Dans son projet de budget de l’État pour 2025, Matignon prévoirait une baisse de l’enveloppe du ministère de l’Agriculture dédiée à la planification écologique. « Pas une bonne nouvelle », pour la Coopération agricole (LCA).
D’après le média spécialisé Contexte, le Premier ministre aurait fixé, dans sa lettre plafond envoyée le 20 août, une baisse des crédits de la planification écologique dans le budget 2025 du ministère de l’Agriculture. Le programme 149 (compétitivité et durabilité de l’agriculture) pourrait perdre 635 M€ en autorisations d’engagement (-25 %), et 246 M€ en crédits de paiement (-10 %). Cette baisse intervient après une hausse de plus de 1 Md€ pour le budget 2024 de la Rue de Varenne, dont 782 M€ étaient fléchés vers la planification écologique. « Ce n’est pas une bonne nouvelle », a réagi le président de la Coopération agricole (LCA) Dominique Chargé le 4 septembre, notamment pour « le fonds de transition agroécologique » que son organisation souhaiterait voir mis en place.
En tout, le budget 2025 du ministère pourrait reculer de 10 % en autorisations d’engagement et de 5 % en crédits de paiement, soit « un peu moins de 6 Md€ », selon Contexte. Malgré la démission de son gouvernement, Gabriel Attal a envoyé les lettres plafond fixant les dépenses maximales de chaque ministère, afin de tenir le calendrier parlementaire du projet de loi de finances (PLF) pour 2025. Doté d’une enveloppe constante par rapport à 2024 (à 492 Md€), ce projet de « budget zéro » implique, compte tenu de l’inflation prévue à 2 %, de trouver 10 Md€ d’économies. « Le nouveau gouvernement pourra faire les ajustements qu’il estimera nécessaires », a précisé l’exécutif le 20 août, qualifiant son projet de budget de « réversible ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
LCA veut réduire « le poids de la fiscalité »
Le nouvel exécutif – qui n’était pas nommé à l’heure où ces lignes sont écrites – aura aussi à répondre aux demandes, pressantes, des professionnels. Une semaine après la FNSEA, le président de la Coopération agricole a plaidé pour une « stratégie alimentaire conquérante », demandant à réduire « le poids de la fiscalité » et le « coût global de la main-d’œuvre ». M. Chargé réclame au futur gouvernement de « reprendre » la mise en œuvre du fonds public-privé d’aide aux industries alimentaires de 500 M€, promis en mars 2023 et « bloqué » malgré la parution d’un arrêté permettant à l’État de l’abonder en juin.
Pour accompagner les agriculteurs dans les « transitions », LCA espère obtenir rapidement une révision de la séparation vente-conseil pour les phytos, dossier « bien avancé avec le gouvernement démissionnaire ». Dans cette même perspective, elle demande « la mise en place d’un fonds de transition agroécologique » et veut « aller plus loin sur les paiements pour services environnementaux ».