Lors de l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2023, les députés ont adopté le 14 octobre un allègement de la fiscalité sur la transmission à titre gratuit de biens ruraux loués par bail à long terme. Le texte a été repris dans le texte sur lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité. Il s'agit d'augmenter le plafond de la franchise pour la transmission de biens ruraux : l’exonération des droits de mutation à titre gratuit correspond à 75 % de la valeur des biens jusqu’à 500 000 € (non plus 300 000 €), et 50 % au-delà. En échange, les amendements prévoient un allongement de la condition de durée de détention à dix ans (contre cinq actuellement).
« La transmission des terres agricoles est un sujet important, surtout dans le domaine viticole, car les domaines peuvent atteindre des valeurs très élevées », a déclaré Benjamin Dirx (Renaissance, Saône-et-Loire), en défendant son texte. Auteur de l’autre amendement identique, Jean-Paul Mattei (Démocrate, Pyrénées-Atlantiques) a mis en avant « une belle avancée pour le monde agricole en matière de transmission ». « Cette mesure très importante, notamment pour les exploitations viticoles, était attendue par nombre d’entre vous », a souligné dans l’Hémicycle le ministre Gabriel Attal (Comptes publics). Elle a été maintenue dans le PLF 2023, après que le gouvernement s’est résolu à utiliser l’arme constitutionnelle du 49-3 pour forcer l’adoption du texte.
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La Cnaoc (vignerons) a salué le vote des députés. « Face à une hausse importante du prix du foncier ou de la taille des exploitations, de nombreux viticulteurs rencontrent des difficultés pour leur transmission familiale », souligne-t-elle dans un communiqué. Et d’appeler les politiques à « continuer la mise en œuvre de mesures de soutien », en supprimant le plafond d’exonération ce qui reviendrait à s’aligner sur le Pacte Dutreil.