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Vers une « mauvaise » récolte de miel en 2025

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Le premier conditionneur de miel français, Famille Michaud, s’attend à une mauvaise récolte de miel en France et en Europe à cause des canicules. Dans l’Hexagone, les miellées de printemps seraient épargnées. Cette baisse des volumes devrait peser sur les prix.

La production de miel 2025 s’annonce « mauvaise » à cause des premières canicules intervenues à la mi-juin, a indiqué le conditionneur Famille Michaud Apiculteurs en conférence de presse, le 16 septembre. « Malheureusement on enchaîne deux mauvaises années, parce que 2024 était mauvaise aussi avec une moyenne à 21 500 t produites », a indiqué le directeur des achats, Damien Faggion. « Ce n’est pas la première fois qu’on a des canicules […], mais cette année ça a été particulièrement fort étant donné que les plantes se sont mises en stress hydrique. Or, dès qu’elles se mettent en stress hydrique, elles ne produisent plus de nectar, et donc les abeilles n’ont plus les ressources nécessaires pour produire le miel ».

Lire aussi : Miel : récolte 2024 en baisse de 28 % et faible rendement, selon FranceAgriMer

Bien qu’il soit encore beaucoup trop tôt pour connaître les prévisions officielles de récolte via l’observatoire de FranceAgriMer, Famille Michaud a pris le pouls de son réseau de « 600 apiculteurs » pour « pressentir » la quantité de miel qui sera produite cette année, a expliqué Damien Faggion.

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Bonne miellée d’acacia

Vu « le printemps très bon », la miellée de colza, récoltée en avril, est « moyenne à bonne » avec des rendements de « à peu près 20 kilos en moyenne par ruche ». Les miellées de monofloraux (acacia, tilleul, chataîgnier, montagne) récoltées entre mai et mi-juillet sont « bonnes ». « C’est important de le souligner parce que ce sont les miellées qui sont les plus fragiles, notamment l’acacia, qui est une miellée qui ne dure que deux semaines », a souligné le directeur des achats. En revanche, c’est la catastrophe pour les miellées d’été (tournesol, fleurs d’été, lavande) qui pèsent « 70 % de la production française ». « Le tournesol, normalement une bonne année, on est entre 25 et 30 kilos par ruche. Cette année, on va avoir du mal à dépasser les 9 kilos par ruche. Pour la lavande de Provence IGP, c’est encore pire parce que normalement on est aux alentours des 15 à 20 kilos par ruche, et cette année on ne va pas dépasser les 6 kilos par ruche ».

D’après lui, « la tendance est la même » dans le reste de l’Europe, et même pire dans les pays de l’Est producteurs de miel comme la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie qui « ont la double peine » car ayant eu « un mauvais printemps et un mauvais été ». En outre, les feux de forêt en Espagne cet été ont « fortement nuit aux miellées de montagne ». Dans cette situation, Famille Michaud Apiculteurs s’attend à des hausses de prix sur la saison à venir. « On ressent déjà une tendance à l’augmentation sur le prix », glisse Damien Faggion.

« On enchaîne deux mauvaises années »