La filière de la viande rouge consent à participer aux Conférences de la souveraineté, à condition de partir de son plan de « souveraineté ».
L’interprofession de la viande rouge, Interbev, a présenté, le 3 décembre, un plan souveraineté, qui se veut une suite du plan de reconquête annoncé par Marc Fesneau au Salon de l’agriculture 2024, et une « base de travail » des Conférences souveraineté qu’Annie Genevard lancera dans quelques jours. « Nous y participerons mais nous ne souhaitons pas recommencer à zéro », a annoncé le président d’Interbev, Jean-François Guihard. Le plan de l’interprofession se décline en dix propositions, qui visent, à court terme, à faire « cesser la baisse du cheptel ».
Elles brassent large : rejet des accords de libre-échange « inéquitables » (Mercosur, Australie, Inde) ; réorientation des aides Pac vers l’incitation à la production et une meilleure gestion des risques ; réorientation de la politique sanitaire vers la prévention (vaccin, recherche) ; soutien renforcé au renouvellement des générations ; davantage de « pragmatisme » et d'« harmonisation » dans la réglementation européenne (p.ex. déforestation, transport des animaux) ; accélération de la dématérialisation ; meilleure application de la loi Egalim dans l’approvisionnement des cantines ; davantage de transparence sur l’origine (p.ex. décret sur l’origine dans les produits transformés) ; affichage environnemental « juste et cohérent », mettant davantage en valeur les prairies ; et révision des hypothèses de baisse de consommation de viande de la troisième version de la SNBC (stratégie nationale bas carbone).
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Rehausser les hypothèses de consommation
Selon le média Contexte, le projet de SNBC prévoit une baisse de « 30 % » de la consommation de viande (le type de viande et la période de référence ne sont pas précisés). Pour rappel, la SNBC 2 prévoyait une baisse d’environ 14 % de la consommation de viande hors volaille entre 2015 et 2050. L’interprofession veut réviser l’hypothèse, estimant que la consommation est relativement stable, ces dernières années. Selon le ministère de l’Agriculture (Agreste), la consommation apparente de viande bovine a baissé de 1,8 % en 2024 et de 5 % par rapport à la moyenne 2019-2023.
Tous les projets de Stratégie nutrition climat (Snanc), les premières orientations de la SNBC 3, mises en consultation fin 2024, ne prévoient pas d’objectif chiffré de réduction de la consommation de viande afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. « La consommation de viande rouge moyenne par Français devrait être amenée à diminuer dans les prochaines décennies, en cohérence avec les repères nutritionnels du Programme national nutrition santé (PNNS) », était-il simplement écrit. Le texte prévoyait également que la décapitalisation « devra être maîtrisée, afin d’éviter une hausse des importations ».