Dans la perspective du sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, les ministres de l'Agriculture des Vingt-sept ont unanimement adopté les conclusions du Conseil. Toutefois, le Copa-Cogeca s’interroge sur la concrétisation des priorités fixées par l’UE.
À l’occasion d’un Conseil agricole, les ministres des Vingt-sept ont approuvé unanimement le 26 mai, les conclusions de la présidence portugaise sur les priorités de l’UE pour le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, qui aura lieu du 14 au 30 septembre à New York. Elles mettent avant tout l’accent à la fois sur l’importance de renforcer la durabilité et la résilience des systèmes alimentaires notamment grâce au commerce, de promouvoir des régimes alimentaires sains grâce à des systèmes alimentaires durables, de renforcer la sécurité alimentaire et la santé publique ou encore d’apporter de nouvelles solutions de financement et des nouveaux modèles commerciaux et enfin d’améliorer les connaissances scientifiques.
La France s'est félicitée que le texte insiste sur « la nécessité de renforcer les liens entre commerce et durabilité, élément essentiel pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, lutter contre la déforestation ou encore garantir des produits respectant les normes sanitaires et environnementales qui s’appliquent aux produits de l’UE ». À cette fin, Paris a de nouveau insisté pour la mise en place de clauses miroirs dans le cadre d’accords commerciaux conclus par l’UE. De son côté, l’Allemagne a indiqué qu' « il sera important de réaliser des efforts conjoints et de mettre en place en place un processus de suivi ambitieux du sommet afin d’atteindre les objectifs de développement durable d’ici 2030 ».
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Le Copa-Cogeca dubitatif
Pour les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), la position du Conseil passe à côté de certains points importants et présente peu d’options concrètes pour les agriculteurs. L’organisation bruxelloise s’interroge sur la façon d’évaluer une transposition des objectifs de durabilité relatifs à la stratégie "De la ferme à la table" à l’échelle mondiale alors qu’il n’existe pas encore d’étude d’impact sur les conséquences réelles d’une telle stratégie à l’échelle européenne. À cette fin, le secrétaire général du Copa-Cogeca, Pekka Pesonen indique « que plus que ce Sommet en tant que tel, la question essentielle est de savoir quels seront les mécanismes de suivi que l’UE parviendra à imposer pour faire respecter l’accord qui sera conclu ». Quid ainsi de l’accord UE-Mercosur.
Un pré-sommet de trois jours est prévu du 26 au 28 juillet au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Rome afin de préciser déjà les contours d’une potentielle déclaration politique.