UE/Inde : les négociations commerciales avancent en vue de la conclusion d’un accord
Les pourparlers commerciaux entre l’UE et l’Inde s’intensifient. A l’issue de sa visite à Bruxelles, le ministre indien du Commerce, Piyush Goyal a souligné que « les négociations ont considérablement réduit les points en suspens et nous ont permis de créer le cadre qui contribuera à une situation mutuellement avantageuse pour nos économies ». De son côté, le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic a confirmé que les questions les plus sensibles ont été abordées « même si des efforts supplémentaires sont nécessaires », a-t-il commenté. Une délégation européenne est attendue en Inde dès le début novembre pour poursuivre les négociations tandis que Piyush Goyal et Maros Sefcovic pourraient se réunir à nouveau dans les prochaines semaines. L’agriculture est l’une des causes de la complexité de ces discussions alors que l’ambition est de boucler l’accord d’ici la fin de l’année 2025. À l’occasion de la réunion de la commission du Commerce international du Parlement européen le 25 septembre, Christophe Kiener, négociateur en chef de la Commission européenne, avait confirmé que le sucre et les produits laitiers figuraient parmi les produits exclus des discussions afin de faciliter la conclusion d'un accord.
UE/Mercosur : les parties prenantes toujours pas convaincues par les clauses de sauvegarde
Alors que la Commission européenne a publié sa proposition le 8 octobre et qu’un premier débat est prévu le 3 novembre en commission du Commerce international du Parlement européen, les parties prenantes ne sont toujours pas convaincues par les mesures de sauvegarde renforcées pour l’agriculture au sein de l’accord UE/Mercosur. Dans une analyse juridique publiée le 22 octobre et commandée par l’ONG Climate Action Network (CAN) Europe, le cabinet Baldon Avocats pointe « l’utilité limitée » de la proposition de Bruxelles. Les auteurs estiment que le mécanisme, « très exigeant, manque de sécurité juridique et ne répond pas de manière adéquate aux préoccupations du secteur agricole ». Un constat partagé par la Coordination européenne Via Campesina. Dans un communiqué du 24 octobre, l’organisation agricole avance que ces clauses de sauvegarde « sont conçues pour ne jamais être activées » ajoutant qu’« elles ne reflètent ni la diversité de l'agriculture européenne ni les effets réels et localisés de l'augmentation des importations ». Via Campesina organisera le 24 novembre une manifestation à Bruxelles contre l’accord commercial.
Retraites/25 meilleures années : le décret d’application prévu d’ici la fin novembre
Prévu par la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2025, le décret d'application de la réforme des retraites agricoles, dite des 25 meilleures années, devrait être publié au Journal officiel, d'ici fin novembre, a appris Agra Presse auprès du ministère de l’Agriculture le 28 octobre. Le texte est en cours d'examen au Conseil d’État et devrait passer en section sociale, la semaine du 10 novembre. Le temps de « recueillir les contreseings ministériels », il devrait paraître à la fin du mois de novembre « Tous les travaux informatiques ont déjà été menés en parallèle par la Mutualité sociale agricole (MSA) et la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV), étroitement associées à l'élaboration de ce texte. La réforme sera donc prête à entrer en vigueur au 1er janvier 2026 » a-t-il été expliqué à Agra Presse. Récemment, le député Jean-Luc Warsmann (LIOT, Ardennes) s’était inquiété des retards pris dans une question écrite à la ministre de l’Agriculture, rapportant une rencontre avec la MSA : « Cette loi devant entrer en vigueur au 1er janvier 2026, la parution la plus rapide possible de ces décrets est attendue par les caisses et les retraités agricoles » expliquait-il.
Saisonniers/PLFSS: en commission, les députés fixent des «critères sociaux» au TO-DE
Durant la lecture du PLFSS 2026 (financement de la Sécurité sociale) en commission des Affaires sociales le 28 octobre, les députés ont adopté un amendement de La France Insoumise visant à conditionner les aides apportées au secteur agricole, et spécifiquement le TO-DE à des «critères sociaux»: « L’idée est de conditionner le bénéfice de ces aides à l’existence d’un logement digne, à la protection des salariés lors de canicules, à la remise en cause de la rémunération à la tâche ou encore à la prise en charge des frais de transports des salariés ». Par ailleurs, ils adopté un amendement du rapporteur général Thibault Bazin proposant d’étendre le bénéfice du TO-DE (exonérations pour les travailleurs occasionnels) dans le secteur agricole aux saisonniers des entreprises de travaux forestiers. C’était une demande récurrente de la profession, sans succès jusqu’à présent. Dans son explication, Thibault Bazin a bien spécifié que la disposition ciblait spécifiquement les entreprises de travaux forestiers (ETF) et non les entreprises de travaux agricoles. « La récolte de bois, le reboisement, la production de matériaux de chauffage, la sylviculture et l’entretien des pistes étant de formidables outils pour le dynamisme de nos territoires, il est légitime de revenir sur une exclusion qui en une dizaine d’années n’a pas montré sa justification », a-t-il argumenté.
Dons agricoles/PLFSS 2026 : en commission, les députés adoptent une exonération sociale
Durant la lecture du PLFSS 2026 (financement de la Sécurité sociale) en commission des Affaires sociales le 28 octobre, les députés ont adopté, malgré un avis négatif du rapporteur général Thibault Bazin, l’amendement d’Annie Vidal (EPR) permettant l’octroi d’une réduction des cotisations sociales pour l’exploitation sur les dons réalisés au profit d’associations caritatives. « Ces dons permettront non seulement de réduire le gaspillage alimentaire en amont de la chaîne, mais également de lutter contre la précarité alimentaire, en fournissant des produits de qualité à des personnes en difficulté », était-il expliqué dans l’exposé des motifs. L amendement qui « vise à encourager et à valoriser les dons de denrées alimentaires effectués directement par les exploitants agricoles au profit d’associations caritatives », s’ajouterait au dispositif fiscal déjà existant, ce que n’a pas manqué de rappeler le rapporteur général. Chaque année en France, près de 10 millions de tonnes de denrées alimentaires — soit environ 150 kg par personne pour une valeur estimée à 16 milliards d’euros — sont gaspillées du champ à l’assiette, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe).
Changement climatique: en Occitanie, scientifiques et agriculteurs vont se parler
Une consultation inédite en France visant à renforcer le dialogue entre les secteurs de l'agriculture, de l'agro-industrie et le monde de la recherche a été lancée le 28 octobre en région Occitanie, avec pour objectif d'élaborer des réponses concertées au changement climatique. Elle comprendra d'un côté trois «panels» réunissant des citoyens, des agriculteurs et des chercheurs tirés au sort, et d'autre part des groupes constitués de représentants des acteurs: agriculteurs, acteurs économiques, élus, autorités publiques, associations, chercheurs et enseignants, soit de 130 à 140 intervenants en tout, qui commenceront à se réunir dans les prochaines semaines. La consultation, baptisée CoRAE (Consultation Recherche Agriculture Alimentation Environnement), doit s'achever en juin ou en juillet par un forum chargé d'adopter un document proposant des solutions pour «adapter la stratégie de recherche en Occitanie» aux défis, notamment climatiques, et accélérer leur traduction dans les pratiques agricoles. La CoRAE est une initiative conjointe de l'Inrae et de la Chambre régional d'agriculture d'Occitanie. Elle bénéficie du soutien de l’État et de la région.
Irrigation/Deux-Sèvres : le Conseil d’État rejette le recours d'associations contre les réserves
Dans une décision rendue le 16 octobre, le Conseil d’État a rejeté le pourvoi formé par plusieurs associations environnementales, dont Nature Environnement 17, contre un arrêt de la cour administrative d’appel de Bordeaux confortant une grande partie du projet de création de dix-neuf réserves de substitution porté par la Société coopérative anonyme de l’eau des Deux-Sèvres (SCAGE 79). Les associations soutenaient que l’arrêt de la cour était entaché d’erreurs, notamment pour avoir limité la nécessité d’une dérogation « espèces protégées » à seulement quatre réserves. Elles contestaient également l’appréciation de la cour selon laquelle l’étude d’impact n’était entachée d’aucune insuffisance dans l’analyse des effets du projet sur la ressource en eau. La plus haute juridiction administrative a toutefois estimé qu’aucun de ces arguments n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi, confirmant la décision rendue en décembre 2024 par la cour administrative d’appel de Bordeaux. Elle avait alors jugé illégales les autorisations délivrées à quatre réserves de substitution du Poitou sur dix-neuf, dont celle contestée de Sainte-Soline (Deux-Sèvres), estimant que leur implantation dans « un secteur sensible » pour l’outarde canepetière, une espèce menacée, était « de nature à détruire tout ou partie de l’habitat de cette espèce et lui porte une atteinte caractérisée ». En revanche,la cour avait considéré que le projet « ne méconnaissait pas le principe d’une gestion équilibrée et durable de l’eau ».
Irrigation : les JA du Centre-Val-de-Loire vont manifester en solidarité aux irrigants de la Vienne
Les Jeunes agriculteurs du Centre-Val de Loire ont appelé leurs adhérents à bloquer les autoroutes A10 et A71 durant le week-end de la Toussaint, rapporte le média France bleu. À travers cette action, ils souhaitent apporter leur soutien aux irrigants de la Vienne, qui avaient bloqué, le 24 octobre, les accès routiers du parc du Futuroscope, pour protester contre la validation du rapport HMUC (hydrologie, milieux, usages, climat) du bassin du Clain. Dorian Sagot, président des JA du Loiret, redoute notamment que l’étude serve de base pour imposer des réductions drastiques de prélèvement d’irrigation « jusqu’à 60 % dans certains bassins ». Maintes fois reporté depuis 2023, le document définit notamment la répartition des volumes prélevables par catégorie d’usages (eau potable, industrie, agriculture), et doit être soumis début novembre au vote de la Commission locale de l’eau, qui réunit État, collectivités et représentants des usagers. Dans sa version provisoire publiée sur le site de la préfecture de la Vienne, le rapport préconise notamment une réduction moyenne d’environ un tiers des volumes d’eau dédiés à l’irrigation agricole. Et de préciser que les débits et volumes prélevables sur les cours d’eau et les ressources souterraines remettent « fortement en question le mode de gestion de l’eau actuel, selon lequel les prélèvements les plus intenses ont lieu au cœur de l’été, là où la ressource est la moins abondante et les milieux les plus vulnérables ».
Sofiprotéol entre au capital du négoce de légumineuses Ciacam
Dans un communiqué du 28 octobre, Sofiprotéol, bras financier du groupe Avril, a annoncé son entrée dans le capital, de façon minoritaire, de Ciacam, négoce spécialisé dans les légumineuses (pois chiches, lentilles, haricots, pois…), basé à Vitrolles (PACA) et à Merville (Hauts-de-France). « Cette opération consolide la collaboration initiée en 2024 et ouvre une nouvelle phase d’accélération pour Ciacam », explique Sofiprotéol. Plus en détail, l’objectif est « d’investir dans ses capacités de production afin de répondre à la demande croissante en légumineuses et protéines végétales », de sécuriser les approvisionnements en matières premières, de moderniser les outils de pilotage industriels et digitaux du négoce, et de « garantir la qualité et la traçabilité des grains tout au long de la chaîne de valeur ». Enfin, la recherche sera également soutenue, afin de voir comment les légumineuses peuvent s’intégrer dans l’alimentation humaine. À plus long terme, Sofiprotéol espère augmenter la production de légumineuses en France, qui reste actuellement assez réduite, comparée aux céréales. La surface nationale a d’ailleurs particulièrement décroché en pois et en féveroles ces dernières années. La filière et les autorités tentent de la relever via divers plans (notamment le plan protéines), sans connaître, pour le moment, de réel succès.
Néonicotinoïdes : les préconisations de l'Inrae pour les filières fragilisées
Dans son rapport sur les alternatives chimiques et non chimiques existantes à l’usage des néonicotinoïdes, publié le 28 octobre, l’Inrae conclut que les filières betterave, pomme, cerise noisette et figue sont « fragilisées par le manque de solutions opérationnelles et disponibles » pour lutter contre certains ravageurs, mais « à des degrés divers » et pas dans « la même urgence temporelle ». « Sur la noisette, c’est vrai que c’est là que c’est le plus difficile, mais on a quand même des alternatives qui arrivent » a dit Philippe Mauguin, Pd.g de l’Inrae lors d’un brief à la presse. Concernant cette filière, les experts ont identifié une « surutilisation de pyréthrinoïdes » qui « n’est pas durable ». « Des solutions alternatives ont été identifiées mais elles ne sont pas à ce jour opérationnelles » pour lutter contre le balanin et la punaise diabolique, indiquent-ils. Concernant les pucerons et l’anthonome du pommier, ils estiment « indispensable de favoriser l’accès à un panel suffisant de produits et méthodes de biocontrôle » et d’adapter leur application « aux points stratégiques du cycle du puceron ». Ils préconisent aussi de sécuriser le cadre réglementaire des produits autorisés (de synthèse ou de biocontrôle) pour que les producteurs aient plus de « visibilité ». De manière générale, pour les différentes filières, ils recommandent de « systématiser » la prophylaxie et de construire « des itinéraires de protections » basés sur « des approches combinatoires » pour produire « des références fiables » pour les agriculteurs.
Pesticides/Anses : l'Inrae n'est pas encore saisie sur la question des usages prioritaires
Contrairement à ce que nous avions écrit en juillet, l'Inrae n'a pas encore été saisie pour avis en vue de l'arrêté qui définira une liste d'usages prioritaires que l'Anses devra prendre en compte dans le calendrier d'examen des demandes d'autorisations de mise sur le marché (AMM) de pesticides. C'est sur la seule question des alternatives aux néonicotinoïdes dans les filières les plus touchées par le retrait de ces substances (noisettes, betteraves, navets, pommiers, cerisiers, figuiers) que l'Inrae avait été saisie d'une demande de rapport, que l'institut a remis à la ministre de l'Agriculture ce jour (voir ci-dessus). Deux jours après le vote de la proposition de loi (PPL) Entraves, Annie Genevard avait bien préparé la voie, par un décret publié le 10 juillet, à la parution prochaine de la liste d'usage prioritaires par arrêté. Reste à la DGAL (ministère de l'Agriculture) de terminer la saisine de l'Inrae, attendue prochainement par son p.-d.g. Philippe Mauguin. Pour rappel, dans le cadre des débats sur la PPL Entraves, les députés avaient renoncé à réformer la gouvernance de l'Anses, tel que le proposait le sénateur Duplomb, et notamment à inscrire cette priorisation dans la loi elle-même, laissant la main au ministère de l'Agriculture pour agir par voie réglementaire.
Pesticides : les ONG craignent un démantèlement de la réglementation européenne
Quelque 138 ONG et organisations agricoles (PAN Europe, Greenpeace, les amis de la Terre, Ifoam) se disent préoccupées, dans une lettre adressée le 27 octobre à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, par les futures propositions de simplification de la réglementation en matière de sécurité des aliments, notamment celle sur les pesticides. Bruxelles a mené une consultation publique sur le sujet (qui s’est terminée le 14 octobre) et devrait présenter un paquet de propositions avant la fin de l’année, pour notamment simplifier l’arrivée sur le marché de molécules à faibles risques. Mais les ONG s’inquiètent des propositions de simplification portées par plusieurs États membres et l’industrie des produits phytosanitaires qui demandent « de prolonger les périodes de transition pour les substances interdites, d’élargir le recours aux approbations temporaires de substances nocives et d’envisager de réintroduire la dérogation dite d’utilisation essentielle ». « La Commission devrait combler les failles concernant les pesticides toxiques, et non en créer de nouvelles », estiment les signataires qui appellent la Commission européenne à « pleinement appliquer la législation européenne sur les pesticides ». La proposition de règlement sur l’utilisation durable des pesticides avait été abandonnée en 2024 suite au rejet du texte par le Parlement européen.
De Sangosse ambitionne les 100 Mha traités avec ses biosolutions en 2030
La société spécialisée dans la production et la distribution de biosolutions De Sangosse a annoncé, lors d'une conférence de presse à Paris le 28 octobre, ambitionner d'atteindre 100 Mha traités à l'aide de biosolutions à l'horizon 2030 dans les pays où il est implanté. Pour se faire, De Sangosse va investir massivement dans la recherche et la production. Le groupe prévoit de construire un nouveau centre de recherche au sud de Toulouse, représentant un investissement de 12 M€. « Nous devrions obtenir le permis de construire dans les prochaines semaines. Le projet devrait être opérationnel en 2027 », s'est exprimé le directeur général Nicolas Fillon. Par ailleurs, 30 M€ seront investis dans deux usines de production : l'une à Pont du Casse (47), spécialisée dans les biostimulants et biofertilisants, et l'autre à Carbonne (31), dédiée aux anti-limaces, afin de les moderniser et de les agrandir. Enfin, dans trois semaines, un nouveau produit de phytothérapie (traitement de plantes via des produits émanant d'autres plantes) sortira dans les trois semaines. Ce produit est à l'origine développé par la filiale Biovitis, et donc utilisable en vigne, et le sera en grandes cultures (blé, orge etc.). Afin d'atteindre les objectifs de croissance de développement des biosolutions, Nicolas Fillon prône « une alliance des filières, incluant nos clients distributeurs, les instituts techniques etc. ».
Amoéba présente une alternative au cuivre en vigne, proche d’une homologation
Face à une pression réglementaire accrue sur le cuivre, Amoéba a présenté le 28 octobre une alternative en biocontrôle, dont l’homologation pour le traitement de la vigne est attendue « fin 2025 ou début 2026 ». « On a de grosses ambitions avec Axpera », un produit contre le mildiou et l’oïdium, a déclaré Jean-Marc Petat, administrateur de l’entreprise lyonnaise proposant des solutions naturelles à base d’amibes. Le contexte est doublement favorable, selon lui. Utilisé en mélange, Axpera « permet de réduire les doses de cuivre », sur lequel s’exerce « une pression réglementaire ». Environ la moitié des autorisations de mise en marché (AMM) de produits phytosanitaires à base de cuivre n’ont pas été renouvelées par l’Anses en juillet. Amoéba pointe aussi l’augmentation des risques de résistance à certaines familles de produits chimiques largement utilisés. « Notre solution contrôle l’ensemble des souches de mildiou présentes dans le vignoble avec une efficacité constante », a indiqué Jean-Marc Petat. Par ailleurs, des essais sont menés sur le blé, pour lequel Amoéba veut sortir « le premier produit de biocontrôle à la fois contre la rouille jaune et la septoriose » : « On attend l’homologation pour les premières utilisations en 2028. »
Vin : la production européenne resterait faible en 2025, en légère hausse sur un an
La production viticole européenne s’élève à 145,5 Mhl (+1 %) en 2025, ont estimé le 28 octobre les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca). Marquée par « d’importantes anomalies climatiques » (vagues de chaleur, sécheresses et inondations), elle reste inférieure de 7,5 % à la moyenne des cinq dernières années, selon un communiqué. Aucune évolution en tête du classement : l’Italie (47 Mhl) garde la place de numéro un, devant la France (37 Mhl) puis l’Espagne (31,5 Mhl). Parmi les principaux producteurs, des baisses de volume sont prévues en Espagne (-15 %), Allemagne (-8 %) et Portugal (-11%). Des hausses apparaissent en Italie (+8 %) et « la France enregistre aussi un léger sursaut de 2,3 %, bien que sa production reste inférieure de 12 % à la moyenne des cinq dernières années », note le Copa-Cogeca. Et de souligner que « les pressions du côté de la demande » limitent les capacités de rebond de l’offre. Ainsi, les droits de douanes aux Etats-Unis, principal débouché pour les vins européens, ont freiné l’export. « De manière générale, la demande reste faible. Les craintes économiques, telles que l'inflation et les incertitudes sur le marché de l'emploi, freinent les dépenses, tandis qu'un changement important des préférences s'opère sur les marchés nationaux. »
Tomate d’industrie : l'Italie repasse devant la Chine, selon les transformateurs italiens
L'Association nationale des conserves de légumes (Anicav) a annoncé, dans un communiqué de presse le 22 octobre, une production de 5,8 millions de tonnes de tomates transformées, en légère hausse par rapport à 2024, mais toujours inférieure d'environ 10 % aux prévisions. Si les volumes globaux se maintiennent, c’est grâce à une bonne récolte, bien qu’inattendue en Italie du Nord. En revanche, l’Italie centrale et méridionale est en recul de 5,3% par rapport à 2024. « Le décalage des périodes de maturation a entraîné des délais de transformation allongés. Les entreprises, notamment du centre et du sud de l'Italie, n'ont jamais pu fonctionner à pleine capacité. De plus, la hausse du prix de la tomate, qui reste le plus élevé au monde, a créé des distorsions de marché, menaçant gravement le secteur », analyse Marco Serafini, président de l'Anicav. Malgré une campagne jugée décevante, l'association indique que cette année l’Italie est redevenue le deuxième pays mondial de transformation de tomates, derrière les États-Unis et devant la Chine qui a réduit sa production « en raison de difficultés liées principalement à la préservation de ses parts de marché à l'étranger ».
Un projet de valorisation des coquilles d'oeuf soutenu par cinq casseries
Dans un communiqué du 21 octobre, Circul’Egg, dont le projet industriel et commercial est de créer de la valeur ajoutée à partir de la coquille d’œuf, annonce avoir formalisé le soutien de cinq casseries afin de transformer son démonstrateur d’Ille-et-Vilaine en outil industriel. La start-up souhaite engendrer à l’horizon 2033 « plus de 100 millions d’euros de valeur » par la commercialisation de ses produits phares : Carbio (carbonate de calcium à destination des matériaux) et Reggenerate (ingrédient riche en collagène, acide hyaluronique et élastine pour la nutraceutique, cosmétique et l’alimentation). Objectifs : valoriser en phase industrielle les trois-quarts des 40 000 tonnes de coquilles issues des casseries en France et viser les 160 000 tonnes à l’échelon européen. Ainsi les casseries du Grand-Ouest Igreca (Maine-et-Loire), Les Œufs Geslin (Vendée), Ovoteam (Côtes d’Armor), Les Œufs du Breil (Ille-et-Vilaine) et la Société normande d’ovoproduits (Calvados) apportent conjointement 1,3 million d’euros au projet et garantissent un approvisionnement adapté qualitativement et en volume. Circul’Egg prépare en parallèle une levée de fonds auprès d’entreprises de capital-risque et « d’industriels stratégiques ».
Foie gras/influenza : le Cifog au Japon pour reconquérir le marché de canards vaccinés
Plusieurs représentants du Cifog se sont rendus au Japon pour tenter de reconquérir ce marché perdu en raison de la présence d’influenza aviaire et de la vaccination des canards, a appris Agra Presse de l’interprofession. Un séminaire à l’ambassade de France était programmé le 28 octobre en présence des autorités sanitaires du pays et d’importateurs à l’ambassade de France. Le Cifog devait exposer « les résultats très positifs sur l’efficacité du vaccin et la « surveillance plus-plus des canards vaccinés », a renseigné le directrice Marie-Pierre Pé. Elle a souligné que le niveau de vigilance était accru cette année du fait de la précocité de l’apparition des foyers, dont un dans un élevage de canards du Lot-et-Garonne, jouxtant les Landes, un des principaux départements producteurs. Le Japon était le premier client pays importateur de foie gras cru européen jusqu’en 2015, en achetant plus de 1100 tonnes, et encore quelque 800 tonnes en 2019 d’après les données de l’Itavi. La France dispute ce marché avec la Bulgarie, la Hongrie, la Belgique et l’Espagne, aucun de ces pays n’étant à l’abri de l’influenza. Mais c’est pour l’heure le seul pays qui vaccine les canards.
Bovins/DNC : de nouveaux foyers dans les zones réglementées des PO et du Jura
En une semaine, six nouveaux foyers de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ont été confirmés dans les zones réglementées des Pyrénées-Orientales et du Jura, selon les pouvoirs publics. Sur son site internet, la Draaf (préfecture) d’Occitanie dénombre au 27 octobre un total de huit foyers dans les Pyrénées-Orientales, soit cinq nouveaux foyers après les trois premiers déclarés le 15 octobre. La maladie se déplace vers l’ouest, atteignant les communes de Ballestavy, Fontpédrouse et Souanyas. En conséquence, la zone réglementée (50 km autour des foyers) déjà instaurée dans l’Ariège voisine s’agrandit. Seize nouvelles communes entrent en zone de surveillance (de 20 à 50 km autour des cas), ce qui implique des restrictions de mouvements d’animaux et une vaccination obligatoire dans un total de 25 communes ariégeoises. Dans le Jura, ce sont deux nouveaux foyers qui ont été déclarés ces derniers jours, rapporte Ici (ex-France bleu) ; l’un d’eux se trouve à Écleux, il s’agit du cinquième cas dans cette commune où était apparue la maladie le 11 octobre. Au 27 octobre, la France comptait donc en tout 94 foyers de DNC, a indiqué le ministère de l’Agriculture à la presse. Quelque 2 600 animaux ont été abattus sur ordre de l’administration (troupeaux infectés) depuis le début de la crise, fin juin en Savoie. Le 17 octobre, face à l'accélération de la propagation de la maladie, le ministère a suspendu l'export de bovins vivants.
Les ventes de Danone en légère hausse, portées par la Chine et l'Europe
Le géant de l’agroalimentaire Danone a vu ses ventes légèrement progresser au troisième trimestre, de 0,7% à 6,87 milliards d’euros, portées en Chine par des produits infantiles et axés sur la santé et en Europe par les yaourts fermentés et les boissons végétales. Danone a bénéficié de l’acquisition de Kate Farms (nutrition végétale médicale aux Etats-Unis) mais les ventes ont subi des effets de change négatifs notamment avec la dépréciation du dollar, selon un communiqué publié le 28 octobre. Sans ces effets, la maison mère des yaourts Activia ou Alpro, des eaux Evian et des petits pots Blédina met en avant une croissance de 4,8%, tirée par une augmentation des volumes vendus, en ligne avec les attentes des analystes. L’augmentation des volumes est le signe «de la solidité et la pertinence de notre portefeuille axé sur la santé», a déclaré le directeur général Antoine de Saint-Affrique, cité dans le communiqué. Le directeur financier Juergen Esser évoque auprès de l’AFP une «polarisation» inédite dans l’industrie alimentaire entre les produits réputés meilleurs pour la santé et les autres «sous pression».
Lait : plainte de Lactalis contre la Conf' pour « violation de domicile » et « dégradation »
Dans un communiqué paru le 28 octobre, la Confédération paysanne indique que Lactalis a déposé plainte pour « violation de domicile » et « dégradation » à la suite d’une action au siège de Lactalis le 21 février 2024 à Laval. Laurence Marandola, porte-parole nationale au moment des faits a été entendue dans ce cadre le 27 octobre dans ce cadre par la gendarmerie, ajoute le syndicat. « La Confédération paysanne a exercé son droit syndical en se présentant, sans effraction ni violence, au siège social de Lactalis à Laval, sans entraver l’activité sur le site », se justifie la Conf’. « Cette plainte vise à pénaliser notre action syndicale et notre droit d’expression. » Un mois plus tôt, c'est la FDSEA de la Mayenne qui a été sommée par voie d'huissier de payer une amende à Lactalis pour des dégradations réalisées au siège de la société en 2016. Le montant se chiffre à 193 000 euros, mais Lactalis n’a pas imposé de délais pour obtenir le versement des fonds, selon la FDSEA. L’échéancier est en discussion actuellement entre les parties, indique-t-elle. Le montant étant particulièrement élevé au regard des ressources de la FDSEA, un appel à la solidarité a été lancé au sein du réseau syndical FNSEA.
Alimentation infantile : un marché en déclin, dans lequel le bio résiste bien (étude)
Le marché de la nourriture infantile est en déclin depuis 2015, en raison de la natalité déclinante, mais les ventes de lait maternisé et de petits pots bio restent stables, rapporte France Agrimer dans une étude publiée le 17 octobre. Entre 2012 et 2024, les volumes de lait maternisé et de petits pots achetés ont reculé respectivement de 15 % et de 35 %. Dans ce contexte, la valorisation des produits bio permet de soutenir le marché de la nourriture infantile. Les ventes de petits pots bio ne progressent plus depuis 2019, mais elles restent stables autour de 10 000 tonnes par an, si bien que leur part de marché est passée de 19 % à 29 % entre 2019 et 2024. Elle est de 14 % en 2024 pour le lait maternisé bio. Selon FranceAgriMer, cette stabilité apparaît d’autant plus « remarquable » qu’elle contraste avec le recul global du marché des produits biologiques observé depuis 2020. Les achats se sont maintenus, y compris durant la crise inflationniste, alors même que les ménages se sont davantage tournés vers la produits à marques distributeurs au détriment des marques nationales. « Cette bonne tenue du marché de la nourriture infantile bio reflète, depuis quelques années, l’importance accordée par les jeunes parents à la qualité de l’alimentation de leurs enfants », souligne l’étude.
Mise à jour de l'agenda de la semaine agricole du 27 octobre 2025
Mercredi 29 octobreLes députés de la Coméco examinent la pétition « Non à la Loi Duplomb »
Mercredi 5 novembre
Les députés de la Coméco examinent la pétition « Non à la Loi Duplomb »