Frappé par le gel quelques jours après une grande moitié est du territoire français, du nord au sud, le vignoble de la façade ouest (Gironde, Charente) évalue les dégâts du gel. Devant l’ampleur des dégâts, les professionnels activent leur réflexion sur les outils de gestion des aléas climatiques à mettre en place.
Le département de la Gironde a été « lourdement frappé » par le gel des 20 et 21 avril, puis des 27 et 28 avril, a indiqué la Chambre d’agriculture de la Gironde le 2 mai. En Médoc, « la moitié des surfaces est touchée de façon significative ». En Haute-Gironde (Bourg-Blaye), ces secteurs, cumulant les dégâts dus aux deux épisodes successifs, « sont particulièrement atteints ». « Au total, plus de la moitié du vignoble a été sévèrement touchée ».
Le vignoble charentais, qui couvre 80 000 hectares, soit l’équivalent des vignobles de Champagne et de Bourgogne réunis, est touché à 80 % : 25 000 ha entre 60 et 100 %, et 40 000 ha entre 10 et 50 %, a relaté Jean-Luc Lassoudière, producteur de cognac et président de la commission viticole de la « FNSEA 16 » (FDSEA de la Charente).
Le gel a occasionné des dégâts importants aussi dans les vergers de pommiers à cidre en fleurs, et qui deviennent visibles peu à peu, a signalé la Fédération nationale des producteurs de fruits à cidre (FNPFC). Ces dégâts « ont été très marqués dans l’ensemble de la région cidricole : Normandie, Bretagne, Pays de Loire, est du Bassin parisien". Vu l’ampleur des dégâts, la FNPFC « demande la reconnaissance en calamité agricole » pour tous les départements cidricoles déjà touchés à ce jour : Aisne, Ardennes, Calvados, Eure, Loire-Atlantique, Manche, Mayenne, Oise, Orne, Sarthe, Seine-Maritime.
Améliorer le système assurantiel et la contractualisation
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Après une visite le 2 mai du vignoble charentais, Jérôme Despey, président de la commission viticole de la FNSEA, évoque plusieurs outils en réflexion pour gérer les risques climatiques et économiques. Il indique qu’il est en pourparlers avec la Commission européenne, dans le cadre de l’accord omnibus, pour abaisser le seuil de déclenchement de l’indemnisation, du taux de 30 % actuellement à 20 %. Parallèlement, il explore des moyens de lutte collective (aspersion, hélices qui brassent de l’air) qui pourraient être soutenus par des aides régionales. Enfin une contractualisation entre producteurs et négociants serait une solution pour pérenniser approvisionnements et débouchés, et donc éviter les à-coups des prix, a-t-il insisté.
Les Vignerons Indépendants proposent une boîte à outils de gestion des risques
Face aux aléas climatiques à répétition (gel, grêle, excès d’eau), la confédération des Vignerons Indépendants propose elle aussi une boîte à outils de gestion des risques, communique-t-elle ce 4 mai. « Les Vignerons Indépendants de France sont convaincus qu’il n’y a pas une solution unique aux problématiques de gestion des risques ». Déjà, le dispositif assurantiel existant « n’est pas adapté à leurs entreprises ». En effet, si elles choisissent de ne pas aller vers le contrat socle, c’est entre autres parce que le rendement historique de l’exploitation, calculé sur la base d’une moyenne olympique, « ne correspond plus à la réalité ». L’assurance « ne doit pas être la seule piste offerte aux entreprises ». Les Vignerons Indépendants proposent également de mettre en place de nouvelles mesures fiscales, de développer l’assurance revenus, « soutenue dernièrement par les députés européens ».
L’assurance « ne doit pas être la seule piste offerte aux entreprises »