Le groupe Tomatoland investit 16 millions d’euros dans une nouvelle usine de transformation de tomates à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône. L’objectif est d’atteindre 25% de parts de marché français en PAI de tomates à usage industriel alors que la France importe encore 95% de sa consommation notamment d’Espagne et d’Italie. Opérationnelle en août 2009, la nouvelle unité produira exclusivement du concentré de tomates destiné à la fabrication de pizzas et de plats cuisinés. D’une capacité de production de 120 000 à 130 000 tonnes par an, elle s’étendra sur une surface de 66 000 m au centre du grand triangle Montélimar-Aix-Béziers où sont produites entre 80 000 et 100 000 tonnes de tomates.
Tomatoland veut devenir un acteur incontournable du marché des dérivés de tomates en France. Pour y parvenir, son président fondateur Yannick Mezzadri va investir comme prévu Cf Agra Alimentation n°2016 du 10/04/2008 page 27 16 millions d’euros dans la construction d’un site de transformation de tomates à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône. « Les travaux ont commencé mais il n’y pas eu de cérémonie d’inauguration », note le président Yannick Mezzadri avant de rappeler que les premières tomates seront transformées à partir d’août 2009. L’usine associera une cinquantaine de producteurs qui seront actionnaires du site pour 10% à 20% du capital. « Nous leur avons proposé des solutions d’apport en cash ou de négocier des contrats tomates en échange de parts », souligne Yannick Mezzadri qui a su emmener dans son projet des investisseurs privés pour la moitié du montant de l’investissement. Pour le reste, un pool bancaire constitué de la Caisse d’épargne, du Crédit agricole et du Crédit coopératif ainsi que deux fournisseurs d’équipement italiens, CFT qui est en charge des process et Claber pour la station d’épuration. Jusqu’à présent, le groupe importait et vendait des tomates à usage industriel sur des marchés de proximité, c’est-à-dire les réseaux régionaux et nationaux pour un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros.
Consolider la filière
En France, la demande de tomates à usage industriel s’élève à 950 000 tonnes (en équivalent tomates fraîches) dont 500 000 sont dédiées aux concentrés des tomates avec un taux de croissance de 3%. Pour y répondre, la production nationale ne dépasse pas 130 000 tonnes. Conséquence : l’industrie agroalimentaire importe près de 800 000 tonnes de tomates à transformer d’Europe et du reste du monde dans un contexte de forte compétition. Les tendances de la consommation depuis plusieurs années sont favorables au développement et à la consolidation de la filière. « Notre démarche est claire : nous voulons intégrer l’ensemble des techniques agricoles dédiés à la production de tomates depuis la semence jusqu’au produit transformé. Le moteur du projet tient à la qualité de l’amont agricole du Sud-Est de la France et à notre maîtrise de l’aval ». Pour l’instant, l’Espagne et l’Italie dominent la production de dérivés de tomates dérivés en Europe mais le président fondateur de Tomatoland connaît bien la valeur ajoutée de l’amont agricole dans le grand triangle de production du Sud-Est entre Montélimar, Aix-en-Provence et Béziers. D’après Yannick Mezzadri, « les producteurs français n’ont pas de handicap par rapport à leurs concurrents espagnols et italiens. Toute la production est mécanisée, les process sont performants, ce qui permet de réduire les effectifs et d’améliorer les rendements. 1500 tonnes de tomates fraîches par jour seront acheminées dans notre usine pour être transformées. »
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Quelles perspectives ?
Le marché des plats cuisinés, des sauces ou des soupes à base de tomates est en plein essor du fait de l’évolution des habitudes alimentaires. Tomatoland possède déjà un réseau de clients en aval qu’elle va chercher à étoffer à partir de 2009 pour accroître ses volumes. L’usine va accueillir la production de 700 hectares cultivés dès l’année prochaine. Ce chiffre devrait doubler d’ici à 2010. Elle emploiera alors une centaine de saisonniers et une quinzaine d’emplois salariés à plein temps. Quant au chiffre d’affaires, les prévisions tablent sur 13 millions d’euros en 2009 puis 25 millions l’année suivante pour atteindre à moyen terme un objectif de 25% de parts de marché. Un tel projet visant à reconstruire une filière française serait une revanche sur le début des années 2000 : on se souvient en effet que l’ancien leader français de la tomate transformée, Conserves de Provence, appartenant à la coopérative Le Cabanon a été racheté en 2005 par le géant chinois de la tomate Chalkis, filiale du groupe agroalimentaire chinois Xinjiang. Sa production qui avait atteint les 200 000 tonnes en 2000 n’est plus que de 18 000 tonnes en 2008. Aujourd’hui, le marché est dominé par Conserves de France, filiale du groupe italien Conserve Italia, qui possède deux sites de transformation et détient plus de 50% de parts de marché. Les opportunités de croissance sont fortes sur le marché de la tomate transformée et Tomatoland devrait trouver sa place.