Abonné

Fruits Ventes au déballage de pêches-nectarines et abricots autorisées pendant dix jours

- - 5 min

Dans le but d’éviter une crise conjoncturelle sur la pêche-nectarine et l’abricot, le gouvernement a pris une mesure d’urgence accélérant les formalités d’autorisation de ventes au déballage de ces produits sur les parkings des grandes surfaces. Ces ventes au déballage sont autorisées du vendredi 30 juillet au dimanche 8 août inclus.

En prévention d’une éventuelle crise conjoncturelle sur la pêche-nectarine et l’abricot, le ministère de l’Agriculture, celui du Commerce et celui des Finances ont autorisé la vente au déballage sans délai, par un arrêté publié au Journal Officiel du 29 juillet. Cette voie rapide évite aux magasins d’attendre les 15 jours de délai nécessaire pour obtenir une autorisation des municipalités sur lesquelles ils sont implantés. Les autorisations de ventes au déballage sont délivrées pour une période de dix jours couvrant deux week-ends, du vendredi 30 juillet au dimanche 8 août inclus.

Risque de dévissage des prix

Cette mesure a été demandée par la Fédération des producteurs de fruits, l’AOP « pêches et nectarines de France » (association d’organisations de producteurs) et la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui ont publié le 23 juillet un communiqué signalant leur démarche auprès des pouvoirs publics.
La pêche-nectarine n’est pas en crise de commercialisation au sens du Service des nouvelles du marché (le critère de la crise officielle est deux jours à des prix inférieurs de 20% à la moyenne des cinq dernières campagnes), mais « la situation des marchés est difficile, avec un risque de dévissage des prix », a indiqué la FCD le 26 juillet. Hors situation de crise officielle, comme c’est le cas actuellement, il aurait fallu 15 jours pour obtenir une autorisation par les municipalités. Les trois signataires du communiqué ont demandé aux pouvoirs publics de raccourcir ce délai, ce qui a été obtenu le 29 juillet. Cette demande a été soutenue par Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais, qui a porté la demande au gouvernement, au nom de toutes les familles professionnelles.
« En cette période clef pour le bon déroulement des campagnes, les ventes au déballage représentent un outil pertinent de mise en avant des produits favorisant l’ajustement des marchés, car elles dynamisent les ventes et multiplient les points de rencontre avec le consommateur », a déclaré Interfel le 29 juillet, commentant la décision du gouvernement.

Alourdissement dû à des à-coups de production

Le marché des pêches-nectarines est actuellement « très alourdi », selon Interfel, parce que la végétation, qui a démarré au printemps avec un retard de deux à trois semaines du fait du temps frais, conduit maintenant à un pic de production. Cela au moment où la consommation s’est ralentie du fait des températures moins chaudes depuis le 14 juillet. En outre, cette année, la campagne espagnole a, elle aussi, démarré avec 2 à 3 semaines de retard, précise-t-on chez Interfel. Ainsi, l’Espagne écoule des volumes conséquents alors que les vergers français sont en pleine production. Les importations de pêches-nectarines sur la plate-forme de marché Saint-Charles, près de Perpignan, sont plus élevées en juillet 2010 qu’en juillet 2009, où elles avaient commencé à décliner à partir de la mi-juillet, signale-t-on à Interfel.
Les prix de pêche calibre A sont passés de 1,80 euro le kilo durant la semaine 28 (semaine du 12 juillet) à 1,65 euro la semaine suivante (semaine du 19 juillet), au stade expédition de la région Languedoc-Roussillon. À comparer néanmoins avec les prix pratiqués à la même époque : 1,54 euro fin juillet 2008, et 1,40 euro le kilo fin juillet 2009.
Ces prix un peu plus élevés s’expliquent par le recul de la production de pêches-nectarines de 7% en France et de 8% en Europe, a expliqué Pierre Giovanelli, président de l’AOP pêches et nectarines de France.

Ni dumping, ni ardoises trop élevées : le difficile équilibre des prix

« Vente au déballage, oui mais pas à n’importe quel prix ! », s’est exclamée la FNPF le 29 juillet. Les ventes au déballage « doivent avoir pour unique effet de relancer la consommation des fruits d’été, en mettant en avant des produits de très bonne qualité et savoureux à des prix attractifs, tout en garantissant une juste rémunération des producteurs », rappelle la fédération des producteurs de fruits, ajoutant qu’un réseau de surveillance sera mis en place par les producteurs.
Ces derniers dénoncent aussi bien les « ardoises » trop élevées au stade du consommateur (au dessus de trois euros le kilo, ils sont « dissuasifs ») que les promotions à 1,50 euro le kilo, « car cela fausse le regard du consommateur ». Pierre Giovanelli estime qu’un kilo de pêches doit se vendre au détail entre 2,50 et 3 euros le kilo. Soit un prix d’expédition de 1,70 à 1,80 euro, ce qui correspond à un prix de 1,40 euro le kilo « sortie verger ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

gouvernement
Suivi
Suivre