Budget de l‘État: en pause, l’examen du PLF 2025 reprendra le 5 novembre
Le ministre du Budget Laurent Saint-Martin a annoncé, sur Radio J le 27 octobre, que les débats sur le projet de budget 2025 reprendront à partir du 5 novembre à l'Assemblée. «On continuera là où on s'est arrêté hier à partir du 5 novembre», a indiqué le ministre, alors que les députés ont interrompu leurs débats dans la soirée du 26 octobre sans être allés au bout de l'examen du projet de loi, après six jours d'échanges houleux sur la partie «recettes». Il reste encore plus de 1500 amendements à examiner sur cette première partie du texte, qui devait faire l'objet d'un vote final le 29 octobre. Cette semaine, les députés examineront le PLFSS 2055 (financement de la sécurité sociale). M. Saint-Martin a assuré que le gouvernement voulait «que les débats aient lieu pour respecter le Parlement». «Il y aura une commission mixte paritaire issue du Sénat, (...) nous verrons bien ce qu'elle décide et quelle est la nature du texte», a-t-il poursuivi. Le ministre du Budget a précisé ses lignes rouges: «60 Md€ d'efforts budgétaires pour redresser les comptes et au moins deux tiers par la baisse de la dépense publique». Sur le réseau social X, le président LFI de la commission des Finances Éric Coquerel a estimé que le texte actuel «reste "NFP compatible"». Au contraire, le RN «votera contre» le budget, a affirmé Jean-Philippe Tanguy, chef de file du groupe sur le PLF, le 27 octobre.
Taxe sur les sucres: dissensus gouvernemental, Genevard ne veut pas d’une hausse
Dans un entretien à Agra Business le 26 octobre, la ministre de l’Agriculture met en garde contre les conséquences de plusieurs hausses de taxes sur les produits sucrés prévues par des amendements au PLFSS 2025 (financement de la sécurité sociale). «Il faut bien mesurer les conséquences de ces mesures qui peuvent se répercuter sur les fournisseurs, c’est-à-dire les agriculteurs», a déclaré Annie Genevard. Et d’appeler les parlementaires, qui examinent le texte en séance publique ce lundi, à «penser également à l’avenir des filières agricoles et agroalimentaires». Une position qui ne fait pas l’unanimité au sein du gouvernement. Dans une interview à La Tribune (article payant), la ministre de la Santé Geneviève Darrieussecq s’est dite «favorable à des taxes sur les sucres transformés». «Il ne s’agit pas de pénaliser les artisans, les pâtissiers, etc.», a-t-elle ajouté. Elle a reçu le soutien de son collègue du Budget et des comptes publics, Laurent Saint-Martin, sur Radio J: «La ministre de la Santé a raison de dire qu'il y a aujourd'hui un vrai fléau qui est le sucre, les produits transformés, la malbouffe... sur lesquels on doit pouvoir s'attaquer aussi par la fiscalité», a-t-il déclaré. Selon lui, ces taxes supplémentaires rapporteraient «quelques centaines de millions d'euros» au budget de la Sécu.
Financement de la sécurité sociale: en commission, les députés rejettent le PLFSS 2025
Les députés de la commission des Affaires sociales ont rejeté le 25 octobre, à l'unanimité, la partie «recettes» du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2025, après avoir fait de même pour la partie «dépenses» la veille, rapporte l’AFP. Le texte initial avait été profondément remanié par le travail de la commission, retoquant plusieurs mesures-clés (refonte des cotisations patronales, gel des pensions de retraite…) et repoussant même l'objectif de dépenses de l'assurance maladie, pilier du texte, avec l'avis favorable du rapporteur Yannick Neuder (LR). Durant leurs travaux, les députés avaient voté et amendé plusieurs articles intéressant directement l’agriculture, dont l’article prévoyant «l’alignement de l’effort contributif des non-salariés agricoles sur celui des travailleurs indépendants dans le cadre de la réforme du mode de calcul de la pension de retraite de base», voté en l’état. Les articles amendés concernant la pérennisation du TO-DE (exonération de charges sur les travailleurs saisonniers) et le cumul de l’exonération applicable aux jeunes agriculteurs et des taux réduits de droit commun des cotisations maladie et famille avaient aussi été adoptés. Vendredi matin, les députés avaient par ailleurs voté l’article 22, prévoyant l’alignement du mode de calcul de la pension de retraite de base des non-salariés agricoles (NSA) sur le régime général. Le PLFSS 2025 commencera à être discuté en séance public le lundi 28 octobre, sur la base du texte initiale déposé par le gouvernement.
Climat: Barnier lance une consultation sur le troisième plan d'adaptation (PNACC)
Le Premier ministre Michel Barnier a annoncé le 25 octobre le lancement d'une consultation publique de deux mois sur le troisième plan d'adaptation au réchauffement climatique (PNACC 3), attendu de longue date et doté de 51 mesures. Ce plan doit répondre à «quatre exigences essentielles», a énuméré le chef du gouvernement lors d’un déplacement dans le Rhône, département touché par les intempéries des 17 et 18 octobre. Ce plan doit «mettre en cohérence tous les leviers de l'action gouvernementale», «devra tenir compte de nos stratégies en termes de biodiversité, d'aires protégées, de zones humides, de la question de la santé liées à l'environnement ou encore des démarches engagées pour l'agriculture et pour la forêt avec les agriculteurs». Il est conçu à partir de l'hypothèse d'un réchauffement de 4°C en France d'ici à la fin du siècle (contre 1,7°C à ce stade). Quatre mesures visent en particulier l’agriculture: renforcement dès 2025 des mesures de prévention prises par les employeurs en cas de fortes chaleurs (mesure 11); renforcement du Plan eau (mesure 21); création d’un «diagnostic modulaire d’évaluation de la résilience» des exploitations (mesure 37); effort de formation et de recherche en agriculture et agroalimentaire (mesure 36).
Inondations: dans le Var, 119 mm de précipitations en une heure, une rivière déborde
Les secours étaient mobilisés le 25 octobre dans le Var, où une petite rivière était en crue après d'importantes précipitations, dans un épisode méditerranéen qui devait durer jusqu'à dimanche. «Il est tombé 119 mm en une heure à Vidauban», commune de 13 000 habitants dans l’arrière-pays varois, a relevé Météo-France, un record pour le département (précédemment 102 mm en une heure le 25 septembre 2006). Le Var, comme le Gard, ont été placés dès jeudi 24 octobre soir en vigilance orange aux pluies-inondations, suivie par les Alpes-Maritimes le lendemain midi. Les précipitations les plus intenses ont été relevées à Vidauban, provoquant un débordement de la rivière l'Aille, longue de 28 km et affluent de l'Argens. La crue de l'Aille a fait monter le niveau de l'Argens, qui se jette en Méditerranée, et dont l'aval a été placé en vigilance orange. Les pompiers ont dû intervenir à cinquante reprises environ, ont-ils indiqué à l'AFP le 25 octobre, évacuant notamment 20 personnes dont les domiciles étaient inondés. La semaine dernière, le Gard et le Var ont déjà été touchés par de fortes pluies, qui ont provoqué des inondations exceptionnelles dans le Rhône et l'Ardèche.
Tournesol: vers une récolte inférieure aux prévisions du ministère (presse)
D’après plusieurs opérateurs contactés par La Dépêche – Le petit meunier, la récolte 2024 de tournesol pourrait atteindre 1,5 million de tonnes (Mt), soit bien moins que les prévisions d’Agreste (ministère de l’Agriculture), qui table sur 1,779 Mt. «C'est la déception qui prédomine aujourd'hui», relève Françoise Labalette, directrice adjointe de Terres Univia. Après une collecte 2023 «excellente» (plus de 2 Mt), la responsable de l’interprofession s’attend à «un volume plus normal, à l’image de ce que nous avons connu entre 2015 et 2020» (entre 1,2 et 1,6 Mt). Nos confrères décrivent une situation «plutôt correcte dans le Sud-Ouest, moins dans le Centre et le Grand-Ouest». Le média du groupe Réussir-Agra avance qu’«entre 10% et 30% des surfaces» pourraient ne pas être récoltées, en raison des mauvaises conditions climatiques. Selon Terres Univia, «entre 50% et 60% de la coupe est réalisée», des chiffres «à prendre avec la plus grande prudence». Les récentes intempéries ont aggravé le retard déjà pris avec les pluies du printemps: «Environ 25-30% des tournesols ont été emblavés dans la fenêtre normale», estime Françoise Labalette, mais autant ont été implantés très en retard. Les prix, eux, ont «flambé en quelques semaines»: entre le 1er et le 23 octobre, le cours de la graine de tournesol oléique rendu Bordeaux a pris 115 €/t (à 605 €/t).
Volailles: LDC fermera Blancafort fin mars 2025 et va chercher un repreneur
Ce 24 octobre, la direction des Volailles de Blancafort (groupe LDC) a informé la presse que l’abattoir de dindes de Blancafort (Cher) fermera fin mars 2025, comme pressenti, si aucun repreneur n'est trouvé d'ici là. Elle a présenté le jour-même un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) et a indiqué qu’elle prévoit un plan d’accompagnement pour les 44 éleveurs fournisseurs. L’objectif est d'assurer le maintien complet des débouchés de chacun des éleveurs concernés. «La direction s’impliquera également activement à rechercher des solutions de reprise durable pour son site de Blancafort», dit la société dans son communiqué. De son côté, le président du conseil régional du Centre-Val de Loire, François Bonneau a adressé ce même jour une lettre aux ministres de l’Économie et de l’Agriculture, demandant que «tout soit mis en œuvre» pour trouver un repreneur et défendre le territoire rural. La région évoque un «outil performant» dans son communiqué. Au contraire, LDC fait état de 31 M€ de pertes cumulées en neuf ans, dont 9 M€ sur le dernier exercice, en dépit des 15 M€ investis depuis 2015 «pour moderniser, tenter de rendre compétitive et pérenniser l’activité».
UE/Mercosur: une signature au G20 en novembre «très hypothétique» (ministre)
La ministre française déléguée au Commerce extérieur de la France, Sophie Primas, a estimé, lors d'une visite au Brésil le 25 octobre, que la signature de l'accord de libre-échange UE/Mercosur lors du sommet du G20 les 18 et 19 novembre était «très hypothétique», en réaffirmant l'opposition de Paris à ce traité. «Les conditions aujourd'hui, pour nous, pour les Français, et pour un certain nombre d'autres États, ne sont pas réunies pour que nous signions dans les semaines qui viennent, et donc une signature pendant le G20 me semble, en tout cas, très hypothétique», a déclaré Mme Primas à l'AFP. Et de relativiser: «Naturellement, il ne s'agit pas d'un non définitif au Mercosur». «La France a fixé des conditions exigeantes en matière d'environnement et de respect des normes, et aujourd'hui celles-ci ne sont pas satisfaites», a-t-elle insisté. La semaine dernière, Emmanuel Macron avait réitéré que l'accord n'était «pas acceptable en l'état». Engluées depuis des années, les négociations entre l'UE et les pays du Mercosur ont repris ces derniers mois sous l'impulsion de certains pays européens, dont l'Allemagne ou l'Espagne. Le 23 octobre, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez avait assuré que l'UE était «très près de conclure» un accord. Une perspective contre laquelle les syndicats agricoles français sont vent debout.
Cidre: après le mauvais cru 2023, récolte annoncée en hausse, sauf en Bretagne
Après une année 2023 difficile, la filière cidricole aborde la nouvelle campagne un peu plus sereinement avec des prévisions de récolte encourageantes malgré une météo anormalement pluvieuse, indique l’Unicid (interprofession) dans un communiqué le 25 octobre. La récolte, qui a débuté il y a quelques semaines avec un peu de retard, est estimée à 219 800 tonnes (contre 185 000 t en 2023). «L'année 2024 démontre une certaine résilience de nos vergers face aux aléas climatiques. Nous constatons des volumes de production qui se rapprochent de la normale, voire en augmentation dans plusieurs régions», souligne Jean-Louis Benassi, directeur de l’Unicid. En Basse-Normandie, la production dépasse légèrement la moyenne 2020-2022 (avant la mauvaise année 2023), avec un net redressement dans l’Orne; par ailleurs, une légère hausse est attendue en Centre, Hauts-de-France et dans l'est du Bassin parisien. Dans les Pays de la Loire, la Mayenne connaît elle aussi une légère remontée. En revanche, en Bretagne, notamment dans le Morbihan, les producteurs s'attendent à des volumes légèrement au-dessous de la normale. La filière demeure prudente pour la suite: «Les prévisions seront affinées en fonction du grossissement automnal et de la dynamique de chute des fruits, en particulier des pommes tardives», indique l’Unicid. De plus, si la pluie perdure, elle pourrait gêner la progression de la récolte.
Biodiversité: une étude pointe les effets sublétaux des pesticides sur les insectes
Même à des doses non mortelles, de nombreux pesticides induisent «des changements généralisés dans les processus physiologiques» du développement et du comportement des insectes (effets sublétaux), conclut une étude publiée le 24 octobre dans la revue Science. Une équipe du Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL) a testé 1024 substances actives – dont le chlorpyrifos (insecticide) ou la dodine (fongicide) – sur des larves de drosophiles. Résultat: 57% des molécules «modifiaient considérablement le comportement des larves», d’après un communiqué de l’EMBL. Par ailleurs, les chercheurs ont également étudié l’impact du réchauffement climatique sur ces effets sublétaux (+4°C), ainsi que celui d’un mélange des pesticides «les plus couramment détectés dans l’air» («effet cocktail»). Ils ont alors observé «une chute de 60% des taux de ponte, ce qui laisse présager un déclin de la population», selon Justin Crocker, directeur de recherche à l’EMBL, ainsi que «d’autres comportements altérés, tels qu’un recroquevillement plus fréquent» – un signe probable de stress, d’inconfort ou de perturbations neurologiques et physiologiques. Cette expérience a aussi été menée sur les moustiques et les papillons Belle-Dame (Vanessa cardui), donnant des résultats «similaires».
Agrumes: en Égypte, fort investissement pour la transformation dédiée à l’exportation
Le cabinet du Premier ministre égyptien a approuvé le 23 octobre la réalisation d’un projet d’établissement d’une zone économique spéciale (ZES) qui sera dédiée à la transformation d’agrumes à Port-Saïd, rapporte l’agence Ecofin le 25 octobre. Doté d’un investissement de 10 M$ (9,24 M€), il devrait être en mesure de produire 2500 tonnes de concentré d’agrumes par saison dès la première phase du projet. Les produits issus de la «Ghars Citrus Concentrates Company» (nom de la future zone) seront à 100% destinés à l’exportation. Avec cet investissement, le gouvernement égyptien entend développer la valeur ajoutée de la filière agrumes en renforçant l’industrie locale. En 2023-2024, selon les prévisions de l’Organisation mondiale des agrumes (OMA), la production égyptienne d’agrumes est attendue à 5,4 Mt, soit 10% de plus que l’année dernière (et 15% par rapport à la moyenne des quatre dernières années). Cependant, moins de 10% de la production égyptienne est actuellement destinée à la transformation, d’après l'USDA (ministère américain de l’Agriculture). Sur la campagne actuelle, la filière égyptienne est parvenue à augmenter ses expéditions d’agrumes frais de 21%, à 2,3 Mt (dont 81% d’oranges), établissant ainsi un nouveau record (les exportations vers la France ont progressé de 86%).0
Huile d’olive: baisse de la production mondiale en 2022/2023 à cause du climat
La production oléicole mondiale en 2022/2023 a affiché son plus bas niveau depuis 2016, indique FranceAgriMer dans un rapport paru le 24 octobre. Totalisant 2,57 Mt, la récolte a reculé de 24% par rapport à la campagne précédente, et de 22% par rapport à la moyenne quinquennale. «La campagne a été marquée par des conditions météorologiques exceptionnelles, découlant du changement climatique», note FranceAgriMer. Ainsi, les pays d’Europe occidentale et du Maghreb ont souffert de sècheresses «sans précédent» s’accompagnant de baisses de production conséquentes. Selon les données de la Commission européenne, la production d’huile d’olive de l’UE a chuté de 39%, à 1,4 Mt (contre 2,3 Mt en 2021/2022). Premier producteur, l’Espagne est la plus touchée (-55%, 665 900 t), suivie par le Portugal (-39%, 126 000 t). En revanche, la Grèce progresse fortement (+49%, 345 000 t). Avec une production estimée à 3700 t, la France recule de 36% sur la période. Au Maghreb, la Tunisie chute de 25% (à 180 000 t) et l’Algérie de 20%; la baisse est encore plus marquée au Maroc (-44%, à 107 000 t). La Turquie, quant à elle, a connu une récolte record évaluée à 380 000 t, plaçant le pays au second rang mondial, derrière l’Espagne.
Agriculture urbaine: mieux intégrer les projets dans les quartiers populaires (étude)
La Cité de l’agriculture, association marseillaise travaillant sur la transition agroécologique des villes et des territoires, fait le point sur son projet «Coopération pour une agriculture urbaine levier de justice alimentaire» (Cajau), lancé en 2023, sur son fil LinkedIn le 23 octobre. Cette étude, menée en partenariat avec le Cirad, Action contre la faim, Graines de soleil et trois projets agricoles marseillais (Le Talus, la ferme Capri, Terre d’entraide et de partage), visait à renforcer l’accessibilité de l’agriculture urbaine pour les habitants de quartiers populaires. Pour la Cité de l’agriculture, «il est nécessaire que les projets identifient avec sincérité les exigences capacitaires que la pratique des lieux demande pour que les usagers s'y sentent à l'aise (règles d’usages, modalités d'accueil, compétences techniques…)». L’association souligne aussi l’importance de cultiver «l’aller-vers» avec le voisinage: adéquation des cultures aux envies culinaires des habitants, mise à disposition d'espaces à des associations de quartier… «L’agriculture urbaine pourrait être un levier de justice agri-alimentaire notamment en quartiers populaires où l'offre alimentaire hors GMS est limitée et les espaces de nature en ville rares», explique la Cité de l’agriculture.