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Standing Ovation lève 30 M€ pour développer sa caséine in-vitro

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L'ingrédient protéiné de Standing Ovation peut être utilisé dans différentes préparations. Crédits : © Studio Lazareff

La start-up française Standing Ovation, qui obtient le soutien d’investisseurs tels que Bel ou Danone, cible l’industrie laitière en quête de protéine alternative abondante et à faible empreinte environnementale. Mais le coût de son produit n’est pas encore compétitif.

Standing Ovation, la start-up parisienne spécialiste de la fermentation de précision a clairement marqué un point en ce 31 mars 2026. Elle vient d’annoncer une levée de fonds de série B de 30 M€, dont 25 M€ apportés en capital par plusieurs investisseurs et non des moindres puisque qu’il s’agit de Bpifrance et Crédit Mutuel Innovation, autour des partenaires historiques, Astanor, le groupe Bel, Seventure Partners, GoodStartUp et Big Idea Ventures, rejoints par de nouveaux investisseurs, Danone Ventures, Angelor, Newtree et Noshaq. Un montant auquel s’ajoute 5 M€ en non-dilutif, apportés par Bpifrance et un pool bancaire.

« Ce financement sera principalement consacré à l’accélération de la commercialisation de nos protéines en Amérique du Nord, avant une expansion en Europe et en Asie », explique la société parisienne. Elle a choisi prudemment de ne pas investir dans des usines, trop gourmandes en capital. « Nous travaillons en partenariat avec des industriels possédant déjà les équipements nécessaires à sa production, comme le japonais Ajinomoto en France, ou d’autres industriels en Europe de l’Est ou en Inde », explique Romain Chayot, cofondateur et DG de Standing Ovation.

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Sa technologie brevetée permet de valoriser les coproduits tels que les sucres agricoles, mais c’est surtout vers les effluents de l’industriel fromagère que la société regarde aujourd’hui. En 2022, elle a signé un partenariat avec Bel débouchant sur une collaboration étroite, afin d’utiliser le petit lait issu de ses usines pour produire de la caséine, principale protéine du lait. Celle-ci est ensuite introduite dans des produits laitiers hyper-protéinés. Ces produits, dont les ventes sont en forte progression aujourd’hui, nécessitent d’importantes quantités de protéines. Le modèle imaginé par Standing Ovation est de connecter son unité de fabrication de protéine à un site de production de fromage existant, afin de se sourcer directement en effluents et de livrer rapidement la caséine obtenue.

Lire aussi : Bel et Standing Ovation avancent dans la valorisation des co-produits laitiers

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D’autres marchés sont également visés tels que l’alimentation des animaux de compagnie, la nutraceutique ou la pharmacie, grâce à cette caséine particulièrement adaptable à différentes préparations. Selon la société, ces marchés regardent de plus en plus l’impact environnemental des protéines, bien plus faible dans le cas de Standing Ovation, comparé aux protéines issues du lait animal.

L’ingrédient nommé « advanced protein » vient d’obtenir une autorisation de commercialisation par la FDA aux États-Unis (statut GRAS). Cet ingrédient y est déjà vendu à des industriels, mais ces derniers font encore des tests avant de commercialiser les produits auprès du grand public, ce qui pourrait se faire cette année. Bel de son côté pourrait l’intégrer dans ses recettes aux États-Unis à l’horizon 2028. « Nous comptons déposer dans les prochains jours une demande à l’Efsa pour obtenir un feu vert de l’UE », prévoit Yvan Chardonnens, le PDG de Standing Ovation, ce qui demande environ 18 mois à deux ans. « L’Asie et le Canada sont prévus en 2028, puis un déploiement global en 2030 », poursuit-il.

Lire aussi : Standing Ovation et Bel réussissent le passage à l'échelle industrielle

La réussite de Standing Ovation, si elle est technologique, n’est pas encore économique. La société n’est pas rentable depuis sa création en 2020. Mais ses dirigeants visent un premier exercice rentable à la fin de la levée de série B, sachant que la société ne produit pour l’instant que de petites quantités de poudre expédiée outre-Atlantique. Pour y arriver, il lui faudra enjamber plusieurs obstacles : obtenir les autorisations réglementaires nécessaires pour chaque marché s’agissant d’un ingrédient inconnu, passer à l’échelle industrielle, produire en grandes quantités grâce à des partenariats, puis à un site industriel en propre, et surtout gagner la bataille de la compétitivité. Aujourd’hui, la caséine de Standing Ovation coûte 100 euros le kilo contre 15 euros pour la caséine naturelle.