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Un exercice atone pour Bonduelle en 2018/2019

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Conditions météo défavorables, consommation volatile, perte de clients distributeurs, crise sanitaire aux États-Unis… Bonduelle a joué de malchance sur son dernier exercice clos en juin 2019. Mais le groupe maintient toutefois sa marge opérationnelle courante à 4,5 %, au même niveau qu’un an plus tôt. Pour l’exercice en cours, Bonduelle entend poursuivre ses efforts d’investissements dans l’innovation et le soutien de ses marques.

Bonduelle a publié un chiffre d’affaires et un résultat opérationnel stables pour son exercice écoulé, en raison notamment de conditions météorologiques défavorables et d’une consommation volatile. "Des performances clairement en deçà de nos attentes", n’a pas caché Guillaume Debrosse le directeur général, lors de la conférence de presse du 30 septembre. En 2018/2019 (exercice clos le 30 juin) le groupe a donc dégagé un résultat opérationnel courant quasi inchangé par rapport à l’exercice précédent en données publiées à 123,7 millions d’euros (-1,6 % à données comparables) pour un chiffre d’affaires, également stable, de 2,77 milliards d’euros (-1,5 %). Une évolution qui témoigne tant sur l’activité que sur la rentabilité, de l’impact favorable de l’acquisition de Del Monte au Canada en 2018. La marge opérationnelle courante s’est, elle aussi, maintenue au même niveau qu’un an auparavant, à 4,5 %. À noter que le coût des mauvaises campagnes agricoles est estimé sur l’exercice écoulé par le groupe "à 8 millions d’euros", a précisé Grégory Sanson, le directeur général adjoint finance et développement. Et d’ajouter que s’il est encore difficile de faire des pronostics précis pour 2019/2020, certaines campagnes n’étant pas encore terminées, "le surcoût ne sera pas dans les mêmes proportions que l’an dernier".

Par pôles d’activité, Bonduelle s’en sort bien dans les conserves, avec une hausse de 3,6 % du chiffre d’affaires et dans les surgelés (+ 5,8 %) en Europe (47 % du chiffre d’affaires) grâce aux innovations et en Amérique du Nord, grâce aux effets positifs de l’acquisition de Del Monte au Canada, ainsi qu’à l’intégration réussie de l’usine de surgelés de Lebanon aux États-Unis. La division frais a, en revanche, connu une évolution plus contrastée, avec une baisse de 6,1 % des ventes globales. En Europe, le groupe a surperformé en France et en Italie sur la salade en sachet, mais a été pénalisé en Allemagne par la perte d’un client, le distributeur Kaufland. En Amérique du Nord, Bonduelle a enregistré une chute de 13 % de son chiffre d’affaires à 778 millions de dollars, suite à la décision du distributeur Walmart de modifier son sourcing, mais aussi d’une crise sanitaire, pourtant étrangère à Bonduelle. Les autorités sanitaires américaines ont en effet interdit la vente de végétaux frais à tous les producteurs pendant une semaine en raison de la découverte d’escherichia coli sur des salades romaines. En dépit de ces problèmes, la division Fresh Americas du groupe a maintenu sa rentabilité, avec une marge d’Ebitda de 4,24 % (contre 3,65 % un an plus tôt).

Un endettement maîtrisé

Côté bilan, après les trois acquisitions réalisées durant l’exercice au Canada (Del Monte), aux États-Unis (Lebanon) et en Russie (Belgorod) pour un montant global de 52 millions d’euros, Bonduelle a vu son endettement net augmenter à 654,7 millions d’euros au 30 juin 2019 (contre 617,4 M€ au 30 juin 2018). "Nous poursuivons notre politique d’acquisition, tout en maîtrisant notre levier d’endettement en conservant un ratio dette nette sur Ebitda inférieur à 3,5", a souligné Grégory Sanson. En 2018/2019, ce ratio était de 3,07 (contre 2,91 en 2017/2018). Récemment, Bonduelle a procédé à un refinancement via une émission d’USPP d’un montant de 140 millions de dollars. Le groupe a une politique de financements assez diversifiée, avec 1/3 seulement de financement bancaire.

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Pour l’avenir, dans un environnement toujours difficile, notamment marqué par les difficultés en France à faire passer les hausses de prix et des campagnes agricoles toujours affectées par la météo, qui sont autant de facteurs de pression sur les marges, Bonduelle entend continuer à investir. "Nous avons la volonté de ne pas ralentir nos investissements en RSE, en hommes, en marketing et au niveau industriel", a ainsi confirmé Guillaume Debrosse. C’est pourquoi, aujourd’hui, le groupe anticipe pour l'exercice 2019/2020 une baisse d’environ 5,8 % de son résultat opérationnel courant autour de 115 à 118 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires en hausse de l’ordre de 2 % entre 2,82 et 2,85 milliards d’euros.

Le cartel des légumes sanctionné

Le 27 septembre, la commission européenne a annoncé avoir infligé des amendes d'un montant total de 31,6 M€ au français Cecab (Groupe d'Aucy) pour 18 M€ et au néerlandais Coroos (13,6 M€) pour s'être entendus sur un partage du marché des légumes en conserve. Participant à cette entente, Bonduelle, a ainsi échappé à une amende d'environ 250 M€, en révélant lui-même l'infraction à la Commission. Margrethe Vestager, la Commissaire européenne à la Concurrence, a rappelé qu'au final, "ce sont les consommateurs européens qui sont lésés par ces ententes". Une quatrième entreprise, Conserve Italia, est également dans le collimateur de la Commission. Mais la coopérative italienne n'a pour l'instant pas accepté de conclure une transaction avec la Commission, contrairement aux autres qui ont accepté l'amende. Par conséquent, l'exécutif européen continue d'"enquêter à son égard". Bonduelle indique avoir mis en place depuis 2012 des procédures visant à éviter ce type de pratiques.