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ETUDE/TRAITÉ TRANSATLANTIQUE TTIP: la volaille européenne a tout à perdre

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Dans le cadre du partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP en anglais) entre l'Europe et les Etats-Unis, FranceAgriMer a demandé aux instituts techniques de filières (ITAVI en volaille, IFIP en porc et IDELE en ruminant) d'étudier les conséquences de l'ouverture des frontières de part et d'autre de l'Atlantique. En volaille, dit l'ITAVI, un pareil accord serait bénéfique avant tout aux Etats-Unis. Leurs 20 millions de tonnes produites en 2014 (40 % à l'exportation) coûtent 25 % de moins à fabriquer qu'en Europe, compte tenu « des coûts de matières premières et de main d'œuvre bas aux USA » et des surcoûts européens « (directive Nitrates, contrôle des salmonelles, interdiction des farines animales et facteurs de croissance, OGM) ». Aujourd'hui, « les échanges entre les Etats-Unis et l'Europe sont (…) inexistants en matière de volailles, notamment en raison de barrières non tarifaires, poursuit l'ITAVI. La décontamination chimique des carcasses en bout de chaîne d'abattage est une pratique largement répandue aux Etats-Unis, ce qui est totalement interdit dans l'Union européenne et pose donc problème dans le cadre des négociations de l'accord de libre-échange. » Les exportateurs nord-américains (3,7 millions de tonnes, à 97 % de la viande et 3 % de préparations) privilégient le Mexique pour les Viandes Séparées Mécaniquement, le Canada et la Russie jusqu'à la mise en place en 2014 de l'embargo. Si la hauteur des barrières tarifaires européennes envers les produits amé-ricains venait à être abaissée, « il conviendrait de classer les filets de dinde et de poulets en produits sensibles ainsi que les cuisses », conclut l'ITAVI. Selon une simulation établie sur la période 2010-2014, le prix des filets congelés de poulet américain rendus aux portes de l'Europe est en effet inférieur de 13 % « au prix du filet échangé sur le marché intracommunautaire et celui des cuisses de 26 %. (…) L'Union européenne est aujourd'hui le seul bloc mondial qui importe du filet avec des contingents à tarif réduit. Ces contingents sont déjà remplis. » Quant aux possibilités de vendre de la viande de volaille aux Etats-Unis, elles sont minces « en raison d'un manque de compétitivité et d'une confiance supérieure accordées par les consommateurs aux produits étatsuniens même si certains produits de niche pourraient bénéficier de certaines opportunités. » Franck Jourdain

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