L’idée émise par certains à la Commission européenne de créer un fonds de compensation visant à apaiser la colère des agriculteurs vis-à-vis de l’accord commercial avec le Mercosur est perçue comme une provocation par le secteur agricole, préviennent, dans un communiqué commun du 22 octobre, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), les producteurs de sucre (CEFS, CIBE), de volaille (EUWEP) et de maïs (CEPM). Les négociations techniques entre l’UE et le Mercosur s’intensifient ces dernières semaines avec l’objectif de finaliser les termes de l’accord de libre-échange lors de la réunion du G20 à Rio (les 18 et 19 novembre). Mais les organisations agricoles estiment que la Commission européenne ne répond pas à leurs préoccupations concernant l’impact pour les secteurs sensibles et l’absence de réciprocité des normes de production. Elles l’appellent à prendre au sérieux les conclusions du dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture qui recommandent une révision complète de la stratégie commerciale de l’UE.
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Le 21 octobre lors de la réunion des ministres de l’Agriculture des l’UE, la ministre Annie Genevard a réaffirmé que la France était opposée à la conclusion d’un accord avec le Mercosur – « en l’état », précise-t-on dans son entourage. « Les conditions d’un accord ne sont pas réunies », a-t-elle ajouté le 23 octobre lors d’une interview sur Sud radio, assurant avoir confiance en Emmanuel Macron et Michel Barnier pour défendre les intérêts de la France.
Au Parlement européen aussi, certains expriment leurs inquiétudes. En marge de la session plénière du 21 au 24 octobre, les groupes des Verts et de La Gauche ont rappelé les impacts négatifs de l’accord, mais n’ont pas réussi à imposer un débat sur le sujet en plénière. Au contraire, le PPE (droite) – au sein duquel siège les Républicains – continue de défendre l’accord, qu’il estime essentiel.