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Spore.bio lève des fonds pour développer sa technologie de diagnostic microbiologique

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Les trois fondateurs de Spore.bio (de gauche à droite) : Mohamed Tazi (COO), Maxime Mistretta (CTO) et Amine Raji (PDG). Crédits : © Spore.bio

La start-up française Spore.bio vient de lever 8 millions d’euros pour diffuser sa technologie de diagnostic microbiologique. Basée sur l'IA, cette technologie propriétaire permet d’analyser des bactéries sur une grande variété de produits en agroalimentaire notamment en quelques minutes, contre plusieurs jours avec les méthodes habituelles.

C’est pour proposer une alternative rapide et fiable aux tests réalisés dans les boîtes de Petri qu’Amine Raji, Maxime Mistretta et Mohamed Tazi, tous trois ingénieurs, ont créé Spore.bio en janvier 2023. Et moins d’un an après, la start-up boucle sa première levée de fonds de pré-amorçage d’un montant de 8 millions d’euros pour installer ses premiers prototypes chez des clients partenaires et accompagner son développement commercial. 

Pour convaincre ces investisseurs (1), Spore.bio a su se positionner sur un marché « en attente d’innovation, d’après Amine Raji, PDG. J’ai passé ma vie à travailler dans l’agroalimentaire et j’y ai vu le réel besoin pour de nouveaux outils de diagnostic microbiologique. Aujourd’hui, les industriels utilisent des outils qui datent du XIXe siècle. J’ai voulu apporter des technologies du XXIe siècle. » 

La solution de Spore.bio allie deux innovations, la photonique et l’optique couplée à l’IA et au machine learning. « Nous avons construit un système qui permet de reconnaître les signatures spectrales des bactéries grâce à l’analyse optique », explique Amine Raji. Pour cela, l’algorithme est entraîné sur une multitude d’échantillons, contaminés ou non. C’est avec une base de données centralisée dans un cloud mis à jour en permanence que le logiciel d’IA de Spore.bio fait la différence. 

Mais c’est surtout dans la vitesse d’analyse que se distingue sa technologie. Au lieu d’envoyer un échantillon en laboratoire et d’attendre 5 à 20 jours pour le résultat, l’IA est capable d’offrir un diagnostic en quelques minutes seulement directement sur le lieu de production. Et ce avec un niveau de performance « comparable à celui des méthodes traditionnelles », assure Julia Hawkins de Local Globe, la société de capital-risque britannique qui a mené la levée de fonds, citée dans le communiqué du 12 décembre 2023 de Spore.bio. 

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Efficace sur une grande variété de produits

La technologie se focalise sur la détection de micro-organismes comme les bactéries, les levures et les moisissures. Elle est efficace sur une variété de produits différents, de l’eau minérale au cacao en passant par les céréales. D’après Amine Raji, « tous les produits agroalimentaires sont en théorie compatibles avec notre technologie ». En plus de l’agroalimentaire, la technologie est destinée aux secteurs de la pharmacie et de la cosmétique. Les industriels auront la possibilité de faire des tests en illimité grâce à un abonnement pour l’utilisation de la machine et du logiciel. 

Les nouveaux capitaux vont d’abord permettre à Spore.bio de développer sa R&D et de financer ses premières machines en vue des premiers essais en conditions réelles prévus pour 2024, avant une mise sur le marché en 2025. « Nous avons déjà nos premiers clients testeurs pour 2024 », glisse Amine Raji qui ambitionne un lancement commercial, « international dès le départ ». Il compte déjà des clients intéressés en Europe, aux Amériques et en Afrique. Des recrutements sont également au programme. De 14 personnes aujourd'hui, « nous prévoyons 10 embauches en 2024 et 15 en 2025 », ajoute le dirigeant.

(1) Le tour de table a été mené par la société de capital-risque britannique Local Globe, avec la participation de nombreux investisseurs et de business angels, dont EmergingTech Ventures, No Label Ventures, Famille C, Better Angle, Mehdi Ghissassi (de Google DeepMind) et Roxanne Varza, directrice de Station F.