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Vignes : des conséquences du gel s'avéreraient « assez graves » 

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Se gardant de faire des pronostics sur les conséquences du gel sur les vignes, FranceAgriMer estime que celles-ci s’avèreraient « assez graves » avec le recul. Il est d’ores et déjà avéré que la situation est grave individuellement pour des exploitations frappées plusieurs années de suite.

« On n’a pas affaire à un aléa mineur », a relaté Anne Haller, déléguée de la filière viticole et cidricole de FranceAgriMer après le conseil « vin » mensuel du 17 mai, qui a consacré la majorité de la séance aux conséquences du gel parmi les points de l’ordre du jour. Certes, « il est trop tôt pour dire si ce gel de 2017 est aussi grave qu’en 1991 ». Les vignerons sont encore sous le coup de l’émotion, « c’est normal ». Il faut en général trois à quatre mois pour évaluer les dégâts d’aléas climatique de façon objective, a-t-elle précisé. C’est surtout individuellement que la situation est grave, quand des exploitations ont été frappées deux ou trois ans de suite par le gel ou la grêle, comme dans le Chablis, en Pays de la Loire, dans le vignoble de Cognac, dans le Languedoc.

Désormais le risque du gel passé, puisque les Saints de glace sont derrière nous (ce sont chaque année les 11, 12 et 13 mai, d’après les météorologues), mais peuvent encore survenir des épisodes de grêle dans les prochaines semaines, a alerté Anne Haller

Résorption du retard de versement des aides

Cette répétition du gel et de la grêle sur les mêmes parcelles depuis environ cinq ans ravive le dossier de l’assurance-récolte, qui est l'un des points du règlement Omnibus de Bruxelles.

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Le conseil spécialisé « vin » du 17 mai a, par ailleurs, fait le point sur les retards de paiement des aides octroyées par l’OCM viticole : « Au 12 mai, FranceAgriMer a payé 99,3 M€ aux acteurs français de la filière (viticulteurs et négociants) sur les 280,5 M€. Cela correspond au calendrier de paiement », a relaté Anne Haller. Le retard du versement des aides à la restructuration du vignoble, au titre des arrachages-replantations de vigne du printemps 2016, est désormais léger : « Nous sommes à 85% de ce que nous avons à effectuer, or nous devrions être à 90% ».

La situation est grave quand des exploitations ont été frappées deux ou trois ans de suite par le gel ou la grêle

La filière viticole appelle à revoir l’assurance récolte

Après les graves épisodes de gel du vignoble de ces dernières semaines, l’Association générale de la production viticole (AGPV) appelle à revoir le système d’assurance récolte pour plus d’efficacité, indique-t-elle dans un communiqué le 18 mai. Aujourd’hui, seule une proportion très faible de vignerons est assurée. L’AGPV cite des « mesures simples » pour inciter les vignerons à y souscrire : fonder la référence du rendement assuré sur le potentiel de production atteignable (rendement du cahiers des charges ou de la meilleure des cinq dernières années) et non sur la moyenne olympique ; abaisser le seuil de déclenchement de l’assurance récole et du taux de franchise standard à 15 ou 20 % (au lieu de 30%). La commission agriculture du Parlement Européen a récemment adopté un amendement au règlement « omnibus » prévoyant un abaissement du seuil de déclenchement de l’assurance récolte à 20%. L’AGPV demande au ministre de l’Agriculture de se mobiliser « pour faire adopter définitivement cette mesure au niveau européen ». L’AGPV regroupe l’ensemble des organisations professionnelles de la filière viticole : Cnaoc (Confédération des vins d’AOC), CCVF (Confédération des caves coopératives), Vif (Vignerons Indépendants) et VinIGP (Confédération des vins IGP).