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Dominique Lefebvre, président de Crédit agricole SA : « Ne pas s’interdire d’investir dans des acteurs en rupture »

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Dans un entretien accordé à Agra Presse le 9 décembre, le président de Crédit agricole SA (1) Dominique Lefebvre donne notamment des précisions sur le fonds d’investissement d’un milliard d’euros lancé par la banque verte et les nouveaux investisseurs qui arrivent sur le secteur de l'agriculture et l'agroalimentaire.

Vous avez récemment annoncé le lancement d’un fonds d’investissement d’un milliard d’euros pour l’agriculture et l’agroalimentaire. Quelle est l’ampleur de l’effort que cela représente par rapport à ce que vous faisiez déjà ?

Il s’agira d’un fonds d’investissement privé non coté qui pourra contenir toutefois une partie de financement, et pourra intéresser d’autres partenaires financiers pour une part indéterminée. Ce fonds sera doté de ressources du Crédit Agricole mais pas seulement. Nous ne pouvons pas dire à ce stade dans quelle proportion. Les cibles iront de l’agriculteur qui a un projet de transformation, jusqu’à un industriel de l’agroalimentaire. Il visera tout ce qui touche de près ou de loin à l’agriculture.

Votre partenaire pourrait être Rothschild qui a annoncé le lancement d’un fonds de 250 M€ sur le même périmètre au lendemain de votre annonce ?

Pourquoi pas. Le fait que des établissements dont ce n’était vraiment pas la spécialité s’y intéressent est un signe extrêmement positif pour l’agriculture. Tout le monde a compris l’importance stratégique de l’agriculture que l’on avait pourtant délaissée depuis deux décennies.

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Parmi ces nouveaux investisseurs, il y a Xavier Niel, dont d’aucuns craignent qu’il n’aime pas beaucoup l’élevage. De votre côté, allez-vous financer les steaks in-vitro ou autres imitations végétales ?

Mon opinion personnelle est que le Crédit Agricole ne doit pas s’interdire d’investir dans des acteurs en rupture, comme nous pouvons le faire dans le domaine financier. C’est d’ailleurs une façon de progresser plus vite. Par ailleurs, dans le domaine de l’alimentation, c’est souvent le client qui a le dernier mot, indépendamment du regard que nous pouvons porter sur ses choix.

« Dans le domaine de l’alimentation, c’est souvent le client qui a le dernier mot »