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« Super size me »

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Voici qu’à l’occasion de la sortie d’un film choc américain, « Super size me, » réapparaît le procès de la « malbouffe ». Le film raconte ce qu’il advient à un homme qui se nourrit, durant un mois, exclusivement chez McDo. Excès de poids, de cholestérol, maladies associées, telles sont les malédictions qui s’abattent sur ce cobaye volontaire.

Indépendamment de ce que l’on peut dire du film, le signal d’alarme sera fort, sans doute. Il a commencé à déclencher le débat sur l’agroalimentaire d’aujourd’hui. McDo subit, à l’occasion, un démontage autrement plus efficace que celui mené, en son temps, par José Bové.

Voilà l’occasion pour le monde agricole d’intervenir dans un débat de société qui, s’il n’y prend garde, peut vite rejaillir sur le procès de l’agriculture moderne.

D’abord, il peut démontrer que, s’il y a excès de la part des industries agroalimentaires, ceux-ci ne sont pas de son fait ; mieux : les agriculteurs devraient être sans doute les premiers à demander à ce que ces dérives soient évitées.

En deuxième lieu, le monde agricole peut rappeler à quel point l’accès à une alimentation bon marché et saine reste d’actualité, contrairement à ce que l’on croit depuis quelques années. Cela signifie qu’il faut convaincre les consommateurs d’y consacrer des sommes significatives, plutôt qu’une part de budget chaque année en baisse ; cela signifie aussi que la politique agricole doit permettre de rémunérer une agriculture rémunératrice, qui évite de tomber dans la dépendance excessive de son amont ou de son aval, au dépens notamment des produits frais et réputés sains. Est-il normal que la plus forte baisse de consommation l’an dernier ait porté sur les fruits et légumes ?