Au regret de la FNSEA, le nouveau Premier ministre n’est pas revenu sur la fiscalité de l’agriculture lors de son discours de politique générale, même s’il avait donné des gages la veille lors d’entretiens bilatéraux avec les syndicats. À l’inverse, François Bayrou a demandé publiquement de nouveaux efforts d’économie à tous les ministères.
À l’occasion de leur première rencontre avec François Bayrou le 13 janvier, à la veille de son discours de politique générale, la FNSEA et les JA rapportent que le nouveau Premier ministre s’est engagé à présenter à nouveau les 400 millions d’euros (M€) de mesures fiscales incluses dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2025 qui avait été rejeté par le Parlement en décembre. L’examen du texte est attendu au Sénat pour mi-février, soit quelques jours avant le début du Salon de l’agriculture (22 février-2 mars). Au-delà du budget, la FNSEA demande des avancées sur les mesures d’urgence (sanitaire, trésorerie) et de « simplification » d’ici le début du Salon, ce sur quoi elle estime avoir été entendue.
De leur côté, les Jeunes agriculteurs se donnent jusqu’à la fin du premier trimestre pour juger de l’action du gouvernement. Les autres syndicats sont moins satisfaits de leur rendez-vous. La Coordination rurale est interrogative, et attendait la déclaration de politique générale pour se prononcer – qui aura donné peu de précision. Quant à la Confédération paysanne, elle a déploré « l’absence de réponses » du Premier ministre, notamment sur le revenu.
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« Labyrinthe » des opérateurs d’Etat
Au grand dam du syndicalisme majoritaire, François Bayrou n’a pas réitéré ses promesses fiscales à l’agriculture lors de son discours de politique générale, prononcé le lendemain. Devant les députés, le nouveau Premier ministre François Bayrou a plutôt insisté sur les efforts qui devront être consentis dans les dépenses. Il a indiqué que les ministres devront « préparer dès le printemps » de nouveaux « budgets, en vue de réduire la dépense publique, dans un effort dont personne ne devra s’exclure ». Prônant une réforme « profonde de l’action publique », il demande aux ministres de travailler « à partir non pas du prolongement de ce qui se faisait l’année précédente augmenté d’un pourcentage d’inflation, mais de ce qu’exige le service ou l’action à conduire ». Et de s’interroger sur la place des « plus de 1 000 agences, organes et opérateurs », qui agissent selon lui « sans contrôle démocratique » et « constituent un labyrinthe ».
Tombé à la suite de la censure du gouvernement, le projet de loi de finances (PLF) pour 2025 prévoyait déjà une baisse des crédits du ministère de l’Agriculture pour la transition écologique, ainsi que plusieurs allègements fiscaux (transmission des exploitations, cheptel bovin, etc.). Après avoir augmenté d’un tiers sur l’année 2024, à 4,7 milliards d’euros (Md€), en loi de finances initiale, les crédits affectés à la mission Afaar (agriculture, forêt) devaient reculer à 4,43 Md€ (-6 %) en 2025. La baisse devait toucher les principaux postes de la mission, à l’exception du TO-DE (saisonniers).