La commission spéciale sur la lutte contre le cancer du Parlement européen (Beca) a adopté un texte (1) qui pourrait compromettre l’avenir de la viticulture européenne, estime l’Association nationale des élus de la vigne et du vin (Anev) dans un communiqué du 16 décembre. Le texte de cette commission spéciale, qui doit servir d’appui au prochain plan cancer communautaire, supprime toute notion de consommation excessive d’alcool, et donc la notion de consommation modérée. La Beca a introduit dans son rapport sur la lutte contre le cancer « la théorie selon laquelle toute consommation d’alcool serait facteur de risques cancérigènes », précise l’Anev. Cette approche est « scientifiquement contestée et contre-productive du fait des politiques qu’elle invite à mettre en œuvre ». Elle « n’est pas acceptable pour les représentants des territoires viticoles » réunis au sein de l’Anev.
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Alors que le vote de ce rapport en séance plénière du Parlement européen se tiendra début 2022, les deux coprésidents de l’Anev, la sénatrice Nathalie Delattre (Mouvement radical, Gironde) et le député Philippe Huppé (LREM, Hérault), ont alerté les eurodéputés dans un courrier début décembre. Ils les ont appelés à « faire barrage contre cette approche hygiéniste de la prévention des consommations à risque, qui, si elle aboutissait, pourrait avoir de graves conséquences sur l’encadrement, l’accompagnement, et donc le développement de la viticulture européenne dans les années à venir ». La décision de la Beca de remettre en question toute consommation d’alcool « répond à un principe de précaution poussé à l’extrême, une vision extrémiste qui fait fi des réalités sociales et économiques », conclut l’Anev.