Le pôle de compétitivité Végépolys, basé à Angers, a annoncé le 27 juillet le lancement d'un projet de recherche-développement (R&D) sur un robot agricole polyvalent, pouvant servir en maraîchage, viticulture, arboriculture et aussi grandes cultures. Ce projet, que le pôle d'Angers a labellisé, est soutenu par l'État.
Une société nantaise de conception de machines, un pôle de compétitivité, une chambre d'agriculture régionale et une coopérative innovante de l'Ouest lancent un programme de R&D visant à mettre au point un robot des champs multifonctions. Ce robot devrait alléger les tâches des agriculteurs et contribuer au désherbage avec moins de pesticides.
Des partenaires issus d'horizons très différents
Le robot, encore à mettre au point et baptisé PUMAgri, consiste en « une machine intelligente capable de s'adapter à des conditions difficiles ». Elle sera conçue pour diminuer la pénibilité des tâches agricoles et les quantités d'herbicides. Si le procédé n'est pas encore opérationnel, l'idée est de repérer par un système optique la végétation entre les rangs des cultures, puis de l'arracher par un procédé mécanique.
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Les partenaires du projet sont issus d'horizons très différents. « Ce sont des milieux qui ne se connaissaient pas tous », a commenté Lancelot Leroy, directeur de la R&D à la coopérative Terrena. Le porteur du projet est la Sitia, Société d'innovations technologiques et industrielles avancées, basée à Nantes, qui conçoit des machines industrielles pour l'aéronautique, l'automobile, le secteur ferroviaire et le machinisme agricole. Les autres partenaires du consortium sont la coopérative Terrena, basée à Ancenis en Loire-Atlantique, la Chambre régionale d'agriculture de Bretagne, l'Irstea de Clermont-Ferrand, un spécialiste de l'ingénierie avec l'université d'Angers, et de la vision avec la société Visio Nerf, situé dans le Maine-et-Loire.
Le projet PUMAgri recevra un appui du Fonds unique interministériel (FUI), à hauteur d'1,5 M€, sur un total de 3,5 M€ que coûte le programme.
« Le maître-mot de ce futur robot est 'polyvalence' », a souligné Lancelot Leroy. L'objectif de ce programme sur trois ans est de concevoir une machine capable d'adapter son centre de gravité : passer au-dessus des vignes, ou au contraire travailler au ras du sol pour repérer des mauvaises herbes entre les salades, a expliqué Fabien Arignon, directeur de la Sitia. Cette PME nantaise de 18 salariés, qui conçoit des machines pour l'aéronautique, l'automobile, le secteur ferroviaire et l'agriculture, est le porteur du projet. Muni de nombreux capteurs (de température, d'hygrométrie, de vent, de couleur révélant la présence d'ad-ventices, etc.), la machine devra désherber avec le moins d'herbicides possible : il s'agira pour elle de biner, scalper, arracher, voire brûler, a développé Fabien Ari-gnon. Le robot devrait avoir un degré de précision suffisant pour traquer des adventices entre les rangs de salades ou de vignes, mais aussi entre les pieds. PUMAgri devra aussi réduire la pénibilité des tâches au champ. Par exemple, pour la récolte des artichauts, il pourrait suivre les ramasseurs, à leur rythme, et porter les artichauts collectés, a ajouté Sébastien Rubrecht, référent à l'innovation robotique à la Sitia.