Abonné

Santé publique Vin & Société veut pouvoir diffuser les repères de consommation de vin

- - 4 min

Auditionnée au Sénat le 23 mai, Vin & Société, l’association qui représente la filière viti-vinicole française sur les questions de santé publique, demande de pouvoir communiquer sur les repères de consommation de vin, ce qui est interdit par la loi Évin. En lieu et place d’une fiscalité accrue sur le vin, elle plaide pour une campagne d’information nationale permettant de diffuser ces repères de consommation.

Le président et la déléguée générale de Vin & Société ont indiqué, lors de leur audition au Sénat, leur souhait d’un engagement du ministère de la Santé en faveur d’une vaste campagne d’information sur les repères de consommation d’alcool. Ils ont été auditionnés par la Mission d’évaluation et de contrôle de la Sécurité sociale (MECSS) du Sénat.

La consommation modérée est clairement définie par l’OMS

« Lors de débats avec les représentants de la santé, il nous est souvent rappelé que personne ne sait définir clairement la modération. Pourtant, la consommation modérée est clairement définie dans le PNNS (Programme national nutrition santé, issu des recommandations de l’OMS, Organisation mondiale de la santé). Il s’agit des repères : 4/3/2/1 : quatre verres maximum en une occasion festive exceptionnelle, trois verres par jour maximum pour un homme, deux verres par jour maximum pour une femme, un jour d’abstinence par semaine », a déclaré Joël Forgeau, président de Vin & Société, à l’issue de l’audition.
Ces repères sont d’ailleurs diffusés par les acteurs de la filière vitivinicole depuis des années, « mais nous ne pouvons guère aller plus loin, parce qu’avec la loi Évin, populariser ces repères serait vu comme une démarche de prosélytisme de notre part ! », a-t-il ajouté.
Audrey Bourolleau, déléguée générale de l’association, a fait état d’une « absence de dialogue avec les pouvoirs publics sur ce type de proposition ». « Actuellement, nos échanges ont lieu uniquement lors de projets de taxation », a-t-elle regretté. Le Conseil de modération et prévention (CMP) ne peut plus siéger ni travailler, tous les mandats étant arrivés à leurs termes. « Nous avons demandé formellement il y a plus de quatre mois une réouverture de cette instance ou d’une autre, équivalente, mais n’avons aucun retour du ministère de la Santé pour le moment », a-t-elle déploré. L’association indique avoir six mois devant elle pour travailler d’ici à la prochaine loi de Santé Publique prévue pour 2014.

« Au lieu de taxer, éduquons au goût »

Lors de leur audition, les deux dirigeants de Vin & Société ont démonté le principe de la « fiscalité comportementale », montrant qu’il n’a jamais découragé une pratique incivique (qu’il s’agisse de l’alcool ou du tabac) et ont mis en avant les politiques réussies en Espagne (avec sa campagne nationale soutenue par l’UE « Qui sait boire, sait vivre »), en Italie (le programme auprès des jeunes « Vino e Giovani ») et au Québec (succès d’Educ’alcool).
Ils ont opposé à cette piste l’éducation au goût : « Éduquons au goût, aux arômes et à la consommation modérée et de plaisir. Vin & Société plaide pour la mise en œuvre d’une politique de santé publique ambitieuse et regrette une stigmatisation du vin, produit noble, made in France, que le monde entier nous envie ». Ils ont souligné que la fiscalité comportementale stigmatiserait le consommateur français en le taxant dès le premier verre au motif que le vin est mauvais pour la santé, sans distinguer la consommation mesurée de la consommation excessive.
À l’issue de l’audition, Joël Forgeau a indiqué que le nombre des consommateurs réguliers de vin diminue chaque année et que celui des consommateurs occasionnels (pas plus de deux fois par semaine et peu à chaque fois) augmente.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

consommation
Suivi
Suivre