Le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), réuni en assemblée générale le 15 juillet, met les bouchées doubles pour rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande. Il a adopté la mise en place d’une réserve collective pour réduire la mise en marché du bordeaux actuellement, et ainsi éviter la chute des cours. Bien d’autres mesures sont enclenchées ou envisagées.
« La situation est mauvaise et il va falloir du temps et de l’énergie pour remonter la pente », a déclaré Bernard Farges, président du CIVB, dans son discours à l’assemblée générale, qui s’est tenue le 15 juillet. Le CIVB a décidé plusieurs mesures face à l’engorgement des marchés. Celle qui a été adoptée ce jour est la mise en place d’une réserve collective (appelée aussi réserve interprofessionnelle). Cette mesure consistera, pour les viticulteurs de deux grandes appellations bordelaises, l’AOC bordeaux rouge et l’AOC bordeaux supérieur rouge, à bloquer leur commercialisation au-delà d’un certain niveau de production. Ainsi, la commercialisation de l’AOC bordeaux rouge est plafonnée à 45 hectolitres/hectare, et celle de l’AOC bordeaux supérieur rouge à 43 hectolitres/hectare, tant que le bureau du CIVB n’aura pas décidé de supprimer ce plafond. Le CIVB rappelle le principe de la réserve collective : « Une réserve est un volume que le viticulteur doit conserver dans ses chais jusqu’à la libération collective ou individuelle décidée au sein de l’interprofession. » Les deux appellations représentent une partie importante du vignoble bordelais. L’AOC bordeaux rouge couvre 35 000 ha et l’AOC bordeaux supérieur rouge 13 000 ha. Le vignoble de Bordeaux s’étend sur 110 000 ha.
Feu de tout bois pour rééquilibrer l’offre et la demande
Le CIVB compte faire flèche de tout bois pour rééquilibrer l’offre et la demande, a montré Bernard Farges, président du CIVB dans son discours : la réserve collective, mais aussi le volume complémentaire individuel (qui permet au vigneron de stocker du vin individuellement pour le remettre sur le marché les années de manque), la décision des appellations de baisser le niveau des rendements autorisés, la distillation de crise, un effort pour développer la contractualisation pluriannuelle, la réorientation massive des aides de l’OCM vers la promotion sur les pays tiers. Bernard Farges a même évoqué l’arrachage de vignes.
Concernant la distillation de crise, les volumes retenus pour cette destination sont de 400 000 à 450 000 hectolitres. Sur la contractualisation pluriannuelle, le CIVB travaille depuis plusieurs mois à l’étendre. Bernard Farges a appelé à imaginer des contrats de trois, cinq ou dix ans « qui vont bien au-delà du prix et du volume, avec de vrais engagements de part et d’autre, et des courtiers qui font vivre ces contrats ». Sur l’arrachage, les textes européens ne permettent pas cette piste, mais « si elle est pensée, accompagnée, organisée, elle peut accompagner des entreprises vers la cessation, le recentrage ou la diversification de leur activité ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Bernard Farges : « La situation est mauvaise. Il va falloir du temps pour remonter la pente »
« Osons orienter massivement les aides OCM vers la promotion ! »
La réorientation massive des aides de l’OCM vers la promotion sur les pays tiers est un sujet important pour le vignoble bordelais et le vignoble français dans son ensemble. « Osons orienter massivement les aides OCM vers la promotion ! », a martelé le président du CIBV. La promotion est un des volets de l’OCM viticole, avec la restructuration du vignoble et l’investissement. Bernard Farges a expliqué pourquoi la priorité du moment doit être la promotion : « Depuis quinze ans nous avons investi lourdement, à la vigne avec des aides à la restructuration, et dans les chais avec des aides à l’investissement. La priorité n’est plus à ces sujets, au moins pour les deux ou trois années à venir. Aujourd’hui, nous devons collectivement faire le choix de diminuer les soutiens à ces investissements pour consacrer nos moyens à vendre, vendre, vendre ». Le CIVB travaille beaucoup sur ce dossier au sein de FranceAgriMer.