Abonné

UE-Mercosur : un impact limité au niveau du secteur sucrier, de l’éthanol et surtout du secteur laitier

- - 4 min

L’accord UE-Mercosur signé en juin 2019, en cas d’ouverture de contingents tarifaires pour le sucre et l’éthanol, pourrait stimuler les exportations des pays du Mercosur à destination de l’UE. Mais ceci sans pour autant créer des perturbations économiques majeures sur le marché européen. Quant au secteur du lait, l’accord aura un impact très limité au regard du niveau très faible des exportations des pays du Mercosur vers l’UE. Le secteur laitier européen étant trois fois plus important que celui de son partenaire à l’accord.

« Dans le cadre de l’accord de libre-échange UE-Mercosur (signé en juin 2019, ndlr), si l’UE ouvre les contingents tarifaires sur le sucre, les pays du Mercosur peuvent bénéficier d’une augmentation des exportations de sucre vers l’UE. Il s’agit notamment de produits pour lesquels le Mercosur jouit d’un avantage comparatif mondial et est un important exportateur vers l’UE », explique la London School of Economics and Political Science (LES) dans son rapport de l’évaluation d’impact sur le développement durable de l’accord UE-Mercosur publiée le 8 juillet et menée à la demande de la Commission européenne (1). Pour les producteurs européens, la réduction des droits de douane imposés par les pays du Mercosur dans le secteur du sucre peut entraîner une hausse des exportations de confiseries de sucre, de produits à base de lactose et de sucre sous forme solide, des produits pour lesquels l’UE dispose d’un avantage comparatif, indique le rapport. Quant aux importations, un accès accru aux importations de sucre moins cher en provenance du Mercosur, en particulier le sucre de canne brut et le sucre de canne ou de betterave, peut accroître la compétitivité des utilisateurs de sucre de l’UE, notamment les raffineurs, les confiseurs, les producteurs de boulangerie et les chocolatiers. Par ailleurs, alors que l’UE est importateur net dans le cas de l’éthanol, l’ouverture d’un contingent tarifaire pour l’éthanol pourrait provoquer une perte de compétitivité des producteurs européens vis-à-vis des importations d’éthanol du Brésil. Toutefois, le rapport précise qu’un meilleur accès à l’éthanol brésilien dans le cadre du contingent tarifaire peut toutefois stimuler la compétitivité des industries européennes qui utilisent l’éthanol comme matière première, comme les produits chimiques, les produits pharmaceutiques, les cosmétiques et l’industrie alimentaire et des boissons.

Effets marginaux pour le secteur laitier

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

Concernant le secteur laitier, le Mercosur est un petit partenaire pour ses exportations de produits laitiers. Le rapport indique qu’il ne représente pas plus de 0,4 % du total des exportations extracommunautaires de produits laitiers. Par conséquent, même si une libéralisation totale dans le cas le plus ambitieux devait se mettre en place dans le cadre de l’accord UE-Mercosur, cela finalement n’aurait que peu d’impact sur le niveau en termes absolus des importations de produits laitiers de l’UE. Toutefois, il y aura quand même une hausse du commerce bilatéral ainsi que du niveau de production au sein des pays Mercosur mais cela restera marginal en termes d’impact économique sur les producteurs européens. Aujourd’hui, le secteur laitier de l’UE est trois fois plus important que celui du Mercosur, indique le rapport. En 2016, l’UE a notamment exporté pour 32 Mio € de produits laitiers vers les pays du Mercosur. L’accord aura donc des effets très limités sur l’ensemble du marché laitier de l’UE, en conclut le rapport.

(1) Voir n° 3751 du 20/07/2020