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Pierre Jourdain, président du directoire d’Azulis Capital : « Nous avons placé la démarche ESG au cœur de notre action »

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Pierre Jourdain, Président du directoire d'Azulis Capital Crédits : © Azulis Capital

Azulis Capital, spécialiste du capital-investissement sur le segment du mid-market vient de finaliser le closing de son sixième fonds. Pierre Jourdain, président du directoire, détaille pour Agra Alimentation les objectifs d’investissements de ce nouveau fonds, les montants à investir et le profil des investisseurs qui suivent Azulis. Il fait également un point sur la dimension RSE au sein d’Azulis Capital, qui constituent un marqueur important tout autant pour les investisseurs que pour les sociétés qu’accompagne le fonds.

Azulis Capital vient d’annoncer le closing final de son sixième fonds, Middle Market Fund 6 (MMF 6) qui dépasse l’objectif initial. Comment comptez-vous déployer ce fonds ?

En effet, d’un objectif de départ de 250 millions d’euros, nous avons atteint 280 millions d’euros lors du closing. Nous sommes très satisfaits de ce résultat qui dépasse également de 30 % le montant de notre fonds précédent. Côté investissements, nous restons dans la même typologie de sociétés à fort potentiel de croissance, dans nos quatre secteurs clés (Santé et Services à la personne, Agroalimentaire, Services aux entreprises et Nouvelles tendances de consommation, ndlr) avec des valeurs d’entreprise comprises entre 20 et 120 millions d’euros.

Un premier closing en décembre 2020 pour ce sixième fonds nous a déjà permis d’investir dans quatre entreprises (1) l’an dernier, pour un montant de 60 millions d’euros. Le but est d’investir dans une quinzaine d’entreprises sur cinq ans, avec des tickets d’entrée compris entre 10 et 20 millions d’euros. Il nous reste donc quatre ans pour trouver une dizaine d’entreprises à accompagner dans leur croissance et leur développement. Azulis investit soit de façon majoritaire, seul ou avec d’autres fonds, soit de façon minoritaire aux côtés des fondateurs qui souhaitent rester au capital. Nous ne sommes pas uniquement des financiers, nous sommes des actionnaires professionnels très proches des équipes, tout en les laissant diriger l’entreprise. Nous sommes proactifs, nous accompagnons les dirigeants dans la croissance et la consolidation de leur activité.

Pourquoi choisir de rester dans la même typologie d’entreprises avec ce sixième fonds ? Pourquoi ne pas avoir choisi d’investir dans de plus grosses entreprises ?

Avec notre précédent fonds, nous investissions des tickets d’un montant de 10 à 15 millions d’euros, cette fois nous montons jusqu’à 20 millions d’euros. Les entreprises que nous accompagnons font sensiblement la même taille, mais nous constatons qu’elles ont besoin de davantage de fonds propres pour se développer, notamment via des croissances externes qui nécessitent des injections de capitaux complémentaires. Le deal flow (le flux d’affaires potentielles, ndlr) concernant les entreprises dont la valeur est comprise entre 20 et 150 M€ est assez soutenu, avec quelque 160 dossiers par an et une centaine sur lesquels nous pouvons nous positionner. En allant vers des entreprises à accompagner de tailles supérieures, nous nous retrouverions en concurrence avec de plus gros fonds. Nous avons choisi de ne pas changer d’écosystème, de rester sur ce que nous savons bien faire, ce qui explique aussi que les investisseurs qui nous accompagnaient sur nos précédents fonds nous accompagnent encore aujourd’hui.

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Qui sont ces investisseurs historiques et arrivez-vous à en faire entrer de nouveaux ?

Parmi les investisseurs historiques, nous comptons le Fonds européen d’investissement, BNP Paribas Développement, Bpifrance, MACSF, un certain nombre d’investisseurs institutionnels, des family office et des personnes physiques. À l’occasion de la constitution de ce sixième fonds, de nouveaux investisseurs sont venus rejoindre Azulis et notamment le groupe d’assurance Covéa, ou encore FRR (Fonds de réserve pour les retraites) et des caisses de retraite. Et surtout, nous constatons de plus en plus d’intérêt de la part de personnes physiques, qui sont au nombre de 70 actuellement, souhaitant nous accompagner. Il s’agit souvent de dirigeants d’entreprises que nous avons accompagnés par le passé, aujourd’hui à la retraite ou ayant cédé leur entreprise, qui veulent faire fructifier leur patrimoine avec un meilleur rendement qu’un placement classique, en assurance-vie, par exemple. Nous leur offrons des perspectives de rendement largement supérieur à celui des autres classes d’actifs, avec un investissement certes illiquide pendant quelques années, mais qui participe à la croissance économique, avec des créations d’emplois à la clé.

En quoi Azulis Capital se distingue-t-il de ses concurrents ?

Au-delà de notre expertise sectorielle, qui constitue notre spécificité historique, nous travaillons beaucoup sur la dimension RSE, c’est un point très important chez Azulis Capital. Et c’est également un marqueur pour nos investisseurs et les sociétés que nous accompagnons. Nous avons placé la démarche ESG au cœur de notre action, et avons la volonté d’accompagner durablement les entreprises pour les aider à améliorer leurs démarches, nous leur mettons parfois le pied à l’étrier et ça marche. Prenons l’exemple de la société de boulangerie industrielle Novepan, qu’Azulis accompagne depuis 2017. À elle seule, la société émet la moitié des GES (gaz à effet de serre, ndlr) du portefeuille, avec 67 000 tonnes par an. La culture du blé, principal intrant utilisé par Novepan, a un impact très fort sur les émissions de GES. Ce chiffre était auparavant de 74 000 tonnes annuelles et l’entreprise s’attache encore à le réduire en dépit de la poursuite de sa croissance, avec l’acquisition d’un site supplémentaire. D’ailleurs, dans le cadre de l’acquisition d’Ateliers du Pain en juin dernier par Novepan, le groupe a refinancé sa dette pour mettre en place avec ses banques un nouveau financement dont les marges sont indexées sur cinq indicateurs RSE, allant de l’amélioration du bilan carbone à la réduction des déchets en passant par le renforcement de la sécurité au travail. Les marges sont susceptibles de baisser en fonction de l’amélioration de ces indicateurs. Jean-Manuel Lévêque, président de Novepan arrivé en 2018, a bien compris qu’il s’agissait d’un des enjeux clés pour permettre le développement et assurer la pérennité de l’entreprise.

Pour ce nouveau fonds MMF 6, Azulis a d’ailleurs opté pour l’article 8 de la SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation, ndlr), au travers d’engagements environnementaux et sociétaux forts. Et MMF 6 a obtenu le label Relance.