Les grandes entreprises françaises de l’agroalimentaire, la restauration et la distribution doivent rectifier leurs pratiques vis-à-vis du soja qui peuvent contribuer à la déforestation en Amérique du Sud, ont demandé le 25 mars trois associations.
France Nature Environnement (FNE), Sherpa et Mighty Earth ciblent dans un rapport vingt sociétés, d’Auchan à Terrena, en passant par Avril, Cooperl, Neovia ou Sodiaal, susceptibles d’être de gros utilisateurs de soja dans leur chaîne d’approvisionnement. Elles sont « toutes défaillantes » par rapport à la législation, d’après leur avocat Me Sébastien Mabile.
Les associations s’appuient sur la loi dite du « Rana Plaza », promulguée en 2017, qui oblige les sociétés de plus de 5 000 salariés en France à établir un plan de vigilance chez leurs sous-traitants ou fournisseurs à l’étranger, répertoriant les risques d’atteinte aux droits de l’homme et à l’environnement. Des vingt entreprises figurant dans le rapport, « au moins dix » semblent entrer dans le champ de la loi sur le devoir de vigilance, indiquent les ONG, sans trop de certitude, d’où leur demande au gouvernement de publier une liste.
Toutes ces entreprises n’ont pas publié de plans de vigilance, déplorent les associations. Et de pointer du doigt Bigard, Olivier Bertrand (Quick, Burger King, Hippopotamus, Bistro romain…) et Lactalis. Seules une dizaine ont renvoyé le questionnaire des ONG et certaines réponses sont jugées insuffisantes. « Danone fait partie des entreprises qui ont le mieux répondu : sur le papier, eux ont pris des mesures », a souligné en conférence de presse Adeline Favrel (FNE).
Les ONG demandent aux entreprises « d’identifier les risques et atteintes graves liés à la déforestation due à la culture du soja », de mieux assurer la traçabilité du soja qu’elles utilisent directement ou indirectement, ou encore de « réparer les atteintes passées et actuelles » pouvant être liées à leurs activités.
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Procédures judiciaires
Les associations interpellent aussi le gouvernement français et l’Union européenne, pour réclamer en France une politique plus ambitieuse concernant la lutte contre la déforestation importée et à l’UE de « soutenir une réglementation européenne » sur la transparence et la traçabilité dans les chaînes d’approvisionnement.
« Si les lacunes dégagées par l’étude persistent, certaines des sociétés pourraient faire l’objet de procédures sur le plan judiciaire, y compris sur le fondement de la loi sur le devoir de vigilance », avertissent-elles encore dans un communiqué.
Bigard et Lactalis parmi les plus mauvais élèves