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Solicaz prépare la commercialisation de ses biostimulants sur mesure

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Solicaz isole les molécules d’intérêt présentes dans le sol. Crédits : © Solicaz

La spécialiste des biostimulants sur mesure pour la régénération des sols Solicaz a remporté sa catégorie lors de la 16e édition du Cleantech Open France 2025. Alors qu’elle dépose sa première demande d’AMM, elle continue en parallèle la construction de son premier site de production. 

Finaliste et lauréate de la 16ᵉ édition du Cleantech Open France dans la catégorie « Mieux préserver et valoriser nos écosystèmes », organisée au siège de Bpifrance en septembre dernier, la technologie de Solicaz a été distinguée parmi 40 candidats. 

L’entreprise fondée en 2009 par Élodie Brunstein en Guyane se spécialise dans les biostimulants pour régénérer les sols dégradés et améliorer les performances des cultures locales. « Nous faisons du sur mesure, souligne sa fondatrice et dirigeante. À partir d’un échantillon de sol, nous extrayons les microorganismes d’intérêt qui vont être adaptés à l’endroit où ils seront utilisés. Nous avons des résultats impressionnants avec des organismes qui sont dans des milieux dans lesquels ils peuvent se développer. Ça nous permet d’intervenir partout dans le monde. » 

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Pour fluidifier le processus de sélection, Solicaz a lancé le projet Malditof en début d’année 2025. Soutenu par France 2030 à hauteur de 100 000€ sur un budget total de 214 000€, ce projet doit permettre de trouver une alternative moins chère à la méthode d’analyse génétique pour identifier les microorganismes d’intérêt. « Nous avons identifié avec l’hôpital de Cayenne une machine, le Malditof, qui permet de scanner plus de 70 microorganismes différents en quelques secondes », explique Élodie Brunstein. « Aujourd’hui utilisée pour des analyses dans le milieu médical, elle n’a pas été testée dans le cadre de microorganismes environnementaux. Nous voulons savoir si cette machine peut nous permettre une sélection beaucoup plus rapide des microorganismes afin de nous faire gagner en temps, en rentabilité et en compétitivité. »

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Première demande d’AMM déposée 

Aujourd’hui, Solicaz développe des biostimulants pour les cultures maraîchères, le cacao, la banane, la papaye, le soja, la canne à sucre et même les pâturages en Guyane et dans plusieurs pays d’Amérique du Sud, comme le Pérou, le Brésil et l’Argentine. Solicaz vient tout juste de déposer sa première demande d’AMM pour un  biostimulant destiné aux cultures maraîchères de Guyane. 

En attendant le feu vert, Solicaz poursuit la construction de sa première usine à Kourou, d'une capacité de production annuelle de 360 000 litres. « Nous espérons qu’elle sera opérationnelle fin 2026, au moment où nous devrions recevoir notre première AMM, afin de lancer la production. » 

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Après l’échec de sa levée de fonds en 2024, au cours de laquelle elle espérait récolter 4 M€, Élodie Brunstein relativise : « Je pense que c’est lié au contexte économique, il y a eu un gros frein sur les investissements dans les start-up. Mais nous continuons à avancer, même si on va sans doute moins vite. » La dirigeante envisage une autre levée pour 2027/2028, une fois que son premier biostimulant sera commercialisé. « Nous ferons appel aux investisseurs quand nous aurons besoin d’augmenter notre capacité de production. »