Sur 80 pesticides recherchés dans l’air ambiant, 30 ont été retrouvés selon une étude publiée par Airparif, le réseau de surveillance de la qualité de l’air en Île-de-France. Au centre de Paris, la présence d’une vingtaine de produits phytosanitaires a été mise en évidence.
Les pesticides sont présents aussi bien en zone agricole qu’en milieu urbain. Tel est le constat dressé par une étude réalisée par Airparif à la demande de la DRASS (Direction régionale des affaires sanitaires et sociales), des départements du Val d’Oise et de la Seine-et-Marne, et de l’association Ile-de-France Environnement.
A partir de 5 200 analyses, réalisées de mars à juin 2006 sur 5 sites de mesure (zone urbaine et zone agricole, voir encadré), Airparif constate d’une manière générale que plus l’activité agricole est importante, plus le nombre de pesticides retrouvés dans l’air est élevé et les concentrations fortes. Le plus grand nombre de pesticides (29) a ainsi été mesuré à Bois-Herpin dans l’Essonne, commune située sur le plateau de la Beauce et entourée de grandes zones agricoles. Sur les autres sites, le nombre de pesticides mesurés est un peu plus faible mais dans des proportions à peu près identiques avec une vingtaine de pesticides retrouvés : 23 à Coulommiers, 20 à Chelles, 20 à Gennevilliers et 19 à Paris.
25 à 75% des pesticides appliqués se retrouveraient dans l’air
La présence de pesticides au cœur de Paris peut s’expliquer à la fois par une utilisation des produits phytosanitaires à des fins non-agricoles et par un transport atmosphérique des pesticides utilisés en zone cultivée vers l’agglomération parisienne, explique l’étude. De fait, la chronologie des traitements agricoles (herbicides puis insecticides et fongicides) se retrouve aussi dans l’évolution de la présence des pesticides mesurés dans l’atmosphère. Quel que soit le pesticide suivi, les quantités maximales relevées dans l’air le sont toujours lors de leur période d’application.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Mais une fois le traitement réalisé, tous les pesticides n’ont pas le même comportement dans l’air. Certains pesticides ne sont plus mesurables une fois les traitements terminés (comme le dichlobenil), d’autres restent présents dans l’air même une fois leur période d’application achevée, durant deux à trois semaines parfois (fenpropimorphe et fenpropidine), voire même pratiquement tout au long de l’année (pendiméthaline, trifluraline). La contamination dans l’air par les produits phytosanitaires est différente de celles des eaux. Ainsi, les composés les plus fréquemment retrouvés dans l’air ambiant (comme la trifluraline et la pendiméthaline, ainsi que le chlorothalonil pour lequel les concentrations atmosphériques ont été les plus élevées) ne ressortent pas des observations faites dans les eaux. Certains produits persistent même dans l’atmosphère, comme le lindane, malgré leur interdiction. A l’inverse, certains composés comme l’atrazine, interdits d’utilisation depuis 2003, sont toujours présent dans les eaux de surface mais pas identifiés dans l’air.
Airparif indique que selon les modes d’application et les conditions climatiques 25 à 75 % des pesticides appliqués se retrouveraient dans l’atmosphère soit au moment du traitement, soit après l’application en se volatilisant à partir du sol et de la végétation.
Pour consulter l’étude : www. airparif. asso. fr