Face à la volatilité des prix, une start-up britannique promet une assurance prix conçue pour être simple et accessible. Basée sur des indices de référence connus de tous, cette assurance pourra concerner toutes les commodités.
Lait, blé, orge, colza, bœuf, porc et agneau sont autant de productions pour lesquelles la start-up Stable propose aux agriculteurs britanniques, depuis mars, une protection contre la volatilité des prix afin de leur permettre « d’investir dans leur futur avec confiance ». Le déploiement dans toute l’Europe est prévu d’ici trois à quatre mois. Et la liste des commodités pourrait s’étendre rapidement, à commencer par les œufs, le poisson, les bananes.
Le mot d’ordre de Stable est clair : être simple et accessible. Elle promet aux agriculteurs un devis en deux minutes. Il suffit de répondre à trois questions : quelle quantité voulez-vous assurer ? Sur quelle durée ? Pour quel niveau de prix ? Les algorithmes se chargent ensuite de calculer le montant de l'assurance qui se base sur un indice de prix « fiable et indépendant » et non une perte de revenu ou de marges.
Un tunnel de prix
Concrètement, un agriculteur souscrit une assurance basée sur un indice de prix qui approche au mieux le prix auquel il est réellement payé. Pour les éleveurs laitiers britanniques, il s’agit par exemple du prix du lait moyen à la production publié par l’AHDB. L’agriculteur est ensuite automatiquement indemnisé si cet indice passe au-dessous du « start price » qu’il aura défini au préalable.
En regard de ce seuil, la start-up a également prévu un « stop price » qui correspond à la limite de la couverture. Il est fixé à 50 % de l’indice au moment de la mise en place du contrat. Aussi, le montant de l’indemnisation correspond à l’écart entre l’indice de référence et le « start price » (seuil de déclenchement) en fonction du volume assuré et ce dans la limite du « stop price » (limite de la couverture). La durée maximale de la couverture est de 12 mois.
Toutes les productions sont concernées
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Stable entend assurer toutes les fermes quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité. « Du lait aux fleurs kényanes en passant par le saumon », des produits ne disposant jusque-là d’aucune couverture sont concernées par cette assurance « à partir du moment où il y a un bon indice », assure Richard Counsell, fondateur de Stable lors d’une interview sur Skynews. Cette vaste gamme de produits permet de répartir les risques sur les différentes matières premières.
À l’inverse des marchés à terme, la taille minimale pour souscrire une telle assurance est relativement faible. Le minimum requis est fixé à 10 tonnes de céréales, 1 tonne de viande et 10 000 litres de lait.
Bloquer la spéculation
Stable est un outil de protection couvrant de « vrais risques » pour de « vraies entreprises », revendique la start-up qui souhaite éviter toute spéculation sur sa plateforme. Aussi, elle limite le volume de production couvert au volume que la ferme assurée peut « raisonnablement » produire.
La start-up compte parmi ses investisseurs la société néerlandaise de capital-risque Anterra, spécialiste européen de l’agtech, l’entreprise d’agro-chimie Syngenta et la compagnie d’assurance suisse Baloise Group. La coopérative laitière Arla propose d’ores et déjà ce service à ses adhérents britanniques.
« À partir du moment où il y a un bon indice », toutes les commodités sont concernées