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Paul Klein (Quest for change) : « L'objectif de Quest for bioeconomy est de rayonner à l'échelle nationale puis à l’échelle européenne »

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Paul Klein est le directeur général adjoint de Quest for change, en charge de la bioéconomie. Crédits : © Quest for change

Le réseau Quest for change s’est récemment agrandi avec la création d’un troisième incubateur sectoriel : Quest for bioeconomy. Basé à Reims, cet incubateur bénéficie en outre de sa proximité avec des infrastructures reconnues comme étant uniques en Europe sur les sujets des biotechnologies industrielles appliquées à la biomasse. Les projets innovants sont accompagnés dès leur premier résultat tangible et pour une durée indéterminée. Paul Klein, directeur général adjoint de Quest for change en charge de la bioéconomie détaille les atouts et les spécificités de ce nouvel incubateur qui accompagne 48 projets dans les domaines de la bioéconomie.

Quest for bioeconomy a été lancé fin 2024, expliquez-nous dans quel cadre s’inscrit ce nouvel incubateur ? 

La création de Quest for bioeconomy s'inscrit au sein du réseau Quest for Change, qui compte maintenant huit incubateurs, autour de deux 2 typologies. Il y a d’un côté les incubateurs territoriaux, tous situés dans le Grand Est et de l’autre, les incubateurs sectoriels. Les cinq incubateurs territoriaux - Innovact, Quai Alpha, Rimbaud’Tech, Semia et The Pool - ont chacun pour mission d'accompagner les projets innovants sur leur territoire. Ensemble, ils accompagnent actuellement plus de 270 projets de création d’entreprises innovantes. 

A l'échelle de ces 270 projets, nombre à peu près stable depuis quelques mois, des masses critiques se sont structurées autour de verticales sectorielles, en lien avec les lignes de forces économiques du territoire, et c'est la raison pour laquelle nous avons développé trois incubateurs sectoriels, Quest for health en 2022, Quest for industry l’année suivante et maintenant Quest for bioeconomy, qui a accompagné 48 projets dans les domaines de la bioéconomie en 2024. Des projets à des degrés de maturité différents, dont plusieurs sont déjà au stade de pilotes industriels. 

Et pourquoi avoir choisi Reims pour installer cet incubateur ?

Reims est une porte d’entrée naturelle pour la bioéconomie, en raison de son rôle central dans les grandes cultures céréalières et oléoprotéagineuses, la sylviculture et la viti-viniculture. A proximité, se trouve le site de Pomacle-Bazancourt qui regroupe à la fois des acteurs académiques et industriels. Ces derniers ont mis en place des synergies, c’est-à-dire que les coproduits de l’un servent d’intrants pour d’autres, avec de vraies complémentarités, une expertise et des infrastructures qui sont reconnues comme étant uniques en Europe sur les sujets des biotechnologies industrielles appliquées à la biomasse. 

Parmi les acteurs avec lesquels nous avançons, nous pouvons citer le Centre européen de biotechnologie et de bioéconomie (CEBB) pour le développement de procédés innovants en biotechnologie et ARD, pour la montée en échelle et l’industrialisation de ces procédés. Deux acteurs dont les compétences et les infrastructures se complètent dans le plan de développement d’un projet innovant et sur lesquels il est précieux de pouvoir compter. Mais l’activité de Quest for bioeconomy a bien vocation à rayonner à l’échelle régionale. 

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La Région Grand Est ambitionne de devenir leader à l’échelle européenne dans la bioéconomie, cela inclut donc que Quest for bioeconomy accueille des projets innovants européens ?

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Nous avons la chance dans le Grand Est d’être porté par une volonté des collectivités, au premier plan desquelles la Région et son président Franck Leroy, de devenir une région leader en Europe en bioéconomie. Quest for bioeconomy, en tant qu’incubateur sectoriel, est un outil au service de cette ambition dont l’objectif est de rayonner, d’abord à l'échelle nationale, puis à l’échelle européenne, afin d’attirer des projets exogènes dans le Grand Est.  C'est d’ailleurs déjà le cas, puisque 40% des start-up accompagnées par Quest for bioeconomy sont d’origine exogène et ont décidé de venir se développer dans le Grand Est. Et si les facteurs d’attractivité pour Quest for bioeconomy sont multiples, il en est un essentiel quand on parle bioéconomie, c’est celui des filières agricoles régionales et de la biomasse disponible qu’elles produisent localement.

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Quelles conditions mettez-vous à l’accompagnement d’un projet ? 

Nous accompagnons les projets à partir du moment où il y a déjà une preuve de concept technique, un premier résultat tangible. Et ensuite, notre accompagnement se structure autour de plusieurs axes dont le premier porte sur la structuration du projet en prenant en compte tous les aspects du plan d'affaires : programme de R&D, stratégie d'accès au marché, plan de recrutement, plan de financement, etc. Une feuille de route mal structurée peut en effet être une cause d’échec de projets pourtant à fort potentiel. 

Parmi les spécificités du réseau Quest for change, nous accompagnons les projets sur des durées indéterminées. Pour coller à la réalité, nous avons voulu nous affranchir d’une durée d’accompagnement fixe, étant donné qu’à l’échelle des 270 projets que nous suivons, certains n’ont plus besoin de nous au bout de 6 à 12 mois, alors que d’autres ont en revanche encore besoin de soutien au bout de 4 à 5 ans, notamment les projets à forte intensité d'innovation et à forte intensité technologique. La durée d’incubation moyenne est de plus de 3 ans.  

Comment est financé Quest for Change ?

Les financements sont de deux natures. Bien qu’association de droit privé, nous sommes financés en grande partie par des financements publics : l'Europe via le fonds Feder, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, la Région Grand Est ainsi que les collectivités territoriales qui accueillent des incubateurs sur leur territoire et certaines CCI. Le reste est constitué de financements privés apportés pour partie par les start-up accompagnées et pour l'autre par des entreprises partenaires, qui voient un intérêt à pouvoir se rapprocher d'un écosystème de start-up comme le nôtre. Dans le cadre de la structuration de Quest for bioeconomy, un partenariat précieux a notamment été mis en place avec le Crédit Agricole Alsace Vosges.