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Taxes américaines : nouveau revirement sur les droits de douane

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Alors que les discussions entre l’UE et les États-Unis n’avancent pas assez vite au goût du président américain, ce dernier a donné un coup de pied dans la fourmilière en annonçant un droit de 50 % sur les produits européens. Un effet d’annonce puisqu’il s’est ravisé deux jours plus tard après un échange avec Ursula von der Leyen, mettant ainsi la pression sur l’UE pour conclure un accord.

Nouvelle volte-face « trumpienne » dans la conduite de sa politique tarifaire. « Nos discussions avec eux sont vouées à l’échec ! », avait pourtant déclaré le président américain le 23 mai dans un message posté sur son réseau social Truth Social tout en menaçant l’UE d’appliquer 50 % de droits de douane sur les produits importés aux États-Unis à partir du 1er juin. Et d’ajouter, une nouvelle fois, que l’UE avait été « créée principalement pour exploiter les États-Unis en matière de commerce » évoquant un déficit « de plus de 250 000 000 de dollars par an, un chiffre totalement inacceptable ». Et puis, comme souvent avec le locataire de la Maison Blanche depuis sa prise de fonction en janvier, il s’est finalement ravisé le 25 mai. Après un échange au plus haut niveau, les dirigeants européen et américain ont ainsi annoncé une prolongation de la pause tarifaire jusqu’au 9 juillet, soit quelques jours avant la date initialement prévue par l’UE (14 juillet), afin de laisser le temps aux négociations et de convenir d’un compromis satisfaisant.

Une annonce qui fait « pschitt »

Qualifiant son entretien téléphonique avec Trump de « bon appel », la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a rappelé que « l’Europe est prête à faire avancer les négociations rapidement et résolument ». Un sentiment partagé par son commissaire au Commerce, Maros Sefcovic, qui a échangé avec ses homologues américains, Howard Lutnick et Jamieson Greer, le 26 mai, au niveau technique. Le sujet a également été abordé par le commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen, à l’occasion de la réunion du Conseil Agriculture qui se tenait le même jour. Ce dernier estime que l’escalade tarifaire avec les États-Unis pourrait concerner particulièrement certains produits d’origine animale tels que le beurre, le fromage, le jambon et la viande de porc congelée mais aussi d’autres productions, comme l’huile d’olive et le vin.

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L’annonce faite par Donald Trump le 23 mai a immédiatement provoqué des remous sur les marchés financiers tant aux États-Unis que sur les places boursières européennes. Mais pour lui, il s’agit avant tout de mettre la pression sur l’UE pour conclure un accord à son avantage. « J’espère qu’ils vont ENFIN […] ouvrir les nations européennes au commerce avec les États-Unis », a-t-il justement indiqué le 27 mai sur son réseau social Truth Social. Et d’ajouter : « N’oubliez pas que j’ai le pouvoir de “fixer un accord” pour le commerce des États-Unis si nous ne parvenons pas à conclure un accord ou si nous sommes traités de manière injuste ».