Le marché du sucre dans les départements d'outre-Mer (Dom), essentiel à l'économie locale, aura besoin d'un soutien actif de l'Etat, notamment financier, pour encaisser la suppression des quotas fin 2017, insiste un rapport parlementaire. Celui-ci préconise de porter la subvention de l'Etat à la filière sucre de 90 M à 128 M d'euros, de solliciter EDF pour augmenter le prix d'achat de la bagasse, de protéger les terres agricoles soumises à une forte pression foncière dans les îles et de créer un Observatoire chargé de surveiller le marché mondial, particulièrement volatil. EDF achète actuellement (en 2011) 11,05 euros la tonne de bagasse, amas végétal (tiges de canne à sucre,..) : en la portant à 14 euros, le gain serait de 3 M d'euros supplémentaire pour l'industrie estiment les rapporteurs. Les résidus de canne pour alimenter les centrales thermiques représentent 10 à 12 % de la consommation d'électricité en Guadeloupe et à la Réunion, rappellent-ils. Le rapport suggère encore d'engager des démarches pour obtenir une IGP, Indication géographique protégée, au niveau européen pour le sucre roux des Dom – comme la Réunion l'a déjà fait – et de batailler pour maintenir des tarifs douaniers sur le sucre roux importé de pays tiers pour protéger la production nationale qui s'élève à 2,8 Mt. La fin des quotas va avoir pour effet « infiniment probable » une chute des cours européens qui vont s'aligner sur les cours mondiaux, prévient le rapport. Car le système garantissait à la fois l'achat en cas de mévente et des prix de soutien donc un revenu aux industriels. Si les industriels les plus compétitifs (ceux de la betterave) peuvent compter profiter de la fin des quotas d'exportation, ceux des Dom sont handicapés par les coûts de production, de transports, et par l'étroitesse des marchés, énumèrent les auteurs.
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