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En 2021, l’essentiel des opérations dans l’agroalimentaire a porté sur des consolidations sectorielles

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Jessy-Laure Carol, associée d'In Extenso Finance & Transmission Crédits : © In Extenso Finance & Transmission
Alexandre Briand, associé d’In Extenso Finance & Transmission et spécialiste de l’agroalimentaire Crédits : © In Extenso Finance & Transmission

Le dernier panorama des cessions et acquisitions (portant sur plus de 50 % du capital) de PME réalisées en 2021, publié par In Extenso Finance et Transmission, a pointé 56 opérations dans l’agroalimentaire sur un total, tous secteurs confondus, de 1 172 transactions. Le bon niveau d’activité observé sur le marché lors des premiers mois de 2022 est freiné par la guerre en Ukraine et ses conséquences.

In Extenso Finance & Transmission a publié le 13 avril la sixième édition de son étude « Régions & Transmission : panorama des cessions et acquisitions de PME », en partenariat avec Epsilon Research. Ce panorama dresse le bilan des opérations de cessions et acquisitions de PME (portant sur une part supérieure à 50 % du capital) par régions et par grands secteurs d’activité réalisées en 2021 et sur des segments de valorisation compris entre 1 à 50 millions d’euros. « Les opérations de 1 million à 50 millions d’euros sont notre cœur de marché. Il s’agit d’opérations moins médiatisées et pourtant bien plus nombreuses », souligne Jessy-Laure Carol, associée d’In Extenso Finance & Transmission. Ce segment se partage entre trois catégories : les opérations entre 1 et 5 millions, celles entre 5 et 15 millions et enfin 15 et 50 millions d’euros, pour lesquelles les dynamiques de fonds ne sont pas les mêmes. « D’année en année, nous constatons que les opérations entre 1 million et 5 millions représentent plus de 50 % des deals », ajoute la spécialiste.

56 opérations dans l’agroalimentaire

Après avoir marqué une pause en 2020, en raison des confinements et de l’incertitude sur l’évolution de la crise sanitaire, « le marché des cessions et acquisitions est reparti de l’avant en 2021. On ne peut pas vraiment dire qu’il s’agisse d’un effet rattrapage pour le secteur agroalimentaire, ce mouvement témoigne surtout de l’abondance de liquidités dont disposaient les fonds d’investissement, les entreprises ayant été plus attentistes », explique Alexandre Briand, associé d’In Extenso Finance & Transmission et spécialiste de l’agroalimentaire. L’an dernier, le volume a ainsi augmenté de 41,4 % sur un an, pour atteindre un total de 1 172 opérations, tous secteurs confondus avec une forte proportion d’opérations sur les secteurs de la santé et de l’IT (Information Technology, ndlr), flirtant avec le niveau historique de 2019 (1 300 opérations). « Une liste qui n’est pas exhaustive, mais qui regroupe les opérations sur lesquelles nous sommes certains d’avoir toutes les informations ». Communiquer sur une cession d’entreprise n’ayant aucun caractère obligatoire, les données exploitées dans ce panorama sont issues d’un travail important de collecte, de recoupement et d’analyse d’Epsilon Research.

Le secteur agroalimentaire : dynamique et résilient

Sur ce total de 1 172 opérations de cessions et acquisitions relevées par In Extenso en 2021, 56 deals ont été réalisés dans l’agroalimentaire, contre 51 en 2020. Une performance de 10 % qui confirme « à la fois son dynamisme et sa résilience », note In Extenso Finance & Transmission. À noter que sur ce total dans l’agroalimentaire, 30 opérations, soit 54 %, portaient sur des valorisations de 1 million à 5 millions d’euros, un niveau égal à la moyenne pour l’ensemble des secteurs. Et compte tenu de son caractère défensif, le secteur agroalimentaire n’a pas bénéficié d’un effet de rattrapage en 2021, à la différence d’autres et notamment du BTP fortement pénalisé en 2020, dont les transactions ont augmenté de 78 % en 2021. « En 2020, le marché des cessions-acquisitions du secteur de l’agroalimentaire avait crû de 20 % comparé à la moyenne des trois années précédentes, en raison notamment de l’ouverture parfois exclusive des commerces essentiels », est-il rappelé dans le Panorama.

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En 2021, « l’essentiel de ces cessions et acquisitions dans l’agroalimentaire a porté sur des consolidations sectorielles, à l’inverse des opérations de diversification observées les années précédentes. Une tendance vers un recentrage sur les activités phares et les cessions d’activités non stratégiques entamée en 2020, qui s’est confirmée en 2021, et devrait se poursuivre cette année », précise Alexandre Briand.

Les investisseurs freinés par la guerre en Ukraine

Autre caractéristique des opérations réalisées dans l’agroalimentaire selon l’expert, « l’an dernier, la moitié des deals a été réalisée par ou avec des fonds d’investissement et beaucoup dans des stratégies de build-up. À l’inverse, les groupes agroalimentaires ont été plus attentistes, mais ils se sont réveillés sur les premiers mois de 2022, avant d’être à nouveau freinés par la guerre en Ukraine. Cette situation a accentué certains problèmes existants, notamment sur le manque de compétitivité de nos produits à l’export (hors vins et spiritueux), sur la volatilité des prix de certaines matières premières, ou encore sur ceux de l’alimentation animale. Même si les projets de cessions/acquisitions sont bien identifiés et en place, certains risquent d’attendre d’avoir quelques certitudes ou visibilités sur l’exercice 2022 avant de se concrétiser ».

Plus de défaillances d’entreprises à prévoir cette année

L’attentisme prévaut également dans la RHF, un secteur très pénalisé durant la crise sanitaire en 2020 et 2021, « avec des entreprises qui doivent aujourd’hui restaurer leurs marges et restructurer leurs dettes. Cette crise a été un accélérateur de tendances », résume Alexandre Briand qui voit poindre de nombreuses défaillances d’entreprises cette année dans le secteur, alors qu’elles étaient factuellement en baisse en 2021, grâce au soutien du gouvernement, avec le Prêt garanti par l’État (PGE). Des mesures qui ont profité aux acteurs de la restauration, mais pas aux grossistes notamment, dont certains sont dans des situations compliquées ». L’expert n’exclut pas que 2 à 3 acteurs sur 10 mettent la clé sous la porte cette année, accentuant « la disparition des indépendants au profit des grands groupes ou chaînes aux reins plus solides ». Autre tendance qui devrait se confirmer en 2022 selon Alexandre Briand, celle de la baisse des plus petites opérations. « Il s’agit le plus souvent d’opérations réalisées par des repreneurs personnes physiques, qui pourraient dans le contexte actuel avoir plus de difficultés à financer leur opération auprès des banques, particulièrement frileuses. Un certain attentisme des acheteurs sur ce segment qui pourrait obliger les dirigeants en âge de prendre leur retraite et donc de passer la main, de jouer les prolongations par défaut. »

L’an dernier, la moitié des deals a été réalisée par ou avec des fonds d’investissement