaison et les tendances de ces moteurs attirent l’attention sur le fait que l’accès, la disponibilité et l’utilisation des aliments ne peuvent être considérés comme acquis, que ce soit à court ou à long terme, et que certains facteurs peuvent devenir des risques pour la sécurité alimentaire et exposer les vulnérabilités du système alimentaire, s’ils ne sont pas correctement traités ». Avant de souligner la nécessité d’« une approche systémique qui est capable d’embrasser cette complexité, avec un large éventail d’actions à travers les domaines politiques tels que l’agriculture ou encore le commerce, le climat, l’environnement, l’énergie ».