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UE/Chine : des signaux d’apaisement pour le cognac

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Alors que la Chine a annoncé une modification dans l’application de ses restrictions sur les importations de brandys européens, l’interprofession y voit un signal positif vers une désescalade. La Commission européenne également, même si elle reste sur ses gardes.

C’est une légère éclaircie dans la tempête commerciale à laquelle se livrent l’UE et la Chine. Le ministère chinois du Commerce (MOFCOM) a en effet annoncé, le 11 novembre, une modification dans son régime d’imposition de « mesures antidumping temporaires » sur les brandys importés de l’UE, dont le cognac et l’armagnac. Ainsi, à compter du 15 novembre, la mesure chinoise imposée aux importateurs européens prendra la forme soit d’un dépôt de caution, soit d’une garantie bancaire. Un mois auparavant, le 11 octobre, Pékin avait annoncé la mise en œuvre d’une obligation pour les importateurs d’eaux-de-vie à base de vin européens de déposer une caution auprès des douanes chinoises. Les taux de caution sont déterminés pour chaque entreprise et vont de 30,6 % (Martell) à 39 % (Hennessy). Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une enquête antidumping lancée en janvier, elle-même résultat de l’enquête antisubventions l’UE sur les voitures électriques à batterie importées de Chine. Toutefois, pour le secteur du cognac, qui représente 95 % des produits touchés et dont la Chine représente un important marché d’export, la mesure chinoise est perçue comme une mesure de rétorsion.

Le verre à moitié plein

Pourtant les filières cognac et armagnac (Bnic – cognac, FEVS – exportateurs de spiritueux, BNIA – armagnac), réagissant le 12 novembre, voient dans cette nouvelle annonce de l’empire du Milieu un signal positif. Ces dernières estiment, en effet, que même si les droits restent dus par les importateurs, la possibilité qu’ils fassent dorénavant l’objet d’une garantie bancaire (et non plus seulement d’une caution), rend la situation « moins complexe ». Les représentants de ces secteurs ont ainsi plaidé le 12 novembre auprès du président français Emmanuel Macron pour la poursuite de « cette dynamique d’ouverture » avec Pékin afin « d’obtenir des autorités chinoises une levée des taxes dont l’application aura sinon un effet destructeur ».

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Lire aussi : UE/Chine : Pékin porte le différend sur les véhicules électriques à l’OMC

Situation similaire du côté de la Commission européenne qui se veut aussi optimiste quant à l’initiative chinoise. L’exécutif européen souligne d’ailleurs que la possibilité d’accepter des garanties bancaires a aussi été proposée aux importateurs chinois dans le cadre de l’affaire sur les véhicules électriques à batterie. Toutefois, Bruxelles reste vigilante et, comme le secteur, ne perd pas de vue l’objectif d’arrêt des sanctions. « L’UE réaffirme que l’enquête chinoise est infondée et demande instamment à Pékin d’y mettre fin immédiatement », indique Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne en charge du commerce international, en ce sens. Et d’ajouter qu’elle n’hésitera pas à saisir l’OMC le cas échéant. Le dialogue reprend mais les tensions commerciales ne sont pas encore pacifiées.