L’association Générations futures a mis en ligne le 9 janvier une carte interactive du territoire hexagonal (intitulée Geophyto) quantifiant les achats de pesticides par département, en tonnage global rapporté à la surface cultivée. Les régions dédiées à la viticulture ou aux céréales sont globalement les plus gros consommateurs de ces intrants. Plusieurs départements du nord de la France, autour du Bassin parisien et de l’ancienne région d’Aquitaine, s’avèrent d’importants acheteurs. Les chiffres proviennent de la base de données officielle de la banque nationale des ventes réalisées par les distributeurs de produits phytosanitaires (BNV-D). Elle se décline par année (de 2015 à 2022), mais aussi par substance, par catégorie (types d’usages), par statut légal (autorisé en bio ou pas), et également selon le type d’association à un danger (cancérigène, perturbateur endocrinien, toxique pour les milieux aquatiques etc.).
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À l’avenir, Générations futures espère « que cet outil impulsera au niveau européen un mouvement en faveur d’une base de données exhaustive, permettant ainsi l’accès au plus grand nombre à ce type d’information ». À l’inverse, cette initiative a suscité le mécontentement d’Éric Thirouin, président de l’AGPB (Association générale des producteurs de blé), lors d’une conférence de presse à Paris le 14 janvier : « Générations Futures ne pense qu’à taper, taper, taper… […] Bien sûr que nous utilisons des produits phytosanitaires. Mais l’ONG oublie de dire qu’on a réduit comme jamais leur usage […]. Lorsque nous regardons les indicateurs HRI, mélangeant volumes et toxicité, entre 2012 et 2021, nous constatons que nous avons réduit de 35 % l’utilisation de phytos ». Nouvel indicateur de suivi d’Ecophyto, HRI 1 est très critiqué pour ses biais de construction, et fait d’ailleurs l’objet d’une mission de l’Inrae pour le réviser. En grandes cultures, l’indice de fréquence de traitement (IFT) a très peu évolué entre 2017 et 2021, selon les dernières données du ministère de l’Agriculture.