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Vœux à la presse Stéphane Le Foll « très attentif » aux négociations sur le prix du lait

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Faisant le bilan des actions menées en 2013 et des échéances de l'année qui s'ouvre, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a prévenu qu'il ne resterait pas sans surveiller de près les négociations sur le prix du lait.

LE ministre de l'Agriculture, à l'occasion de ses vœux à la presse le 16 janvier, a affirmé qu'il voulait être très attentif aux négociations concernant le prix du lait payé aux éleveurs. Et d'insister sur le fait que « la base de négociation, c'est ce qui a été obtenu l'an dernier ». Il appelle les négociateurs « à la responsabilité », remarquant qu'en Allemagne le prix payé aux éleveurs tourne autour des 400 euros (les 1000 litres) alors qu'il est de l'ordre de 340 euros en France. « On a besoin de lait en France, dit-il. Si on n'en a pas, nos clients, comme les Chinois qui viennent chercher de la poudre de lait chez nous, iront en chercher ailleurs ».

« Rééquilibrage vers l'élevage sans déséquilibrage »

Faisant le bilan de l'année 2013, le ministre de l'Agriculture a rappelé qu'en matière de budget européen, « il aurait été difficile de maintenir le budget de la Pac si on ne l'avait pas lié au budget de la politique de cohésion ». De plus, la France a obtenu une rallonge globale de 1 milliard d'euros, « ce qui permet un rééquilibrage vers l'élevage sans déséquilibrer les autres productions ». Il a rappelé que le transfert de 3% du 1er pilier de la Pac vers le 2e permettra de financer un plan de modernisation qui sera adopté en concertation avec les régions françaises. Ce qui sera réalisé au moment du « printemps des territoires», période à laquelle le Parlement se penchera sur la réforme des régions. Une étape qui permettra de finaliser la mise en œuvre de la Pac en France.

Loi d'avenir, le centre s'est abstenu

Deuxième grande tâche, aux yeux du ministre, la loi d'avenir agricole qui vient d'être votée en première lecture à l'Assemblée nationale. Stéphane Le Foll a insisté sur le fait qu'entre la gauche et les Verts qui l'ont votée et l'UMP qui l'a rejetée, « l'UDI s'est abstenue ». Mieux encore, confiait en aparté Stéphane Le Foll, un député UMP aurait affirmé au ministre qu'il considérait les GIEE (Groupements d'intérêt économique et écologique) comme un « bon outil ».

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Le planning à venir

En dehors du « Printemps des territoires », les prochaines échéances, selon le ministre, concer-nent la déclinaison des contrats de filière déjà en préparation, la finalisation des discussions sur la compétitivité, une concertation sur les industries du bio-contrôle et sur l'évolution du machi-nisme agricole, en lien avec l'agro-écologie. Sur le plan international, un AMIS (accord sur l'harmonisation des statistiques agricoles) devrait être signé pour la région Méditerranée tandis qu'un projet d'amélioration des systèmes de stockage pour les pays d'Afrique de l'Ouest sera mis en œuvre.

Guillaume Garot : l'export, l'innovation et la qualité de vie au travail

CHARGÉ des industries agroalimentaires, le ministre délégué Guillaume Garot a insisté d'abord sur l'export, première priorité, puis sur l'innovation. Mais surtout, il a expliqué qu'il allait mettre l'accent que « la qualité de vie au travail ». L'objectif est, d'une part, d'améliorer la situation des ouvriers qui sont plus particulièrement soumis à des maladies professionnelles comme les TMS (troubles musculosquelettiques). D'autre part, une telle politique contribuerait à améliorer l'image de cette activité qui souffre souvent de ne pas pouvoir recruter le personnel recherché. Dernière priorité, « la qualité alimentaire pour tous », Guillaume Garot étant attaché à ce que la qualité alimentaire ne soit pas réservé qu'à ceux qui ont les moyens de se l'offrir. « L'alimentation est bel et bien une question politique avec un objectif d'égalité d'accès à une alimentation de qualité », explique-t-il.