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Filière betteraves-sucre Tereos propose un rapprochement à Cristal Union

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Dans un contexte sucrier mondial difficile, les principaux groupes européens réfléchissent à l'après-quotas sucriers programmée pour le 30 septembre 2017. Le leader français, le groupe coopératif Tereos, a proposé aux administrateurs de Cristal Union un rapprochement. Une initiative qui a fait réagir, négativement, le président et le DG de Cristal Union, Olivier de Bohan et Alain Commissaire. L'ensemble de la profession attend les résultats de la mission diligentée par le ministre de l'Agriculture autour de deux objectifs : comment la France peut-elle garder le leadership européen du sucre ; comment ses opérateurs peuvent-ils saisir des opportunités pour se développer hors d'Europe ?

À l'approche de la fin des quotas sucriers, programmée pour le 30 septembre 2017, et dans un contexte sucrier mondial de prix bas, les grandes manœuvres sont visiblement lancées. Un article paru dans Le Figaro le 30 janvier a mis le feu aux poudres et, chose rare dans le monde des coopératives, fait sortir les dirigeants de Cristal Union de leurs gonds. Selon le quotidien, Tereos ne serait pas opposé à un mariage avec Cristal Union, au contraire de ce dernier qui, bien que prêt à passer seul l'après-quota, aurait néanmoins engagé « des pourparlers en vue d'un rapprochement avec Nordzucker ». Sans plus attendre, par voie d'un communiqué publié le même jour, Olivier de Bohan et Alain Commissaire, respectivement président et directeur général de Cristal Union ont indiqué qu'« aucune discussion n'est en cours ou envisagée », et de préciser que « notre structure financière, qui visiblement fait envie, nous permettra de traverser cette période délicate ». Et tant qu'à dire leur mécontentement, ces derniers constataient par ailleurs « plusieurs initiatives externes lancées pour interférer dans notre stratégie, notamment (…/…) des fuites fantaisistes orchestrées dans la presse ».

Une lettre aux administrateurs

Le 3 février, Tereos se fendait d'un communiqué aussi long que celui de Cristal Union était court. Un communiqué dans lequel le 5e sucrier mondial qui s'adresse clairement aux betteraviers et administrateurs de Cristal Union, énumère toutes les bonnes raisons d'un tel rapprochement « parmi tous les projets que nous pourrions avoir l'un ou l'autre en Europe, c'est le plus logique d'un point de vue de la gouvernance et de la vocation coopérative ». Pour appuyer son argumentaire, Tereos a même adressé un courrier directement à tous les administrateurs de Cristal Union.

Chiffres à l'appui, le numéro un français justifie sa démarche de vouloir engager des discussions avec l'ensemble de la filière française, alors que la fin des quotas va raviver la concurrence et la volatilité. De fait, selon les chiffres avancés par Tereos, la dette de Cristal Union est équivalente à 29€/t de betterave, quand elle est de 33€/t de betterave pour Tereos. Or ce dernier, qui a mené ces dernières années une politique de diversification active de ses activités au niveau mondial, affiche un actif net, autre que la betterave française, de 53€/t de betterave. Un atout dont ne dispose pas vraiment Cristal Union, numéro deux français, très dépendant de la betterave française. Même si, début janvier, Cristal Union avait officialisé la signature d'un accord commercial entre CristalCo, sa filiale commerciale, et le syndicat des sucres de l'île Maurice qui représente l'ensemble des producteurs de l'île. Cette annonce intervenait quelques mois après son entrée minoritaire dans la Sucrière des Antilles, aux côtés de Tereos et Südzucker (Saint Louis Sucre), marquant ainsi ses premiers pas dans la filière canne.

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En 2013/2014, le chiffre d'affaires de Tereos a marqué un recul de 5 % à 4,92 milliards d'euros et son Ebitda de 13 % à 691 millions. Sur cette base, la marge opérationnelle s'inscrit à 14,7 %  au dessus de la moyenne historique du groupe. De son côté, Cristal Union publiera ses comptes pour 2013/2014, lors de son assemblée de mars prochain. Les derniers résultats disponibles, ceux de l'exercice 2012-2013, datent un peu. Ils font apparaître un chiffre d'affaires de 1,957M€ (+11%) et un EBE de 368M€ (contre 305M€ un an plus tôt. Cependant, remarque un observateur averti du secteur, « avec la baisse des cours actuels du sucre, aucun industriel aujourd'hui ne peut gagner de l'argent ».

Les stratégies des deux groupes laissent en tout cas apparaître une différence, que d'aucuns appelleraient une complémentarité franche. D'un côté Cristal Union qui est resté très français mais tout en soignant sa compétitivité locale, ce qui lui a permis d'engranger des réserves non négligeables. Mais avec la faiblesse de n'être que français. De l'autre, Tereos, qui a au contraire misé sur un développement international, atout précieux pour diversifier les risques, mais qui a sans doute besoin d'étoffer sa compétitivité française. Rapprochement ou non des deux ensembles, la balle est maintenant dans le camp des administrateurs de Cristal Union.

Une mission sur les forces et faiblesses de la filière

S'il y a un travail auquel l'ensemble de la profession se range, c'est la mission diligentée par le ministre de l'Agriculture qui a été chargée d'évaluer « les forces et faiblesses de cette filière française de la betterave et du sucre ». Elle doit dresser, « en concertation avec les acteurs concernés, les perspectives et ambitions pour l'avenir de cette filière ». Les conclusions du rapport seront remis au ministre de l'Agriculture d'ici au 30 juin 2015.