Taxes américaines : Trump va supprimer ses tarifs douaniers sur le whisky irlandais
En visite en Irlande à l’occasion d’un tournoi de golf, le président américain Donald Trump a annoncé, le 13 septembre, son intention de retirer les droits de douane de 10 % s’appliquant aux exportations de whisky irlandais vers les États-Unis. Une décision qui n'est toutefois valable que pour le spiritueux irlandais, le reste des boissons alcoolisées de l’UE n'étant pas inclus. « C'était vraiment injuste, car les autres bénéficiaient de cette mesure et pas eux, alors j'ai décidé de le faire », a indiqué le locataire de la Maison Blanche pour justifier son choix, alors que les whiskys britanniques et écossais bénéficient déjà d’une telle exemption. « Nous sommes ravis de voir que ce droit de douane a été retiré », se réjouit Eoin O’Cathain, directeur de l’association du whisky irlandais. Et d’ajouter : « Nous continuerons à travailler avec tous nos collègues aux États-Unis, à Bruxelles et ici à Dublin pour garantir la pleine libéralisation des tarifs douaniers ». La stratégie du « zéro pour zéro » tarifaire au niveau transatlantique est l’approche voulue par le secteur européen des boissons alcoolisées depuis la mise en place des sanctions de l’administration Trump, alors que les États-Unis sont l’un des principaux débouchés de la filière.
Sécheresse : la région Bretagne renforce son budget d'aide à l'investissement
Face à « des épisodes climatiques qui se répètent et s'intensifient », le conseil régional de Bretagne annonce, dans un communiqué paru le 14 septembre, qu'il va augmenter de 6 millions d'euros (M€) ses aides à l'investissement pour l'année 2026, pour un total de 34 M€. Ces fonds seront fléchés vers « l'eau, la résilience climatique, le renouvellement des générations et le bocage ». La région estime pouvoir accompagner ainsi 175 agriculteurs supplémentaires. Certaines aides seront revalorisées dès 2026, comme le soutien à l'installation de récupérateurs d'eau de pluie, qui pourra atteindre 32 000 €, contre 24 000 € actuellement. La Bretagne veut aussi renforcer le soutien à « l'adaptation climatique des bâtiments agricoles » en finançant « les systèmes de ventilation qui améliorent le bien-être animal en période de fortes chaleurs » ou « la rénovation des bâtiments existants ». Enfin, le programme Breizh Bocage sera abondé de 500 000 € supplémentaires afin « d'accélérer les plantations d'arbres et de haies ». Le 8 septembre, la présidente de la région Pays de la Loire, Christelle Morançais, a annoncé le lancement d’un appel à projets doté de 12 M€ pour équiper jusqu’à 800 élevages ligériens de dispositifs permettant de faire face à des températures élevées. De son côté, la région Île-de-France a annoncé 5 M€ d'aide à la trésorerie, et un soutien accru à l’irrigation (budget doublé à 2 M€/an, « taux de financement régional relevé à 60 % »).
Sécheresse/plan CASI : une dizaine d’actions syndicales dénoncent des aides insuffisantes
D’après la presse locale, des actions syndicales ont eu lieu ces derniers jours dans au moins une dizaine de départements afin de dénoncer l’enveloppe insuffisante allouée au plan CASI (canicules, sécheresse, incendies). Des mobilisations principalement menées par le réseau FNSEA-JA, même si l’ensemble des syndicats agricoles ont estimé que le plan d’aide d’urgence présenté le 4 septembre par Annie Genevard ne répondait pas à l’ampleur des pertes. Les départements d’élevage sont en première ligne, que ce soit dans le grand Massif central (Lozère, Creuse, Tarn, Aveyron, Loire), dans l’est (Ain, Haute-Saône) et en Bretagne (Côtes-d’Armor). Un rassemblement est prévu en Haute-Vienne mardi 15 septembre, a annoncé la FDSEA dans un communiqué. Les actions des FDSEA visent généralement les préfectures, qui sont en charge de décliner au niveau départemental les aides de trésorerie du « fonds de réarmement », doté de 235 M€. Les syndicats majoritaires réclament notamment des prêts sécheresse (bonifiés ou garantis par l’État), un dispositif évoqué par la ministre, mais finalement absent du plan CASI. Du côté des autres syndicats, la Coordination rurale a bâché une dizaine de radars dans le Cher, tandis que la Confédération paysanne a mené une action devant la préfecture à Privas, dans l’Ardèche.
Pac : les propositions de la Confédération paysanne pour les zones intermédiaires
Dans un communiqué paru le 14 septembre, la Confédération paysanne fait une série de propositions dédiées aux zones intermédiaires (ZI), particulièrement touchées par la sécheresse actuelle. Le syndicat propose en premier lieu d'en « clarifier » le zonage, pour l'étendre notamment à plusieurs départements du Sud-Ouest, comme le Gers, le Tarn-et-Garonne, la Haute-Garonne, le Tarn ou l’Aude. En second lieu, la Conf' propose que les MAEC systèmes constituent « le principal levier » de la Pac dans ces zones ; le syndicat propose d'ouvrir ces outils « à l’ensemble des zones intermédiaires concernées » et qu’ils encouragent « le retour de l’élevage et la remise à l’herbe ». Il plaide notamment pour la mise en place de MAEC systèmes porc et volailles plein air adaptées aux zones intermédiaires. La Conf' propose aussi de s'appuyer sur les aides couplées : elle propose de créer une aide couplée à l’apiculture, de renforcer les aides couplées animales (avec « une aide couplée à la prairie, en lien avec une activité d’élevage »), ainsi que les « aides couplées végétales en direction des légumineuses », ou encore de réviser « l’aide couplée maraîchage ». La Conf' plaide aussi pour que les aides Pac ne financent pas « la non-production, la mise en jachère intégrale, les prairies sans animaux, les productions énergétiques concurrentes de l’usage alimentaire des terres ou les logiques de " chasse aux primes " ». D'autres mesures visent la régulation des marchés laitiers, ou l'installation.
Antibiotiques : le monensin, pomme de discorde entre Bruxelles et Brasília (presse)
Au Brésil, l’absence du monensin de la liste des produits bannis par le protocole privé de traçabilité des bovins certifiés non traités aux antibiotiques, homologué le 29 mai par le ministère de l’Agriculture, aurait été le motif de sa non-validation par la Commission européenne, rapporte le média brésilien DBO, spécialisé en élevage. « Ce protocole interdit cinq antibiotiques, mais il omet le plus utilisé dans les feedlots du Brésil », explique l’expert Júlio da Silva, cité par DBO. « L’emploi du monensin y a marqué un avant et un après, au tournant des années 2000, en permettant des rations bien plus énergétiques. Si le monensin est banni, il s’ensuivra une chute globale des performances d’engraissement du bétail de 8 % pour les Bos taurus et de 16 % pour notre cheptel zébu. » Selon l’économiste en chef du syndicat Farsul (agriculteurs de l’État du Río Grande do Sul), Antônio Da luz, consulté par Agra Presse, « le Brésil s’adaptera tôt ou tard aux exigences européennes, probablement sous 90-120 jours ». Il n'évoque toutefois pas la question spécifique du monensin. Malgré des négociations techniques, le Brésil ne figure plus depuis le 3 septembre dans la liste des pays autorisés à exporter des produits animaux vers l’UE en lien notamment avec l’utilisation d’antibiotiques de croissance chez les bovins. (Marc-Henry André)
Poulet : des ONG saisissent les Fraudes au sujet du label « Filière agricole engagée »
Dans un communiqué du 14 septembre, quatre associations de protection animale* annoncent « saisir la DGCCRF » (Fraudes) au sujet du label « Bien-être animal, filière agricole engagée », lancé la semaine dernière pour le poulet. Espérant « une réponse ferme des pouvoirs publics », elles estiment qu’« un logo faisant valoir le bien-être animal ne peut pas être apposé sur des produits issus de poulets à croissance rapide (parfois appelés turbopoulets) et élevés à de fortes densités, sans tromper ouvertement les consommateurs ». Le cahier des charges « Filière agricole engagée » permet l’utilisation de souches à croissance rapide, ainsi qu’une densité maximale de 38 kg/m2. Or, selon les associations, ces deux pratiques sont « contraires aux prérequis pour un état de bien-être minimal » stipulés dans un avis de l’Efsa de 2023. Elles rappellent que ces deux pratiques sont, par ailleurs, « interdites dans le cadre de l’ECC » (European Chicken Commitment, cahier des charges lancé et promu par des ONG). Le 9 septembre, le lancement du label « Bien-être animal, filière agricole engagée » a été annoncé par un collectif regroupant des entreprises majeures de la filière française du poulet (LDC, Eureden, Le Gouessant, Sanders, etc.). *OABA, CIWF France, Welfarm et LFDA
Lait : le p.-d.g. de Lactalis cité à comparaître dans l'affaire des primes non versées
Emmanuel Besnier, le p.-d.g. de Lactalis, est convoqué au tribunal correctionnel de Laval (Mayenne) le 5 novembre dans le cadre de l'affaire des primes de participation non versées à certains salariés et ex-salariés de l’entreprise. « Il a reçu deux citations à comparaître, pour présentation de comptes infidèles et escroquerie au jugement, affirme l'avocat des employés de Lactalis », Renaud Portejoie, cité par le média public Ici. L’avocat représente les salariés estimant avoir été lésés et Maxime et Alexandre Renahy, ce dernier ayant créé l’association Justice pour nos primes. Cette audience technique permettra de déterminer la somme consignée par les plaignants, ce qui leur ouvrira ensuite la possibilité de saisir la justice pour présentation de comptes infidèles et escroquerie au jugement, explique à Agra Presse l’entourage de l’avocat Olivier Baratelli, qui défend Lactalis dans cette affaire. En mars, le groupe Lactalis a fini par déposer ses comptes consolidés pour les années 2020 à 2024, à la veille d’une convocation devant la justice d’Emmanuel Besnier pour non-publication de ces comptes. L’avocat a décidé d’une stratégie offensive pour défendre son client en saisissant la justice pour dénonciation calomnieuse, et en signalant les actions contre le groupe auprès du Parquet national financier. Les pouvoir publics ont aussi été alertés d’une tentative de déstabilisation de la société.
Porc : Cooperl ouvre un bureau au Brésil, des reproducteurs déjà livrés sur place
Cooperl, l’un des leaders français du porc, a ouvert un bureau au Brésil afin d’y exporter ses produits, annonce-t-il dans sa lettre d’information destinée à ses partenaires. Baptisée Cooperl Do Brasil, « cette nouvelle entité est établie à São Paulo, le cœur économique du pays ». Elle comprend deux personnes qui ont pour mission « le lancement et le développement » des activités du groupe. Pour la Cooperl, l’implantation au Brésil « représente une opportunité immense ». « Un premier succès s'est concrétisé par l'introduction de notre génétique porcine, avec une première livraison de reproducteurs sur le marché brésilien en juillet 2026 », ajoute la coopérative de Lamballe. Présente dans 50 pays (avec 14 bureaux et quatre usines), la Cooperl mène une stratégie largement tournée vers l’international : l’export absorbe un tiers de sa production de viande de porc, soit 22 % du chiffre d’affaires de sa branche Viandes. Au-delà de la viande et des produits transformés, le groupe exporte aussi l’ensemble des services liés à l’élevage porcin (génétique, bâtiments, etc.). La Cooperl est notamment bien implantée en Chine, où elle développe une « filière complète » (ferme de sélection en 2013, usine de transformation en 2020), selon son site internet.
Pommes de terre : vers une baisse de la production d’un quart dans le nord-ouest de l'UE
Dans un communiqué du 14 septembre, le NEPG (producteurs de pommes de terre du nord-ouest européen) table pour le moment sur une baisse de la production de pommes de terre dans le secteur d’environ un quart, pour tomber à 20,695 Mt en 2026, contre 27,75 Mt en 2025. Il s’agirait par ailleurs d’un recul de 13,7 % par rapport à la moyenne quinquennale. La chute de la production s’explique par le repli des surfaces de 13,7 %, mais surtout par l’effritement des rendements. La chaleur et le manque d’eau ont provoqué des dégâts. Ajoutons des problèmes de taupins et de stolbur. « La récolte 2026 pourrait être l’une des plus faibles de ces dix dernières années », prévient l’organisation. Ces chiffres sont encore provisoires, précise le NEPG. Par ailleurs, la qualité des tubercules semble elle aussi affectée (taille, longueur), ce qui pourrait « compliquer leur utilisation pour certains débouchés industriels », indique le communiqué. Les clients du marché intérieur, mais aussi de l’exportation, devront adapter leurs exigences. Enfin, le NEPG estime qu’il est nécessaire de « mener des essais sur de nouvelles techniques agricoles : créations de réservoirs d’eau, de meilleures techniques d'irrigation, l'agroforesterie, l'augmentation de la teneur en humus et le paillage pourraient faire partie de la solution, parallèlement à de meilleures variétés ».
Fruits et légumes : en petites surfaces, le maraîchage privilégié à l’arboriculture (étude)
FranceAgriMer et Interfel ont publié le 11 septembre les résultats d'une étude sur la viabilité des exploitations de moins de 3 ha en maraîchage et en arboriculture. Elle porte sur deux régions : Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes (respectivement 22 % et 14 % des exploitations fruitières et légumières de petite taille de France métropolitaine). Près de 75 % des maraîchers estiment leur exploitation viable (ou qu’elle le deviendra bientôt), malgré des revenus modestes et une charge de travail élevée ; pour les arboriculteurs ce taux est de 43 %. La rémunération est jugée insuffisante par la majorité, mais « ce n’était pas l’objectif premier ». L’étude souligne qu’ « une surface de 3 ha en arboriculture semble trop réduite pour être viable, ce que confirme le déclin de ces exploitations en dix ans dans le recensement agricole ». Les vergers de cette échelle servent « plutôt de compléments de revenus pour des doubles actifs passionnés ou souhaitant entretenir le verger familial ». Cependant, certaines activités (ateliers de transformation, cultures de petits fruits rouges, vente de plants, ou association d’arboriculture et de maraîchage) pourraient se développer. En revanche, en maraîchage, la surface limitée incite à une certaine variabilité (nombre de cycles, surfaces sous abri, vente directe…), susceptible d’amener de la viabilité. « Mais ces activités demeurent fragiles au regard de la quantité de travail importante, pour des revenus qui restent très faibles », conclut l’étude.
Asperges : une campagne 2026 marquée par une production irrégulière et un marché fébrile
La campagne 2026 a été marquée par une production irrégulière et par un marché qui a fait du yo-yo, avec une demande dynamique en début de commercialisation, suivie d’une forte baisse des prix à cause d’un net déséquilibre offre/demande, avant de se rééquilibrer en fin de campagne avec la baisse des apports, selon une note de FranceAgriMer publiée début septembre. La météo a causé quelques retards en début de saison, tout en entraînant des récoltes importantes aux moment des fortes chaleurs sur avril. Elle diminue à partir de mi-mai avec les arrêts de parcelles et les conditions météorologiques moins favorables La demande a été dynamique autour de Pâques, soutenue par les opérations commerciales, avant de ralentir nettement à partir de la mi-avril, sous l’effet de l’arrivée de nouveaux produits de printemps et de la concurrence des asperges importées. Elle s’est ensuite redressée mi-mai, lorsque l’offre s’est réduite, puis a diminué fortement en juin, entraînant la fermeture des lignes commerciales. Sur la période, les importations ont diminué (-11 %) par rapport à 2025. Cette baisse s’explique par un recul marqué des asperges mexicaines (-63 %) et par un léger repli des asperges espagnoles, lié à un début de campagne perturbé par la météo. Le cours moyen s’est fixé à 7,73 €/kg, en baisse de 5 % par rapport à 2025 et en progression de 4 % sur la moyenne quinquennale.
Travail saisonnier : en Espagne, la régularisation des migrants booste l’emploi en agriculture
Selon les données du ministère espagnol de l'Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, les travailleurs étrangers représentaient au mois d'août 28,1 % des personnes affiliées à la Sécurité sociale dans le secteur de l'agriculture, juste derrière l’hôtellerie (33,6%), rapporte le site d’information Efeagro le 14 septembre. Inscrits au régime général de sécurité sociale, ils s’élevaient à 27 174, soit une augmentation de 0,16 % par rapport à juillet. Parmi eux, 19 929 étaient originaires de pays hors UE et 7 245 d’autres États membres de l’UE. Dans le cadre du régime agricole spécial, on comptait 243 386 travailleurs étrangers, ce qui représente une augmentation de 14,05 % par rapport à août 2025 et une baisse de 0,96 % par rapport à juillet dernier. Parmi eux, 204 340 provenaient de pays hors UE, notamment du Maroc (95 471) et du Sénégal (22 970), tandis que 39 046 étaient originaires d'autres pays de l'UE, principalement de Roumanie (31 797). L’augmentation des travailleurs étrangers dans le domaine agricole a été renforcée par le lancement, à la mi-avril, du processus de régularisation des migrants. En général, l’emploi des étrangers a augmenté de 15,72 % l’année dernière, nettement supérieur au taux de croissance global de l'emploi de 3,1 %.
Engrais/carburants : feu vert de Bruxelles à un régime d’aides d’État roumain de 52 M€
La Commission européenne a approuvé, le 14 septembre, en vertu du cadre temporaire pour les aides d’État liées à la crise au Moyen-Orient (METSAF), un régime d’aides roumain d’un montant de 52 millions d’euros (M€) destiné à soutenir les éleveurs bovins confrontés à la hausse des prix des engrais et des carburants. Dans le détail, ce régime prend la forme de subventions directes plafonnées à 50 000 € par bénéficiaire et s’applique jusqu’au 31 décembre. Dans son analyse, la Commission européenne a jugé le dispositif conforme aux conditions du METSAF, notamment parce qu’il est doté « d'un budget prévisionnel clair » et que les aides seront accordées pour « soutenir temporairement le développement d'entreprises actives dans la production primaire de produits agricoles ». Bruxelles a conclu que ce régime est « nécessaire, approprié et proportionné pour faciliter le développement d’une activité économique », mais également « qu’il ne fausse pas les conditions des échanges dans une mesure contraire à l’intérêt commun ».
Climat : la France doit « aller plus loin » dans ses objectifs, plaide le Haut-commissariat au plan
La France doit « aller plus loin » dans ses objectifs climatiques en se fixant un objectif contraignant de neutralité carbone d’ici 2060, incluant les émissions liées à ses importations, a proposé Clément Beaune, Haut-commissariat au plan (HCSP) et ancien ministre, lors d’une présentation à la presse le 14 septembre. Le pays s’est engagé à atteindre la neutralité carbone en 2050, mais cet objectif ne prend en compte que les émissions de gaz à effet de serre sur son territoire. Dans sa dernière feuille de route climatique (SNCB-3), la France se fixe pour la première fois une cible indicative concernant son « empreinte carbone », qui inclut notamment les émissions liées aux produits importés. Pour être efficace, cet objectif devrait, selon Nicolas Riedinger, directeur du département Environnement de l’institution, être porté à l’échelle de l’Union européenne et être rendu contraignant. « Si cet objectif reste français, l’effet incitatif sera nécessairement limité », estime-t-il, soulignant son potentiel à l’échelle européenne, notamment vis-à-vis d’économies dépendantes du marché européen pour leurs débouchés, comme la Chine. L’adoption d’une telle cible pourrait engendrer un « double dividende, climatique et productif », en favorisant une production décarbonée et aussi les relocalisations industrielles. Elle pourrait toutefois renchérir « certains biens », reconnaît M. Riedinger.
Consommation : potentiel important d’utilisateurs des GLP-1 en France (sondage)
Une enquête Ifop pour Darwin Nutrition révèle, malgré un usage encore embryonnaire, un potentiel d’adoption important des traitements analogues du GLP-1, prescrits notamment pour favoriser la perte de poids chez les personnes souffrant d’obésité sévère, et remboursés à ce titre par l’Assurance maladie depuis le 15 juin. Réalisée en ligne du 17 au 21 mai auprès de 3 004 adultes représentatifs de la population française, l’étude indique que 4 % ont déjà utilisé un médicament contre l’obésité et que 2 % en utilisent actuellement. Aux États-Unis, ces proportions atteignent respectivement 15 % et 11 %. Le réservoir de consommateur potentiels apparaît en revanche beaucoup plus élevé en France : 18 % des personnes interrogées déclarent qu’elles pourraient prendre des médicaments GLP-1 pour perdre du poids. En y ajoutant les usagers actuels, la consommation potentielle pourrait atteindre jusqu’à 19 % de la population, soit près de dix millions d'adultes. « Ce que photographie cette enquête, c'est un pays où le potentiel d'adoption est considérable, mais où l'usage reste encore fortement contenu par trois freins très concrets : le prix, l'accès sur ordonnance et l'acceptabilité sociale de ces traitements », précise l’lfop dans une note d’analyse. Selon l’entreprise, « la France de mai 2026 ressemble aux États-Unis de 2023 : le même réservoir de candidats, mais la conversion n'a pas eu lieu ».
Distribution : E.Leclerc donne 1 M€ en produits aux Banques alimentaires
Le distributeur E.Leclerc a annoncé le 11 septembre un don de 1 million d’euros de produits, principalement alimentaires, destinés en priorité aux jeunes et aux étudiants. Ce don représente 750 palettes de produits issues des stocks des coopératives régionales E.Leclerc. Ce don est composé exclusivement de denrées à longue durée de conservation (DLC), à l’exclusion des produits frais et des denrées à DLC courte issues des collectes en magasins, selon le service communication d’E.Leclerc. Il s’agit de produits de la « Marque Repère, marque propre de l’enseigne » comme « des denrées du quotidien, dont des références bio, sélectionnées notamment pour leur profil nutritionnel (pâtes, riz, lentilles, légumes, lait, thon, plats préparés, café…) mais aussi des produits d’hygiène tels que les protections hygiéniques. La distribution se fera au travers d'épiceries sociales et solidaires du réseau des Banques Alimentaires, auprès de publics jeunes et étudiants », indique l’enseigne, notamment les associations partenaires des Banques alimentaires et le Rayon, lancé en 2025, réseau regroupant divers dispositifs de distribution directe et qui s’adresse particulièrement aux jeunes et aux étudiants.
Restauration collective : Bleu-Blanc-Cœur intègre le périmètre des produits Egalim
Les produits Bleu-Blanc-Cœur sont désormais reconnus parmi les produits éligibles aux objectifs de la loi Egalim pour la restauration collective, dans le cadre de la loi d’urgence agricole, qui a été promulguée le 18 août. Une reconnaissance attendue depuis près de dix ans par la société coopérative d'intérêt collectif (SCIC). La loi Egalim fixe aux restaurants collectifs un objectif d’au moins 50 % de produits durables et de qualité dans leurs approvisionnements. L’article 8 de la nouvelle loi élargit le périmètre des produits pouvant être comptabilisés en créant une catégorie dédiée aux démarches reposant sur des « externalités environnementales et caractéristiques nutritionnelles objectivées, attestés par un système de certification ». Née en 2000, Bleu-Blanc-Cœur est une démarche agricole et alimentaire française qui vise à améliorer la qualité nutritionnelle et environnementale de l’alimentation. Elle repose notamment sur une alimentation animale diversifiée, intégrant des fourrages et des graines naturellement riches en Omega 3, comme l’herbe, la luzerne, le lin ou la féverole. Le modèle revendique ainsi une approche dite « Une seule santé », reliant santé des sols, des animaux et des consommateurs.