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Sécurité alimentaire : les ministres de l’Agriculture de l’UE poussent pour les NBT

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Face aux défis de la sécurité alimentaire et de la crise climatique, les ministres de l’Agriculture de l’UE se sont montrés de nouveau très ouverts à une modification de la législation sur les OGM afin de faciliter la mise sur le marché de semences issues des nouvelles techniques de sélection génomique (NBT). Bruxelles entend mener une solide étude d’impact avant de soumettre sa proposition législative en 2023.

Dans le pays du père fondateur de la génétique, Gregor Mendel, les ministres de l’Agriculture de l’UE réunis le 16 septembre pour une réunion informelle à Prague, ont saisi l’occasion pour réaffirmer leur soutien au développement de semences issues des nouvelles techniques de sélection génomique (NBT), considérées comme une alternative sérieuse pour assurer la sécurité alimentaire sur le long terme. En conférence de presse, Zdenek Nekula, ministre tchèque de l’Agriculture, dont le pays préside le Conseil de l’UE, a déclaré qu’« il fallait modifier le cadre législatif européen sur les OGM en suivant une approche prudente qui s’apparente le plus possible aux méthodes traditionnelles de sélection ». Avant d’insister sur l’importance de « développer des variétés plus résistantes à la sécheresse, au gel, aux maladies, aux nuisibles ».

Lire aussi : « NBT : les plans de la Commission européenne pour alléger le cadre réglementaire »

Pour le ministre français de l’Agriculture Marc Fesneau, « les NBT sont une voie à explorer dès lors qu’elles permettent d’assurer la transition agroécologique et de faire face au dérèglement climatique ». « Il s’agit même d’un outil magnifique pour réduire l’utilisation d’eau, de pesticides et d’engrais », a ajouté le ministre espagnol Luis Planas. Plusieurs délégations ont ainsi souligné que ces nouvelles technologies pouvaient jouer un rôle crucial dans l’atteinte des objectifs de la stratégie De la ferme à la table, notamment vers la réduction de 20 % de l’utilisation d’engrais minéraux ou de 50 % de l’utilisation de pesticides d’ici 2030. Sur ce dossier, Urmas Kruus, ministre estonien de l’Agriculture, a estimé que « les NBT pouvaient contribuer à améliorer la sécurité alimentaire en évitant l’utilisation de pesticides sans affecter la productivité. Il est important de trouver des approches alternatives pour la production et la consommation alimentaires ».

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Transparence et principe de précaution

Toutefois, certains États membres ont indiqué qu’il fallait adopter une approche transparente. Le ministre de l’Agriculture roumain, Adrian Chesnoiu a notamment prévenu qu'« il était important de sensibiliser les consommateurs à ces nouvelles techniques et nouveaux produits avant de les commercialiser ». « Si l’UE devait modifier le cadre législatif, il faudrait alors veiller à mettre en place un étiquetage clair et lisible pour les consommateurs. Toutes les connaissances et les innovations doivent être utilisées de manière intégrative », a ajouté son homologue belge, David Clarinval. Alors que Bruxelles doit présenter sa proposition avant l’été 2023, le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski a bien assuré qu’« elle sera précédée d’une solide étude d’impact ». « Nous devons être très vigilants pour éviter des risques pour l’environnement, la santé publique et les intérêts économiques des agriculteurs », a-t-il insisté.