À l’occasion du Sival à Angers le 16 janvier, le réseau Dephy Ferme viticulture a présenté dix ans de résultats répertoriés auprès des groupes de viticulteurs engagés dans la démarche. Les 410 producteurs du réseau ont réduit en moyenne leur IFT de 14 % entre la mise en place du dispositif en 2011 et la période 2018-2020. Hors produit de biocontrôle, dont l’utilisation a bondi de 45 % sur la même période, l’IFT est même en baisse de 24 %. Le phénomène est particulièrement marqué pour les produits herbicides. Parmi les membres du réseau Dephy viticulture, les chiffres montrent sur dix ans une augmentation du nombre d’exploitations bio, donc non-utilisateurs d’herbicide, mais également une hausse significative du nombre de viticulteurs conventionnels n’y ayant plus recours. Les utilisateurs de produits cancérigène, mutagène et reprotoxique (CMR) sont par ailleurs de moins en moins nombreux ; 40 % des viticulteurs engagés dans la démarche Dephy n’en pulvérisent plus sur leur vigne. Sur le volet technico-économique, les charges liées aux produits phytosanitaires ont diminué de 80 €/ha en moyenne, alors que les pertes liées aux bioagresseurs n’ont pas augmenté. Dans le même temps, les charges de mécanisation, du fait des investissements matériels nécessaires, sont en hausse de 30 €/ha.
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Toutefois, les données remontées par le réseau Dephy viticulture mettent en évidence une limite à la baisse de l’IFT. Les viticulteurs entrés dans le réseau avec des pratiques très économes en intrants ont maintenu leur performance sur dix ans, mais n’ont pas pu réduire davantage leur IFT. « Nous sommes dans une impasse technique pour réduire l’utilisation de cuivre », assure Edouard Massart, viticulteur dans le muscadet, à l’occasion de la présentation des résultats. Il a fait le pari sur son exploitation de planter des cépages résistants pour s’affranchir de cette impasse technique, avec à la clé une diminution de 80 % des traitements. « J’ai planté, mais le marché n’est pas là. Si à la fin de la chaîne, il n’y a pas de client, j’ai perdu. »