Abonné

Daniel Sauvaget, président et fondateur d’Ecomiam : « Notre gros avantage est d’être plutôt en avance sur le plan de marche annoncé lors de l’introduction »

- - 6 min
Daniel Sauvaget, Président et Fondateur d'Ecomiam Crédits : © ECOMIAM

Ecomiam vient d’annoncer une forte croissance de ses résultats pour l’exercice 2020/2021, confirmant le succès de son positionnement auprès des consommateurs. Avec un réseau de 63 points de vente au 31 décembre 2021, le groupe reste prudent en raison du contexte, mais néanmoins confiant pour l’exercice en cours. Daniel Sauvaget, président et fondateur de l’enseigne de distribution de produits bruts surgelés, fait le point sur l’entreprise pour Agra Alimentation.

Ecomiam vient d’annoncer ses résultats annuels, avec une nouvelle croissance à deux chiffres du chiffre d’affaires et un dépassement des objectifs d’ouverture de magasins annoncés lors de l’introduction à l’automne 2020. À quoi attribuez-vous ce succès ?

Le positionnement d’Ecomiam plaît aux consommateurs. Mais il ne faut pas s’emballer, nous avons bénéficié d’un environnement un peu particulier avec la Covid. Et le développement du réseau avec 29 ouvertures l’an dernier était exceptionnel.

Mais il est vrai que nous avons la chance de rencontrer une forte demande, avec environ 1 400 candidatures spontanées de la part de nouveaux affiliés potentiels. Nous n’avons pas besoin de chercher, seulement de faire le tri. Les 29 ouvertures de l’an dernier sont la preuve que nous nous sommes structurés et équipés pour y arriver. Avant l’introduction en Bourse, nous étions plutôt sur un rythme de deux à trois ouvertures par an.

L’environnement se complexifie, c’est pour cette raison que nous ne souhaitons pas relever nos objectifs annuels d’une vingtaine d’ouvertures de magasins. Le contexte évolue, il faut rester zen. Je ne cherche pas à emballer la machine, mais à capitaliser sur notre expérience.

Quels sont vos objectifs de chiffre d’affaires et de résultats pour l’exercice en cours ?

Nous ne communiquons pas ces objectifs, mais ce que je peux vous dire, c’est que l’activité du premier trimestre se poursuit à un bon rythme, avec la poursuite d’une dynamique commerciale qui prévalait avant la crise sanitaire. Et nous savons où nous allons à moyen terme. Nous réitérons nos objectifs pour 2025 d’atteindre un chiffre d’affaires de 110 millions d’euros avec 125 points de vente, ce qui permettra à Ecomiam de dégager un résultat d’exploitation de l’ordre de 7 millions d’euros. Nous pratiquons une gestion très pragmatique. Notre gros avantage est d’être plutôt en avance sur le plan de marche annoncé lors de l’introduction (sur Euronext Growth, ndlr), nous sommes donc d’autant plus sereins pour la suite.

Justement, l’introduction en Bourse a-t-elle répondu à vos attentes ?

Ce que je peux dire, c’est qu’elle m’a apporté plus de découvertes heureuses que malheureuses. Sur le plan de la notoriété notamment, l’introduction a encore favorisé l’écosystème existant avec nos fournisseurs et nos clients. Elle nous a aussi rapprochés des grandes sociétés foncières qui maintenant nous sollicitent dans le cadre de leurs programmes immobiliers. Et pour les projets de nos futurs affiliés, pouvoir s’adosser à une entreprise cotée est un vrai atout auprès des banques. La cotation en Bourse est également bénéfique en matière de communication, on parle de nous et des spécificités d’Ecomiam, ce qui est bénéfique à l’enseigne.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

distribution
Suivi
Suivre
consommateurs
Suivi
Suivre

Ce qui a fondé la démarche du projet d’introduction de l’entreprise au départ reposait sur la sincérité et la pertinence de l’écosystème de l’entreprise. Même si c’était déjà le cas auparavant, nous avons des responsabilités de transparence qui obligent à beaucoup de rigueur. Nous devons faire attention à ce que nous disons et à ce que nous faisons, ce qui évite d’ailleurs de faire des bêtises. Être coté en Bourse s’inscrit dans une vraie transparence vertueuse.

Parlez-nous de la RSE chez Ecomiam. Quelles sont les démarches entreprises pour réduire l’empreinte énergétique ?

Étant donné la démarche éthique de notre comportement en tant qu’acheteur, avec des prix d’achat garantis sur 6 mois à nos fournisseurs et la transparence sur nos marges, nous nous devions d’aller plus loin. Nous avons donc volontairement enclenché un audit externe pour mesurer notre bilan carbone avec la réalisation des scope 1 et 2 (1). Il se trouve que la nature de notre activité et la simplicité de notre offre jouent favorablement pour Ecomiam, comparativement à des enseignes de la grande distribution classique qui ont plus de produits frais et plus de volumes au mètre carré (2).

Actuellement se pose la question du remplacement du plastique, ce qui n’est pas simple. Nous menons des démarches avec nos fournisseurs pour réduire les films plastiques pour l’emballage des fruits et légumes. En affinant ce film, c’est déjà 1 tonne de plastiques qui se sont évaporés. Mais des solutions restent encore à trouver. Nous pourrions ainsi remplacer le plastique dans lequel sont emballés nos produits par du papier par exemple, mais la solution n’est pas idéale, ne serait-ce que pour le consommateur qui aime la transparence du plastique et pour les effets induits qu’entraînent certaines solutions. Je pense que nous irons plutôt vers des produits biodégradables, mais là encore tout n’est pas bon à prendre. Il faut travailler avec des spécialistes pour trouver la bonne solution.

Ecomiam occupe la troisième place (3) de la distribution spécialisée de produits surgelés derrière les groupes Picard et Thiriet. Comme ses concurrents, la société pourrait-elle développer un rayon plats cuisinés ?

Nous vendons déjà quelques produits transformés sur le pouce, mais pas de plats cuisinés. Je ne vois pas ce que nous pourrions apporter de plus sur ce créneau. Chez Ecomiam, nous avons choisi de rester dans l’univers du brut. Nous ne nous adressons pas à la même clientèle, qui est plutôt urbaine, notamment pour Picard, et rurale pour Ecomiam. Et d’ailleurs nous cohabitons très bien quand nous nous retrouvons dans la même zone de chalandise. Chaque enseigne trouve sa place et je pense que l’offre d’Ecomiam stimule la catégorie et élargit l’attractivité des surgelés pour les consommateurs.

Lire aussi : "Ecomiam, un réseau éthique et dynamique"