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UE-Mexique : un accord commercial qui libéralise un peu plus les échanges de produits agricoles

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L’UE et le Mexique ont officiellement finalisé le 28 avril la révision de leur accord commercial en vigueur depuis 2000. Une révision qui prévoit dorénavant une plus grande libéralisation des échanges de produits agricoles européens et mexicains. Cela concerne à la fois la viande, le miel, le sucre, l’éthanol, les fromages, le lait ou encore les fruits. Toutefois, cet accord soulève des critiques en France, notamment concernant l’ouverture de nouveaux contingents d’importation à droit réduit pour 20 000 t de viande bovine.

Après un accord de principe trouvé en avril 2018, l’UE et le Mexique ont finalisé le 28 avril le processus de révision de leur accord commercial en vigueur depuis 2000. Un nouvel accord qui prévoit que « la libéralisation totale des échanges atteindra plus de 85 % des lignes de tarifs douaniers qui n’avaient été libéralisées ». Dans ce nouveau cadre, l’UE importera à la fois 10 000 t de viande bovine et 10 000 t d’abats de bœuf avec respectivement un droit de 7,5 % introduit progressivement en 5 ans. Les produits avicoles mexicains seront presque tous libéralisés, à l’exception des filets avec un droit préférentiel sur un contingent de 10 000 t, et des ovoproduits avec un droit préférentiel sur 5 000 t d’équivalent-œufs pour les jaunes. Le Mexique a également obtenu une libéralisation complète pour le porc, à l’exception du jambon congelé sur un contingent de 10 000 t d’équivalent poids carcasse. Concernant le miel, le Mexique bénéficiera d’une libéralisation complète dans 7 ans. Pendant la période de démantèlement, le contingent tarifaire actuel pour le miel accordé dans le cadre de l’accord existant sera remplacé à l’entrée en vigueur par un contingent tarifaire de 35 000 tonnes en franchise de droits. Les bananes mexicaines seront alignées sur le tarif préférentiel comme pour l’autre exportateur préférentiel de bananes (75 €/t) au moment de l’entrée en vigueur de l’accord. Enfin, 25 000 tonnes d’éthanol seront introduites progressivement en 5 ans et 30 000 t à 49 €/t de sucre brut destiné au raffinage uniquement seront introduites progressivement en 3 ans.

Un accès facilité au marché mexicain

Du côté des exportations, l’UE bénéficiera d’un meilleur accès au marché mexicain pour le fromage et les produits laitiers avec notamment un contingent tarifaire de 20 000 t en cinq ans pour les fromages affinés et de 5 000 t en cinq ans pour les fromages frais, et 50 000 t en cinq ans pour le lait écrémé en poudre. Les préparations laitières bénéficieront de contingents tarifaires totaux de 13 000 tonnes. Le tarif applicable aux préparations pour nourrissons sera ramené à 50 % du taux NPF dans cinq ans. La viande de porc sera entièrement libéralisée à l’exception d’un contingent tarifaire de 10 000 t de longes, quant à la volaille, celle-ci sera pleinement libéralisée pour la viande de poulet désossée mécaniquement et 20 000 t de cuisses de poulet. Les exportations de pommes seront totalement libéralisées dans 10 ans et les pêches en conserve le seront dans 7 ans. Par ailleurs, tous les contingents tarifaires obtenus par l’UE sont exempts de droits de douane.

À cette occasion, Phil Hogan, commissaire européen au Commerce, s'est félicité « que notre travail continu puisse maintenant porter ses fruits. L’accord conclu aujourd’hui est une preuve évidente de notre engagement commun à faire progresser notre programme de partenariat et de coopération. Cet accord, une fois en vigueur, aidera l’UE et le Mexique à soutenir leurs économies respectives et à stimuler l’emploi ».

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Quelques oppositions

Malgré l’enthousiasme exprimé par Bruxelles, quelques voix se lèvent déjà notamment en France pour dénoncer un tel accord. L’interprofession française des bovins et des viandes (Interbev) rappelle ainsi que « les viandes bovines mexicaines, qui ne présentent pas de garanties suffisantes sur le plan sanitaire, étaient jusqu’à aujourd’hui exclues. » Même son de cloche, du côté de la Coordination rurale qui dénonce, le 29 avril, un accord « aberrant » et qui « s’annonce destructeur pour nos filières agricoles ». Toutefois, au Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l’UE), on se veut rassurant quant à l’impact de cette révision sur les agriculteurs de l’UE, en expliquant que « la viande mexicaine ne pourra s’exporter qu’après un respect strict des normes sanitaires européennes. Cela pourrait prendre au moins deux ans pour une mise à niveau optimale ».

L’accord commercial UE-Mexique devra, avant d’entrer en vigueur, faire l’objet d’une approbation à la fois par les gouvernements des États membres de l’UE et le Parlement européen dans le cadre d’une procédure simple.