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RÉSULTATS Vins rhodaniens : léger recul des ventes malgré la chute de production

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Les sorties de chais de vins rhodaniens d'appellations se sont tassées légèrement durant la campagne dernière, malgré les faibles disponibilités dues à la chute de la production en 2013. Michel Chapoutier, président d'Inter Rhône, l'interprofession, a relevé cette « performance », le 12 mars lors d'une conférence de presse, l'attribuant à la diversification du vignoble vers les rosés et les blancs, et à la part de l'export, segments en croissance.

Les sorties de chais de vins rhodaniens, autrement dit leur commercialisation, s'est repliée de 2,6% pendant la campagne 2013-2014, malgré une chute de production de 12% à la vendange 2013. Cette « performance » s'explique en partie par la demande soutenue des vins rosés (+ 1,8%, à 403 000 hectolitres - hl) et des blancs (+9%, à 164 000 hl) et du vin bio (+10%, à 91 000 hl) en grande distribution, a indiqué Michel Chapoutier, président d'Inter Rhône, l'interprofession des vins du Rhône AOP. Elle s'explique aussi par la forte ponction sur les stocks, qui de ce fait ont fondu de 19%.

Rosés et blancs : la forte demande accompagne la diversification de la gastronomie

La forte demande en vins rosés et blancs accompagne la diversification de la gastronomie, vers plus de viandes blanches et de poissons, et sous l'effet d'emprunts à la cuisine exotique, a commenté le président d'Inter Rhône. Quant au bio, il ne s'agit plus d'une niche : « Nous sommes face à un phénomène qui se généralise » de par le monde, a-t-il ajouté, précisant que lui-même produit en biodynamie. Le bio « est devenu une approche universelle, et dont les écologistes n'ont pas le monopole », a-t-il fait remarquer.

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Par ailleurs l'extension des marchés demain sera l'export. Les vins rhodaniens sont exportés à 35%. Ce segment s'élevait à 25% il y a dix ans, a indiqué Arnaud Pignol, délégué général d'Inter Rhône. « Demain l'export assurera les deux tiers de notre débouché. Le marché intérieur ne représentera que le tiers », a estimé Michel Chapoutier. Pour lui, le recul de la consommation française de vin se poursuivra. La consommation moyenne par habitant est de 47 litres, mais elle pourra descendre à 40 litres, parce que les jeunes générations boivent moins. L'érosion prévisible de la consommation de vin par tête est, selon Michel Chapoutier, compensée par le nombre croissant d'habitants qui viennent au vin, notamment dans les pays anglo-saxons et asiatiques. 

Une proposition pour éveiller les jeunes vignerons à l'international

Le président d'Inter Rhône a évoqué une proposition pour éveiller l'esprit des jeunes vignerons à l'international, estimant que la viticulture française a pris du retard. « Nous devons sensibiliser nos enfants au monde viticole de demain », a-t-il déclaré. Le principe de sa proposition est d'aider les jeunes vignerons dont les parents n'auraient pas de moyens financiers suffisants pour les envoyer à l'étranger et se former aux avancées de l'œnologie. Pour l'heure cette proposition n'est pas traduite en mesures à Inter Rhône, mais le chantier est lancé, a-t-il précisé.