Les experts des États membres, réunis les 22 et 23 avril en Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux (SCoPAFF), ont eu une discussion (sans prise de décision à ce stade) sur une proposition de Bruxelles visant à abaisser toutes les limites maximales de résidus (LMR) pour l’insecticide thiaclopride (néonicotinoïde) aux limites de détermination (c’est-à-dire 0,01 mg/kg). En janvier, le Parlement européen s’était opposé à une première version de ce texte qui maintenait ces LMR à leur niveau actuel pour une trentaine de produits (thé, prunes, fraises, tomates, aubergines, froment, pomme de terre…) afin de permettre les importations de pays tiers. Cette fois, la Commission européenne a corrigé le tir, et propose donc de soumettre le thiaclopride aux mêmes règles que celles appliquées depuis début 2023 à deux autres insecticides néonicotinoïdes : la clothianidine et le thiaméthoxame, dont les LMR ont toutes été ramenées au seuil de détection. L’utilisation du thiaclopride est interdite pour les agriculteurs de l’UE depuis 2020, en raison du risque pour la santé humaine (toxique pour la reproduction) et de la contamination des eaux souterraines.
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Pesticides Action Network (PAN Europe) demandait dans une lettre du 9 avril adressée à la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, d’imposer une tolérance zéro aux résidus de tous les produits phytosanitaires reprotoxiques. Malgré leur interdiction dans l’UE, six de ces pesticides (thiaclopride donc mais aussi mancozèbe, glufosinate, carbendazim, cyproconazole et isopyrazam) sont toujours présents dans les aliments importés, déplorait l’association. Un « double standard » qui place, selon l’association, les agriculteurs européens dans une concurrence déloyale sur le marché. « En outre, certaines de ces substances restent approuvées dans l’UE même après avoir été officiellement classées comme reprotoxiques », ajoute PAN Europe citant deux molécules : la flurochloridone (dont l’autorisation a été prolongée jusqu’en mars 2026 faute d’évaluation des risques complète) et le diméthomorphe (dont l’interdiction validée par les États membres ne sera effective qu’à partir de février 2025).