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Œufs Surproduction d’œufs : l’allègement du marché doit se poursuivre

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Au lendemain du Space (salon international de l’élevage) et au cœur d’une crise de surproduction, la filière œufs française appelle à la pérennisation des mesures déployées en urgence.

Les résultats de la stratégie déployée en urgence face à la crise de surproduction des œufs sont reconnus par la filière. « Les mesures volontaires prises par les opérateurs de la filière pour réduire la surproduction de ces derniers mois, doivent être absolument poursuivies pour permettre un redressement durable du marché », selon la CFA (Confédération française de l’aviculture), le 18 septembre. Face à la crise de surproduction des œufs en France et en Europe, le marché export avait été réinvesti. « Quelque 12 millions d’œufs ont pu être sortis du marché français au cours du mois d’août et exportés vers le Moyen-Orient », rappelle Philippe Juven, vice-président de la CFA. Parallèlement au désengorgement vers les marchés extérieurs, la filière française a régulé la production en allongeant les vides sanitaires avant de remplacer les lots de poules et en augmentant les abattages de poules pondeuses. « Les cours tournent autour de 6 centimes par œuf contre 4,90 cet été, sachant que le coût moyen de production est de 6 centimes par œuf », souligne Philippe Juven, le 18 septembre.
 
Pérennisation nécessaire
Pour la CFA, ce soulagement ponctuel lié à la régulation du marché mérite d’être pérennisé. Sauf que les pouvoirs publics se disent dans l’incapacité de contraindre la régulation du marché. Au cœur de la crise, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, affirmait le 12 août dernier, ne disposer d’aucun moyen « autoritaire, si ce n’est de convaincre et d’appeler chacun à la responsabilité». La CFA rappelle « la nécessité d’adapter la production aux possibilités d’absorption des marchés». Elle regrette que les mesures de régulation n’aient pu être rendues obligatoires « au prétexte de la libre concurrence ». Si l’obligation de réguler le marché semble être dans une impasse, la CFA est mobilisée sur d’autres stratégies de sortie de crise à long terme. Les professionnels demandent « une application rapide et efficace » des mesures envisagées dans le rapport de la mission menée par Alain Berger, ancien délégué interministériel à l’agroalimentaire, et validées par Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, pour sortir la filière avicole de la crise. Pour la suite, Christian Marinov, directeur de la CFA, avertit s’agissant de la récente détente du prix des matières premières : « Elle ne doit pas être un prétexte à faire baisser les prix à la grande distribution. Les augmentations de l’année passée n’avaient pas pu être totalement répercutées par les filières avicoles et le prix du soja reste très élevé ».

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