Le marché du vin biologique apparaît « sous tension » après de fortes conversions ces dernières années, a indiqué le 4 décembre l’interprofession SudVinbio. « Aujourd’hui, le marché du vin bio n’est pas à l’équilibre : il y a beaucoup plus d’offre que de demande », a déclaré le président Nicolas Richarme, lors d’une conférence de presse. « C’est l’importance des conversions ces dernières années qui crée un décalage. La commercialisation n’a pas progressé assez vite pour absorber tous les vins bio arrivant sur le marché. » En 2023, le secteur a vu ses ventes augmenter de 6 % en volume (à 2 672 Mhl), de 7 % en valeur (à 1 569 M€). Les surfaces en conversion ont grimpé de 1,6 % (à 171 265 ha) l’an dernier, après des hausses de 5,4 % en 2022 et de 17,2 % en 2021. Cette dynamique est alimentée notamment par la commercialisation en vente directe (+ 14,3 % en valeur) et chez les cavistes (+ 12,4 %), deux circuits davantage empruntés en vin bio qu’en vin conventionnel (respectivement 34,5 % des volumes contre 11 % et 15,5 % contre 8 %).
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Moins prisée, la GMS (23 % des volumes en vin bio contre 51 % en vin conventionnel) affiche des ventes de baisse (-4,6 % en valeur sur 2023). « La grande distribution va faire partie des principaux débouchés, si on veut arriver à commercialiser tous les volumes arrivés en vin bio après les conversions massives des trois dernières années », estime Nicolas Richarme. Des freins sont identifiés. Le prix en est un. « Beaucoup de consommateurs perçoivent le vin bio comme étant plus cher », d’après Jeanne Fabre, présidente de la commission Millésime Bio (salon du 27 au 29 janvier 2025 à Montpellier). « Ce n’est pas forcément une réalité », souligne-t-elle. Et de pointer aussi « un manque de référencement dans la grande distribution », synonyme de « perte de visibilité » pour les vins bio.