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Une vague de lait bio arrive sur le marché UE

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Victime de son succès, la filière laititère bio européenne est au seuil d’une période de surproduction. Derrière cette vague, l’Irlande et l’Angleterre affichent leurs ambitions à l’export face à une Allemagne déficitaire, et à une France soucieuse d’absorber sa propre production.

« L’augmentation des volumes va se poursuivre en 2017-2018 », a déclaré Fiona Marty, en charge des affaires européennes pour la Fnab (agriculteurs bios), lors de l’Assemblée générale de Lait bio de France (fédération nationale des groupements d’éleveurs laitiers bio), à Paris, le 15 mars. La production de lait bio est en train d’augmenter fortement sous l’impulsion de la crise du lait en conventionnel et face à une demande croissante. « Nous faisons et allons faire face à de nombreuses conversions », développe-t-elle. Au total « sans compter la Suède dont les résultats ne sont pas encore disponibles », l’Union européenne afficherait une progression de sa production de lait bio de 7,1 % en 2016 puis de 7,6 % en 2017. « Ce serait encore davantage en 2018 car les conversions durent trois ans », complète Patrice Lefeuvre, président de Lait bio de France.

+25 % de production en Belgique

Les prévisions de production de lait bio en Europe tablent sur une croissance globale. Mais tous les États n’y prennent pas part de la même façon. En Irlande et en Angleterre, les conversions n’ont pas été aussi soutenues qu’ailleurs ces dernières années. Ainsi en 2017-2018, année de sortie de transition vers le bio des éleveurs engagés en 2015, le Royaume-Uni aurait une progression des volumes assez limitée (+5 %) en comparaison avec la France (+8 %) ou encore la Belgique (+25 %). En Allemagne, première productrice UE avec 735 M litres en 2015, la production en 2017 devrait aussi être en forte progression en 2017 avec +9,1 %. En France, Jacques Chiron, président de Biolait (1re coopérative de lait bio), témoigne : « Des centaines d’éleveurs sont aux portes de la coopérative. » Environ 300 demandes, ajoute-t-on chez Biocoop (distributeurs), le 17 mars lors de la présentation de résultats 2015 et de perspectives 2016 très positives (lire encadré).

L’Allemagne est déficitaire

« Le risque est de se retrouver en situation de surproduction dans les années à venir. »

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Face à cette vague de conversion et de volume de lait bio à venir, les débouchés sont variés. En France, l’objectif reste d’absorber l’offre sur le territoire. Éleveurs, transformateurs et distributeurs sont en pleine évolution pour endiguer la vague de conversion et de production et éviter le pire : la chute des prix (1). « Le marché est plutôt à l’équilibre entre demande et production », constate Fiona Marty. Les Anglo-Saxons boudent leur propre marché. « Il y a peu de demande interne », explique Fiona Marty. Ils lorgnent plutôt sur le continent européen. Ainsi, l’Allemagne qui voit sa production progresser, est déficitaire en produits laitiers bios et reste importatrice. Au Danemark, la consommation interne est bonne, mais la stratégie à l’export est essentielle. En 2015, les Danois ont exporté 100 M litres sur les 457 M litres produits.

Les débouchés permettent encore d’absorber, voire d’entretenir ce développement inédit de la production de lait bio en Europe. Néanmoins, la filière garde la tête froide : « Le risque lié à une telle vague de conversion est de se retrouver en situation de surproduction dans les années à venir. »

(1) Lire dans ce numéro l’article « La filière laitière bio française change d’échelle »

En France, l’activité de Biocoop en hausse de 17 % en 2015

« Nous avons une progression extrêmement forte », a déclaré Gilles Piquet-Pellorce, directeur général de Biocoop, lors de la présentation des résultats 2015 à Paris, le 17 mars. En 2015, les magasins Biocoop réalisent un chiffre d’affaires de 768 M€, ce qui correspond à une progression de 16,9 % par rapport à l’année précédente. Pour 2016, les perspectives semblent aussi très positives. « Nous avons pulvérisé nos chiffres depuis début 2016. Nous sommes à plus de 25 % de croissance », développe G. Piquet-Pellorce. En 2015, Biocoop comptait 383 magasins dont 33 ouverts en 2015. Pour 2016, ce seront au minimum 40 nouveaux points de vente qui devraient ouvrir leurs portes.